Holodomor : l’extermination par la faim, l’Ukraine n’oublie pas

mardi 26 novembre 2013

L’Ukraine a célébré samedi le 80e anniversaire de l’Holodomor : la famine planifiée, pendant l’hiver de 1932 et 1933, par le régime stalinien qui aurait tué entre 2,6 et 5 millions de morts.

À lire sur le site de l’Œuvre d’Orient.

Messages

  • Ce qui se passe en ce moment à Kiev et dans d’autres villes d’Ukraine (protestations populaires contre la suspension des négociations avec l’Union européenne), à l’heure du 80ème anniversaire du Holodomor, montre que 20 ans après l’indépendance, la nation ukrainienne est devenue ou plutôt redevenue une réalité, consciente de son identité résolument européenne. Le succès diplomatique russe que représente la suspension des négociations avec Bruxelles est trompeur. Les Ukrainiens n’ont nullement l’intention d’en revenir à une souveraineté limitée sous contrôle "grand-russe".

    On oublie le plus souvent le 3ème événement qui marque la fin du 20ème siècle : la chute du mur de Berlin, la fin de l’Urss, mais aussi l’indépendance de l’Ukraine qui met un terme au cycle des empires européens, le dernier ayant été l’empire soviétique. Un bien pour l’Europe mais aussi un bien pour les Russes eux-mêmes, n’en déplaise à V. Poutine.

    L’Union européenne n’est pas dans la meilleure forme qui soit pour conforter cette nouvelle donne européenne et pour soutenir l’espérance que les Ukrainiens mettent en elle. C’est bien dommage. Tout se passe en effet comme si la flamme européenne était ravivée à l’est. Cette flamme qui nous a abandonnée parce que le projet européen, chez nous a été coupé de ses sources. Nous avons vendu notre âme à un euro qui n’a pas tenu ses promesses...

    Il ne manque pas seulement à l’Europe un projet "intérieur" global renouant avec l’humanisme des pères fondateurs qui s’est depuis longtemps égaré dans les sables libertaires de la Commission, du parlement européen et même de la cour européenne des droits de l’homme...Il manque tout autant un grand projet continental qui tourne résolument l’Union vers sa "nouvelle frontière". Celle dont parlait John F. Kennedy était à l’ouest de l’Amérique, la nôtre est, à n’en pas douter, à l’est de l’Europe. Et il ne s’agit pas de dresser une nouvelle muraille Schengen au cœur de l’espace russe, entre Russie et Ukraine. Bien au contraire, cette frontière est un horizon : il s’agit de promouvoir l’essor de l’Ukraine pour entraîner résolument la Russie dans une féconde dynamique trilatérale. Il y a là-bas un énorme potentiel de développement qui pourrait sortir nos pays du marasme si on parvenait à le mobiliser, tout en créant une convergence des niveaux et qualité de vie qui est la meilleure garantie de paix.

    L’espérance des Ukrainiens fait chaud au cœur...Ne la décevons pas. L’Ukraine-Ruthénie a été la matrice de l’histoire russe. Il se pourrait bien qu’il s’y joue une partie décisive pour l’avenir de la relation euro-russe. Aucun enjeu géopolitique, mais aussi civilisationnel, n’est plus important en Europe au 21ème siècle. Nous n’avons pas assez conscience que nous avons besoin de l’est européen autant qu’il a besoin de nous.

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