Il est urgent de se confesser

par le père Michel Gitton

vendredi 3 mars 2017

Saint Antoine de Padoue confessant. Sanctuaire de La Salette.
© Catherine Leblanc / Godong

Parce que notre vie est médiocre et que le Christ dans la confession peut venir la secouer : nous n’avons pas tué, pas volé, nous ne voulons pas de mal au prochain, et après ? Notre christianisme est fait d’habitudes et de routine, de petits compromis sans gloire. Nous avons perdu de vue que le Christ a des exigences brûlantes, comme tous ceux qui aiment. Nous avons pris l’habitude de juger à sa place et de dire : ce n’est pas grave, le Seigneur ne m’en voudra pas si je m’accorde ceci ou cela, etc. Il est temps de rencontrer son regard, de sortir de nous-mêmes pour pouvoir aimer. Or il a mis pour cela sur notre route un de ses envoyés, qui, en son Nom, avec sa force et sa douceur, va déplier notre âme et y mettre le feu de son amour.

Parce que nous avons laissé dans notre âme des zones d’ombre qui se sont peu à peu épaissies : laissez des vitres sans les laver pendant plusieurs mois, la lumière passera moins bien. Les taches ne se voient pas à l’œil nu, mais pourtant elles sont bien là. Dès que le soleil brillera, il sera moins difficile de les ignorer. La prière, c’est comme le soleil qui rentrerait dans nos vies, elle nous laisse deviner la Bonté de notre Dieu, mais par contraste aussi notre laideur. Mais ce n’est pas grave de voir nos lacunes, puisqu’il y a un remède : la pénitence qui lave tout. Acceptons d’être vrais, de nommer notre péché et par là même nous mettre à distance de lui. La contrition est le premier pas vers la liberté.

Parce qu’il faut sortir du regret et de la tristesse devant nos échecs : nous souffrons généralement de tout ce qui s’est mal passé, de ce qui nous a rendus ridicules à notre entourage, de ce qui a laissé voir notre faiblesse, nous traînons ces regrets comme des boulets, parfois pendant très longtemps. Seule la confession nous libérera : l’examen de conscience nous révélera qu’il n’y a pas que du volontaire dans les manques qui nous affligent ; nous accuserons donc ce qu’il y a réellement de péché dans tout cela et nous offrirons le reste comme une épreuve purificatrice.

Mais pour y parvenir la parole du prêtre qui reçoit notre confession sera souvent bien utile. La confession transformera une plainte un peu vaine en recherche lucide de notre vraie responsabilité, pour nous aider à en sortir.
Parce que nous ne voulons pas être plus longtemps complices du mal qui s’insinue partout : le mal, nous le voyons s’étaler partout, dans la violence déchaînée, dans la pornographie envahissante, dans les couples qui se déchirent, dans les enfants mal aimés, etc., mais nous savons qu’il a aussi son siège dans nos cœurs, dans notre lâcheté, notre égoïsme, nos calculs sordides. Commençons par balayer devant notre porte. Nous ne sommes pas responsables de tout, heureusement, sinon, il y aurait de quoi perdre cœur. Le mal nous le vaincrons d‘abord en renonçant à toute complicité avec Satan, sachant reconnaître ce qui nous entraîne au péché, en acceptant aussi de rompre plus nettement avec les occasions qui, sans être directement le mal, en sont souvent la porte d’entrée. C’est ainsi que Jésus peut nous demander de nous crever un œil, si notre œil est occasions de chute. Il suffira de se confesser, de désavouer le mal qui est en nous, de promettre de résister de toutes nos forces.

Parce que nous voulons retrouver la joie d’être des fils : nous savons que le Père nous attend, qu’il a envoyé son Fils pour nous frayer le chemin du repentir, et rappelons-nous la joie des retrouvailles et faisons le pas, tout petit finalement, qui nous rapproche du confessionnal. 

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