Traduit par Bernadette Cosyn

Ils n’auront plus jamais faim ni soif

par Bevil Bramwell, OMI

dimanche 12 mai 2019

La célébration de la merveille qu’est la Résurrection doit inclure la célébration de ses effets extraordinaires. Ils sont si profonds que l’Eglise n’en aborde qu’un par dimanche du Temps Pascal.

Le Quatrième Dimanche de Pâques, la célébration se focalise sur la façon dont Dieu organise les choses pour que le Christ continue de guider son peuple même pendant qu’il est encore sur terre.

Tout d’abord, Dieu a fait briller sa « lumière » dans le monde (Première Lecture). Jésus est connu comme la Lumière des Nations. Dieu a fait résonner sa « voix » dans le monde (Evangile). Jésus est connu comme le Verbe Incarné. Le but de Dieu était de transformer le monde pour le rendre juste, afin que lui et les gens qui le peuplent puissent se tenir devant Lui.

Il a offert « le salut », un mot dérivé du mot signifiant guérir. Le salut de Dieu inclut l’offre qu’Il nous fait d’une vie éternelle avec Lui. Il inclut que notre être soit rempli de joie et de l’Esprit Saint (Première Lecture).

Cependant, cela n’arrive pas tout seul, comme si nous ne le savions pas déjà depuis la Crucifixion. La Seconde Lecture – tirée de l’Apocalypse – annonce un temps de grande détresse, un temps de martyr, bien que la chronologie ne soit pas claire.

Le plus important pour nous, c’est qu’il y aura des survivants. En fait « une grande multitude, que personne ne pourrait compter » survivra, et parce qu’ils sont demeurés fidèles, ils viennent se tenir devant le trône de Dieu.

Leur expérience est glorieuse : « celui qui est assis sur le trône les protégera. Ils n’auront plus jamais faim ni soif, le soleil ni la chaleur intense ne les accableront plus. » Le point important de cette grande histoire, qui nous mène à la joie et la paix avec Dieu, est de nous encourager maintenant. Il y a un avenir magnifique pour ceux qui fortifient leur foi pour être capable de faire face à la détresse et à l’épreuve.

Maintenant, les lectures mettent l’accent sur quelque chose de plus : « les païens se réjouissaient quand ils les écoutaient et ils glorifiaient la parole de Dieu. » C’est le côté positif des choses. Il y a cependant quelque chose qui n’est pas suffisamment mentionné : l’opposition humaine forte et continue à ce que signifie le Verbe de Dieu.

Après tout, nous suivons le Christ crucifié. Il y aura toutes sortes d’efforts pour nier le Verbe. Luc parle d’opposition et de persécution. Rien ne suggère que cela finira jamais. L’opposition se développe partout en tous temps.

Récemment, le pape émérite Benoît XVI a touché à une des causes profondes des scandales. Dans les années 60, certains ont transformé le catholicisme en une religion faite de main d’homme. C’était une façon particulière de déformer le catholicisme. Ils ont changé l’enseignement moral pour qu’il leur convienne. Il ont modifié la pensée sur ce qu’est l’Eglise pour qu’elle leur convienne.

Surtout, les gens ont laissé tomber le fait que le salut est la prérogative de Dieu e non de l’homme. C’est l’histoire de la Tour de Babel, encore et toujours, avec ses terribles conséquences. Nous en vivons certaines aujourd’hui – et il y en aura d’autres.

L’idée de salut que se fait l’homme implique la satisfaction immédiate des tous ses appétits. Cela récapitule les années 60 pour de nombreux catholiques. Les péchés mortels ne sont plus « mortels ». Mais il y avait quelque chose d’autre également, que les lectures font ressortir. Dans la Première Lecture, Paul dit aux Juifs – tout particulièrement à leurs chefs – les conséquences du rejet de la parole de Dieu.

Avançons jusqu’aux années 60 : il y avait un effondrement de la gouvernance religieuse – une chose à laquelle Benoît a fait allusion également. Les chefs peuvent faire quelque chose qui n’est pas à la portée du simple baptisé, à savoir guider et gouverner le clergé.

Toute la gouvernance est ordonnée dans la gouvernance du Christ, le Bon Berger : « Il nous a fait, nous Lui appartenons » (Psaume). Le Bon Berger conduit son peuple et à la fin « les conduit à des sources d’eau vivifiante » (Apocalypse).

La gouvernance de l’Eglise est censée le faire ici sur terre au moyen de l’enseignement moral et des sacrements. Littéralement, la gouvernance rend le Bon Berger présent au Peuple de Dieu. Les chefs sont supposés apporter l’enseignement de Dieu à l’homme et non se trouver pris dans les religions faites par l’homme qu’ils trouvent autour d’eux.

Cependant, historiquement, dans les années 60, ils n’ont pas fait grand chose contre la vague de religion faite par l’homme. Et plus tard, ils n’ont pas traité fort bien non plus la vague d’abus sexuels contre les enfants et les adultes.

Maintenant, il y a un autre volet à ce discours sur la tâche de berger. Les gens doivent vouloir être conduits, ils doivent savoir qu’ils ont besoin d’un guide. Ils ont besoin de saisir que l’enseignement vient de Dieu. C’est cet enseignement qui a du sens, pas ce que quelque prétendu érudit – contredisant 2000 ans d’enseignement constant – proclame être le véritable enseignement de Dieu, ou ce que racontent les collègues devant la machine à café.

Il y a ici un besoin de véritable humilité, une soumission consciencieuse à Dieu par la reconnaissance du Christ et de son Eglise. En d’autres mots : « mes brebis écoutent ma voix ; je les connais et elles me suivent. » Le Christ est allé plus loin : « personne ne peut les arracher de ma main. »

Le Christ ne nous laissera jamais tomber ; mais nous, Le laisserons-nous tomber ?

— -

Le père Bevil Bramwell, OMI, est l’ancien doyen de premier cycle de Catholic Distance University.

Illustration : « La Trinité adorée par les saints et les anges » par le Tintoret, vers 1580 [Musée de Glasgow, Ecosse]

Source : https://www.thecatholicthing.org/2019/05/12/they-will-hunger-and-thirst-no-more/

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