Hymne du Sacré-Cœur

par Bernard Plessy

mercredi 26 juin 2019

Apparition à sainte Marguerite Marie Alacoque

Ce vendredi 28 juin, l’Église célèbre la solennité du Sacré-Cœur de Jésus, d’où jaillirent du sang et de l’eau, selon le témoignage irrécusable du disciple présent au pied de la Croix, saint Jean.

Bienheureux Créateur du monde,
Christ, Rédempteur de tous les hommes,
Lumière issue de la lumière du Père,
Vrai Dieu engendré de Dieu.
 
C’est la force de ton amour
Qui t’a fait prendre un corps mortel
Pour que, nouvel Adam, tu nous rendes
Ce que l’ancien nous avait enlevé.
 
Cet amour, créateur fécond
De la terre, de la mer et des cieux,
A pris en pitié les fautes de nos pères :
Il est venu briser nos chaînes.
 
(…)
 
Ce Cœur n’a été percé d’une lance,
Il n’a souffert cette blessure
Que pour nous laver de nos souillures
Par l’eau et le sang qui en coulèrent.
 
«  Auctor beate saeculi  »,
(XVIIIe siècle).

Comparée à d’autres, cette fête est récente. Comme demandée à l’Église par les révélations de Jésus à Marguerite-Marie Alacoque, visitandine à Paray-le-Monial (1647-1690). Clément XIII en approuva la solennité en 1765 et Pie IX l’étendit à l’Église universelle. Les textes des offices datent du milieu du XVIIIe siècle. Nous retenons les six strophes d’octosyllabes des vêpres.

La première strophe est l’adresse de l’hymne : le Christ. Elle le nomme en lui donnant les quatre "titres" qui l’associent entièrement à son Père : Créateur, Rédempteur, Lumière et Dieu né de Dieu. Ce sont les termes mêmes du Credo (Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero). Le plus significatif en cette adresse réside en un mot : omnium. Le Christ est Rédempteur de tous. Son amour s’étend à tous les hommes. La fête du Sacré-Cœur s’inscrit à l’encontre de tout héritage janséniste : c’est l’une de ses richesses.

La deuxième strophe exprime, avec une belle densité, le mystère du Salut : le Christ nouvel Adam répare la faute du premier. La mise en concordance des deux est classique. Mais le poète souligne que cela impliquait de revêtir un corps mortel : c’est l’Incarnation. Cette condition-là, Dieu ne pouvait l’accepter que par amour.

Lance du soldat est indissociable de la fête du Sacré-Cœur

Cet amour a d’abord été généreux créateur (artifex, celui qui crée avec art). Cette admirable œuvre d’art a été pervertie par les fautes de nos pères. Le créateur a dû se remettre à l’œuvre pour la restaurer et rompre nos liens.

Après une prière – la quatrième strophe – pour que la force de cet amour sans égal ne quitte jamais ce Cœur et que les humains puissent toujours y trouver le pardon, la cinquième strophe revient sur le prix à payer. La lance du soldat romain est indissociable de la fête du Sacré-Cœur par le symbole qu’elle représente. Elle donne sens à cette fête. La blessure qu’elle inflige crée une source d’où naît l’Église, par l’eau et le sang, le Baptême et l’Eucharistie.

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