Journée des femmes

par Gérard Leclerc

mardi 8 mars 2016

Pour la journée des femmes, les sujets abordés ne sont souvent ni enthousiasmants, ni réconfortants. Les féministes allégueront que le sort de la femme détermine un combat incessant. Mais n’y-a-t-il pas quelque chose d’un peu positif à énoncer à la gloire de la femme ? On naît femme, on s’efforce de toujours mieux le devenir et c’est quelque chose de magnifique.

Aujourd’hui, Journée des femmes ! Sujet inépuisable. Il suffit de consulter les médias pour être servi. Je ne dis pas cela en mauvaise part, même si on est frappé par le caractère souvent traumatique d’une journée où il est surtout question des malheurs inhérents à la condition féminine. Ainsi, Valérie Royer, qui est député de droite des Bouches-du-Rhône, doit présenter aujourd’hui une proposition de loi relative aux violences au sein des couples. Une affaire judiciaire récente a mis au centre de l’actualité le cas de femmes battues et finissant par tuer leur conjoint violent. Comment envisager, du point de vue du droit, la situation de cette femme martyrisée par son mari depuis 47 ans et condamnée à dix ans de prison pour avoir éliminé son bourreau ? On sait que le président Hollande a gracié partiellement cette personne, dont le cas avait ému une bonne partie de l’opinion. Il est pour le moins hasardeux d’envisager, néanmoins, une sorte de légitime défense des femmes battues qui pourraient équivaloir à un permis de tuer. Mais en même temps, comment ne pas prendre en compte un phénomène récurrent qui renvoie à tant de détresses privées ?

Il y a heureusement d’autres façons d’envisager cette Journée des femmes. Je note, par exemple, que cette année, trois femmes participent aux conférences de Carême à Notre-Dame de Paris, dont le thème est le sens spirituel des cultures. Leur apport dans ce domaine apparaît tout à fait précieux, par l’éclairage qu’il donne à des sujets tout à fait cruciaux. Je pense notamment à la conférence de Caroline Roux, traitant du combat contre la culture de mort. Quitte à passer pour sexiste, je défendrais la thèse que la femme est profondément du côté de la vie, par vocation. Ce n’est pas forcément mépriser le féminisme engagé pour l’égalité que de mettre en évidence ce qui relève d’un élan proprement féminin dans la création. Le cardinal de Lubac a écrit à ce sujet un merveilleux petit livre où il commente un texte de son ami Pierre Teilhard de Chardin sur l’éternel féminin. Un éternel que Teilhard définissait ainsi : « Je suis le charme mêlé au monde pour le faire se grouper – l’Idéal suspendu au-dessus de lui pour le faire monter. Je suis l’essentiel féminin. » Poésie ? Certes, mais bien nécessaire pour combattre le trauma où risque de s’engloutir notre Journée des femmes.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 8 mars 2016.

Pour aller plus loin :

Messages

  • Pour être brève, je trouve bien triste au vingt et unième siècle de devoir célébrer "une" journée de la femme. Quelle femme ? Celle que les hommes idéalisent ? celle que presque toutes les religions mettent encore de côté ? Celle qui durant les jours suivants cette "fête" continu de trimer pendant plus de douze heures par jour pour le bien être des enfants et... de Monsieur ? Celle qui est systématiquement oubliée dans le droit des HOMMES malgré qu’elle fasse partie des HUMAINS ?
    Je n’aime pas la journée des femmes car elle me rappelle trop toutes ces lacunes ancestrales instaurées par "l’homme" souvent

  • Je suis une femme et je me sens peu de lien avec ce "féminisme" qui apparait d’avantage comme une lutte des sexes en lieu et place de l’ancienne lutte des classes.....

    En tant que femme je voudrais non pas qu’on me traite comme un homme mais qu’on respecte ma féminité. Donc pas de carrière à gérer en devant confier ses enfants à l’état-nounou qui professe par ailleurs que les congés maternité sont un manque à gagner pour le PIB, pas d’hyper-sexualisation de la société en réglant les problèmes qui en découlent par l’avortement au prix de souffrances cachées sous le slogan "mon droit, mon choix", une protection de la femme en raison de sa plus grande fragilité mais pas aux dépends de la virilité des hommes dont la force et le courage nous sont nécessaires, pas de déni de l’autorité parentale en distribuant des contraceptifs à nos mineurs etc.

    Oui à une journée de la femme pour qu’on rappelle en quoi nous sommes différentes et complémentaires des hommes et non pour qu’on jauge nos situations respectives par un niveau à bulle !

    Isabelle

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