Islamo-gauchisme ?

par Gérard Leclerc

lundi 22 février 2021

Siège du CNRS
© Celette / CC by-sa

Madame Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur a mis le feu au poudre en demandant au CNRS d’ouvrir une enquête sur la propagation de l’islamo-gauchisme à l’intérieur de l’université française. La politique est d’évidence impliquée dans cette querelle mais ses présupposés intellectuels lui donnent une dimension singulière.

Islamo-gauchisme, le mot appartient désormais à la rhétorique de la vie politique, où il répond d’ailleurs à l’accusation d’islamophobie. Faut-il parler d’invectives entre camps idéologiques ? Pour une part sans doute, quoi que les camps en question ne répondent pas forcément aux clivages classiques. La gauche est divisée sur le sujet. Manuel Valls, l’ancien premier ministre socialiste, n’est pas du tout d’accord là-dessus avec Jean-Luc Mélenchon. Mais surtout nous sommes en face d’un débat de fond qui concerne l’université française dans son ensemble. C’est pourquoi la déclaration de Frédérique Vidal, la ministre de l’Enseignement supérieur, a eu un tel retentissement, provoquant approbations et vives réprobations. Affirmer que l’islamo-gauchisme, qui gangrène la société toute entière, concerne également l’université, c’était forcément provoquer une explosion.

Connaissant personnellement depuis longtemps Pierre-André Taguieff et ses travaux sur le racisme, l’anti-racisme, la judéophobie et leurs prolongements actuels, je me retrouve dans un univers familier. Car c’est lui, Taguieff, qui, le premier, a lancé cette formule d’islamo-gauchisme, en raison de ce qu’il observait et de ce qui provoquait son inquiétude. Inquiétude à l’égard d’une grave déviation intellectuelle venue des États-Unis, mais aussi de son enracinement dans l’université française.

Il n’y a pas que l’islamisme qui soit en cause, car Taguieff vise plusieurs thématiques qui se rejoignent, en englobant l’analyse de la société entière au moyen de grilles d’interprétation qui forment système, comme autrefois le marxisme était un système général d’explication des phénomènes sociaux. Bref, nous sommes engagés dans une bataille sans doute décisive par ses enjeux qui concernent notre avenir commun.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 22 février 2021.

Messages

  • La religon l’opium du peuple, la perversion de l’intellect, l’assujettissement des peuples, et que dire de plus encore, la liste des désignations péjoratives est infinie sur le sujet.

    Ajouter l’islam au gauchisme politique, à l’anarchie et à l’extrémisme, et l’on parvient à un cocktail inqualifiable de perversités de l’esprit aux effets toxiques.

    Adjoindre le politique au religieux et la qualification atteint son paroxysme de ce qu’en des temps passés, on obtint par le volet anarchiste issu de la Révolution française que d’autres nations étrangères adoptèrent dans leur horizon politique jusqu’à la cécité de l’esprit.

    Le sujet qui dérange demeure en tous temps, en toute situation contextualisée, la reconnaissance du fait religieux comme tel, sans discrimination, sans sectarisme, sans volonté d’éradication de la conscience humaine libre de le vivre, de l’adopter dans ses conduites, et de s’en réclamer sans sectarisme.

    Le fait religieux est de retour dans la pensée contemporaine.

    Mais avait-il réellement disparu des esprits ? Ou voulant l’ignorer pendant des décennies cultes et satisfaites au renoncement, le revoilà plus prégnant que jamais, chez des intelligences instruites, cultivées et attachées à la conscience personnelle de chacun.
    Jean Louis Schlegel universitaire des religions, le dit un jour passé à propos du choix de ses recherches qu’il fit sur ces sujets, méconnus, délaissés ou radiés de l’Université en France.
    Passé de mode pour certains, toujours présents pour d’autres, les revoici sous le viseur des observants de bien des Ecoles de la pensée officielle.

    Etonnant et incroyable qu’à ce jour notre pays subisse encore cet handicap majeur de cet état, s’agissant de donner aux disciplines religieuses, de toutes provenances, leur place due, qualifiée et reconnue dans le cursus des études et des appartenances de tout citoyen majeur et adulte dans ses choix.

    Bien malin intentionné que celui qui clamera avec pertinence ou suffisance, quel avenir est encore permis aux familles religieuses, de livrer leur héritage spirituel passé et présent, pour le futur.
    La question étant posée selon les analystes de façon peu académique par le Ministre de tutelle, la justesse du questionnement n’est pas anodine.

    Elle semble pertinente, juste et dérangeante pour les doctes savants, qui ont adopté de n’en pas parler, pour éviter le réveil des religions ankylosées dans le passé, selon leur avis, mais bien vivantes dans le cortex de la mémoire !

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