IV - L’eau (1)

par le Père François de Vorges

jeudi 24 mars 2011

L’eau qui tue

L’eau qui fait vivre

Nous nous enchantons de cette rencontre de Jésus et de la femme de Samarie. La chaleur du jour et la fraîcheur du puits ; la fatigue de Jésus et son intense désir de convertir cette femme ; la difficulté qu’elle éprouve à se hausser au niveau de Jésus (eau vive et puits profond) ; son retournement quant à sa vie privée ; cette affirmation unique de sa messianité de la propre bouche de Jésus. Mais cela ne doit pas nous faire oublier le caractère baptismal de cette lecture et son choix dans ce carême tout orienté vers le baptême. À propos de cette eau vive promise par Jésus, approfondissons cette symbolique de l’eau.

Personne n’oublie que l’eau est indispensable à la vie. Sans eau, pas de sources pour boire ; sans eau, pas de cultures pour nous nourrir ; sans eau, c’est la sécheresse et la mort. Au baptême, c’est par l’eau que la vie de l’Esprit nous est donnée.

L’Ancien Testament, qui abonde dans ce premier sens, y ajoute une autre note : l’eau est source de la sagesse, c’est-à-dire de la connaissance des secrets de Dieu : « Elle lui donne à boire l’eau de la sagesse. »(Siracide 15.3)

L’allusion à Jacob se comprend mieux si on sait que la tradition juive rapporte que lorsque Jacob a creusé ce puits, l’eau montait et débordait, spontanément ou miraculeusement, et donnait ainsi largement et facilement à boire au troupeau. Jésus apparaît donc comme celui qui est plus puissant que Jacob. Cela nous oriente vers la connaissance du mystère de sa personne qui va culminer dans sa déclaration comme Messie. N’est-ce pas un fruit de notre baptême que de nous permettre de savoir qui est Jésus ? Cette surabondance de l’eau, tant donnée par Jacob, que promise par Jésus, est le signe de la surabondance des dons de Dieu, thème cher à saint Jean (600 litres de vin à Cana, 100 livres de myrrhe et d’aloès c’est-à-dire plus de 32 kilos pour l’ensevelissement !). L’eau que Jésus promet calme toute les soifs.

Mais cette surabondance n’est pas elle-même sans danger et nous introduit à un autre symbolisme de l’eau. Beaucoup d’eau donne la vie, trop d’eau est source de mort : le déluge ou l’inondation, sans oublier la mer qui, pour les Hébreux était le lieu de la mort. Ce coefficient de mort dans le signe de vie nous introduit à la profonde réalité du baptême : Jésus nous donne sa vie par sa mort et sa résurrection. Saint Paul, en Romains 6, exploitera à fond ce symbolisme : « C’est dans sa mort que nous avons été baptisés… pour que participant à sa résurrection, nous menions une vie nouvelle. »

Au-delà de l’évocation de cette vie nouvelle, l’eau vive proposée à la samaritaine est une invitation renouvelée à lutter contre les germes de mort dans notre vie pour que l’Esprit et la Vérité (et la Sagesse) qui nous sont donnés au baptême triomphent en nous et fassent de nous les adorateurs que Dieu demande.

Père de VORGES

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