IX - Quel Emmaüs ?

par le Père François de Vorges

vendredi 6 mai 2011

La Parole et l’eucharistie

Non ! il ne s’agit pas de prendre parti dans un débat qui agite exégètes, archéologues et guides pour les pèlerins de Terre Sainte. Plusieurs sites se disputent en effet la gloire d’être le théâtre de la rencontre des deux disciples avec le Christ ressuscité. Sans oublier l’imprécision du texte évangélique qui porte, suivant les manuscrits, soixante ou cent soixante stades depuis Jérusalem.

Il s’agit dans ce billet de savoir comment nous autres baptisés pouvons tirer profit de cette rencontre au fort contenu théologique.

Dans un église peu connue de Lyon, la peinture de la coupole au dessus de l’autel représente le Christ rompant le pain pour les deux disciples ébahis. Pas de doute pour le peintre, le repas d’Emmaüs a un fort rapport avec la célébration eucharistique. Allons plus avant : cette rencontre possède aussi un fort rapport avec notre statut de baptisés.

Notre route humaine est semée d’espoirs en ruines. La désespérance nous guette à chacune déception. Mais quels sont ces rêves humains qui nous déçoivent ? Argent facile, relations heureuses dans le couple ou dans nos amitiés, notre profession ? Les disciples d’Emmaüs nous indiquent quel doit être notre véritable déception : « Et nous qui espérions qu’il serait le libérateur d’Israël . » En supprimant l’aspect temporel de leur espérance, rendre à Israël son indépendance politique en chassant les Romains, il reste cet espoir fou que quelqu’un puisse briser l’esclavage du péché, le seul véritable fléau qui nous empêche d’aimer.

Baptisés, nous sommes en possession de la solution. Notre vie avec le Christ peut réaliser ce rêve fou. Mais nous avons besoin de deux choses pour qu’il se réalise.

Qu’on nous dise et nous redise, comme le fit Jésus aux deux marcheurs, que malgré son échec apparent, mieux, à cause de lui, le bonheur est toujours à notre portée. Si nous le suivons pas à pas, jusque dans sa passion, c’est dans ce mouvement, celui de notre baptême qui nous plonge dans sa mort et sa résurrection, que nous profiterons de sa victoire, de sa résurrection, de son bonheur. Écouter sans relâche les paroles du Christ, largement mises à notre disposition par l’Église, c’est écouter comme les pèlerins d’Emmaüs et avoir, nous aussi, le cœur brûlant de la joie que lui seul peut donner.

Le baptisé est invité au repas sacré. Que notre foi, reçue au baptême, ouvre nos yeux à la présence du Christ, comme l’ont expérimenté les deux pèlerins. Que notre privilège de pouvoir recevoir en nourriture le Christ ressuscité, soit vraiment le ressort qui nous poussera, comme eux, à franchir les distances et à annoncer qu’en dehors de la vie avec le Ressuscité, il n’y a pas de vrai bonheur.

La Parole et l’eucharistie, deux richesses immenses du baptisé : exploitons-les à fond, elle ne se dégradent pas, au contraire, plus nous les utilisons plus elles sont source de vie et de bonheur.

Père de VORGES

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