Humilité de Noël

par Gérard Leclerc

jeudi 23 décembre 2010

A l’approche de Noël, maintenant vraiment très proche, un paradoxe ne peut manquer de nous laisser songeurs. Sans exagération, on peut dire qu’il n’y a pas de fête plus éclatante que celle-là. Nos villes sont remplies de guirlandes, les grandes avenues, telles les Champs Élysées sont illuminées, nos grands magasins regorgent de richesses et ne désemplissent pas. La période dite des fêtes est comme un sommet de l’année où l’humanité occidentale se réjouit ostensiblement avec le plus d’intensité. Je laisserai ici toute critique de ce faste et de cette consommation, pour m’étonner de la distance qu’il y a entre cette explosion de lumière, de manifestation bruyante, et le silence et la discrétion de la nuit de la Nativité. On semble l’avoir oublié : le plus grand événement de l’histoire du monde n’aurait même pas valu une brève de nos quotidiens ou le semblant d’un écho au journal télévisé de vingt heures.

A l’origine même du christianisme, la célébration de la nativité de Jésus attendra plusieurs siècles pour se trouver fixée dans le calendrier liturgique. On célèbre d’abord le mystère pascal, parce que la foi se porte d’abord sur Jésus crucifié et ressuscité. Saint Paul, le premier écrivain du nouveau Testament, ne nous parle pas de Noël, pas plus que les évangélistes Marc et Jean. Ce qu’on appelle les évangiles de l’enfance et que nous devons à Matthieu et à Luc semblent se rapporter à deux enquêtes différentes pour déterminer, assez longtemps après, les circonstances de la naissance du Sauveur du monde. C’est donc qu’il a fallu comme une sorte de temps d’attente et de réflexion, pour qu’on s’interroge sur le commencement de l’épopée du Salut, et pour constater que celui-ci était enveloppé d’humilité et de silence. Et pour revenir aujourd’hui à la réalité du mystère de Noël, c’est à dire de l’Incarnation, il nous faut nous réapproprier ce commencement humble et caché, nous arracher à l’ostentatoire et au clinquant. Cela n’empêche nullement la joie, mais celle-ci vient du plus profond de l’intériorité, là où se fontt entendre, comme dirait Rilke, « les noces profondes » de Dieu et de l’humanité.

Chronique lue sur Radio Notre-Dame le 22 décembre 2010

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Ci-dessous deux images (clandestines) de fabrication chinoise pour Noël.

Messages

  • Noël ! Pour moi c’est la Fête des Fêtes, celle où le ciel s’unit si magnifiquement à la terre et où
    l’Enfant Dieu continue à se faire homme, à naître en chacun de nous, si nous le voulons....si nous
    l’appelons

    MARTHE ROBIN NÖEL 1929

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