In Mémoriam : Abbé Pierre Molin

jeudi 17 décembre 2009

J’ai connu l’abbé Pierre Molin alors qu’il était vicaire dans une paroisse de la banlieue parisienne et aumônier d’étudiants à l’Institut Catholique de Paris. Il s’occupait aussi de la publication d’un fond commun d’articles pour les bulletins paroissiaux : Notre clocher. Par la suite nous avons rédigé ensemble, durant une vingtaine d’années, un bulletin d’Informations religieuses : Nouvelles de l’Église Universelle. En 1982, la Providence oriente l’abbé Molin vers le diocèse aux Armées et il est successivement aumônier des hôpitaux d’instruction des Armées du Val de Grâce à Paris et de Percy, à Clamart où il demeure jusqu’en 2003.
Le courant étant passé entre nous, j’avais demandé à l’abbé Molin de préparer mon fils et sa fiancée au mariage et de le célébrer. Ensuite il a baptisé deux de mes petits enfants et marié l’un d’entre eux, aujourd’hui capitaine parachutiste. Il a aussi baptisé son fils, mon arrière petit fils. Ce qu’il a été pour notre famille l’abbé Molin, l’a été pour beaucoup d’autres familles. Ainsi, au fil des années, s’est greffée sur son ministère officiel une « paroisse virtuelle ». Si vous demandiez à l’abbé Molin s’il était prêtre traditionaliste, conciliaire, etc., il vous répondait avec un sourire : «  je suis prêtre catholique. »

Georges DAIX

Les obsèques de l’abbé Pierre Molin, mort à 73 ans, ont été célébrées le 7 décembre au Val-de-Grâce dans un grand concours de foule qui témoignait de la fécondité de son apostolat. Georges Daix l’avait interviewé quelques semaines auparavant.

Vous avez publié huit livres… Qu’est-ce qui vous a poussé, à côté d’un ministère prenant, à vous lancer dans l’écriture ?

J’ai été très marqué par le livre du père Serge Bonnet, paru en 1973, À hue et à dia – les avatars du cléricalisme sous la Ve République. Il y prenait la défense de la religion populaire face aux tenants d’une Église pour élite.
Vous avez entendu comme moi cette affirmation : Il y a moins de fidèles dans les églises mais ceux qui restent sont les meilleurs. Avec un tel critère l’Église sera parfaite lorsque les églises seront vides !

J’ai voulu, à ma modeste place, participer à ce combat, d’où mes deux premiers livres que vous avez publié alors que vous étiez aux éditions du Secours Catholique : J’ai appris la tendresse de Dieu (qui, dans sa deuxième édition fut préfacé par le père Bonnet) et Une ambition d’éternité.
Cette tendresse de Dieu se manifeste particulièrement dans le baptême des petits enfants. Ce petit bébé qui crie et sourit en même temps, créature si fragile et confiante dans les bras de sa mère ou de sa marraine, devient par le sacrement de baptême « enfant de Dieu ».

J’ai défendu dans mes écrits la pratique du baptême des petits enfants et, dans le cadre de mon ministère officiel et de ma paroisse virtuelle, j’ai eu la joie de baptiser de nombreux enfants, j’en ai ensuite mariés et maintenant je baptise leurs enfants. Pour le mariage ces derniers devront trouver quelqu’un d’autre !


Trois de vos livres ont été publiés en l’espace d’un an, en 2008 !

Oui, grâce à un éditeur un peu aventureux ! Le premier, Lumières de France, part de ce constat du cardinal Mercier, qui était belge, au début du XXe siècle : « La France est une grande Nation ; mais pour le demeurer faut-il encore qu’elle s’en souvienne. » Se souvenir de la grandeur de la France c’est, par exemple, se rappeler ses soldats, goûter le charme de ses poètes et l’imagination fertile de ses écrivains, invoquer la protection de ses saints : les trois parties de ce petit livre.

Je n’ai pas connu les saints que j’évoque mais par contre certains soldats (le général Julien Fonde, ancien de la 2e DB, le général Raoul Salan, le père Louis Delarue, aumônier parachutiste) et écrivains (Gustave Thibon, Alphonse Boudard, Louis Nucera).

Le deuxième est une réédition d’un livre paru en 1996 sous le titre Dieu seul purifie. Sur la page de couverture il était écrit : « Au fil de ces promenades de l’esprit, ce sont les vérités de la foi que l’on rencontre, et quand on croit divaguer, on s’aperçoit qu’on s’élance vers Dieu qui seul purifie. » Aussi, cette nouvelle édition, revue et augmentée, j’ai préféré l’appeler Promenades de l’esprit.

Le troisième emprunte son titre à Catherine de Sienne : À Marie, la très douce mère de Jésus. Chacun des vingt mystères est illustré par un ou deux tableaux. Une œuvre d’un peintre peut être plus parlante que de longs discours. Rappelez vous François Villon. Dans sa Ballade pour prier notre Dame il montre comment sa mère, qui ne savait pas lire, s’était instruite des vérités de la foi en regardant les peintures de l’église dont elle était paroissienne.

Vous avez publié votre huitième livre en juin...

Oui, sur les Saints Patrons des Nations européennes. Chaque pays d’Europe est placé sous la protection soit de la Vierge Marie soit d’un ou plusieurs saints liés à son histoire. Ces patronages ont été, en général, confirmés par un acte du Saint Siège. Nous sommes là en plein cœur des origines chrétiennes de l’Europe.

La France est sous la protection de trois femmes : la Vierge Marie, sous le titre de Notre Dame de l’Assomption, sainte Jeanne d’Arc la lorraine et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Quant à l’Europe, elle a six patrons ( trois hommes et trois femmes, parité oblige !). Je laisse le soin aux lecteurs de France Catholique de les découvrir !

http://www.dualpha.com/sections/religions.shtml

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