Le renouveau religieux avec Jean-Baptiste Muard (1809-1854)

« Je veux que vous soyez saint  »

par Guillaume Bonnet

mercredi 11 décembre 2019

Le monastère de la Pierre-qui Vire, fondé par le Père Muard, vu de la rivière du Trinquelin.
© François-Régis Salefran

Le 13 décembre 1839, le Père Jean-Baptiste Muard, prêtre diocésain de l’Yonne, découvre enfin sa vocation : être saint ! Pour le fondateur du monastère de la Pierre-qui-Vire, toute œuvre missionnaire est vaine, si elle ne se fonde sur les vertus propres au Cœur de Jésus : l’humilité, la pauvreté, la pénitence et l’amour des âmes. Autant de clés du renouveau du XIXe siècle.

La famille Muard est rude, mais dénuée de toute méchanceté à l’encontre de son garçon aux dispositions si éloignées de ses préoccupations quotidiennes. Ainsi, en dépit de ses réserves, elle ne s’opposera finalement pas à voir son fils s’orienter vers le sacerdoce comme l’y invite l’abbé Rolley, le curé de Pacy-sur-Armençon, desservant de la paroisse de Vireaux. Il prend l’enfant sous son aile durant cinq ans à partir de 1820. C’est à son contact que Jean-Baptiste Muard va formaliser le désir missionnaire qui l’habite, nourri par des lectures comme celle des Annales de la Propagation de la foi. Cette ardeur obéit à une double logique : faire descendre le Salut vers le plus d’âmes possible et faire monter toujours plus d’amour vers Dieu. «  Mon âme ne peut suffire à aimer le bon Dieu, j’ai besoin qu’on L’aime pour moi  », écrira-t-il plus tard. Dès lors, rejoindre les Missions étrangères de Paris et mourir martyrisé en Chine lui semble le plus enviable des destins.

Petit séminaire d’Auxerre. Grand séminaire de Sens. Jean-Baptiste Muard reçoit l’ordination sacerdotale le 24 mai 1834. «  Il croyait être appelé aux missions chez les idolâtres, et il espérait y conquérir la couronne de sang. Dieu le réservait à une autre œuvre et à une autre couronne  », écrira le journaliste Louis Veuillot à son sujet. De fait, son évêque le nomme curé de Joux-la-Ville, au nord d’Avallon. Alors que la fièvre anticléricale a connu une nouvelle poussée avec la Révolution de 1830, que le clergé local est divisé et parfois insubordonné, que les églises demeurent délaissées, le Père Muard sent que c’est à l’échelle diocésaine que sa soif missionnaire pourrait trouver à s’étancher.

Abandonner les horizons extrême-orientaux est certes mortifiant, mais l’exemple de saint Jean-François Régis (1597-1640), le «  marcheur de Dieu  » qui avait rechristianisé Velay et Vivarais après les guerres de Religion, ne cesse d’agiter le jeune prêtre qui avait accompli un pèlerinage sur sa tombe. Que doit-il faire ? Le 13 décembre 1839, alors qu’il prie dans sa stalle de l’église Saint-Martin d’Avallon, dont il est devenu le curé quelques mois auparavant, tout s’éclaircit : «  Je priais et je me plaignais à Dieu de ne pas me faire connaître sa volonté au sujet des missions diocésaines. Il me sembla qu’à trois ou quatre reprises, il me disait : “Je veux que vous soyez saint”.  » Demandant au Christ quelles garanties de la réussite de ce projet, Jésus lui répond : «  Mon Cœur  ».

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le magazine.

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