Gloire de la chanson française

par Pierre François

vendredi 16 mars 2012

Maître Amboise est un avocat un peu particulier : son doctorat est de… droit de la langue française. Inutile de préciser le soutien qu’il repré­sente pour toutes les associations sou–cieuses de faire respecter la loi Toubon. Mais il est aussi un connaisseur en matière de chanson française. C’est d’ailleurs sur le thème du rayonnement à l’étranger de la chanson en français qu’il va donner une conférence-débat au Lavoir Moderne Parisien le 28 mars prochain  [1].

Les chanceux qui lisent la revue L’année francophone internationale ont déjà un aperçu des propos qu’il va y tenir et pourront préparer des questions sur les aspects qui suscitent plus particulièrement leur curiosité.
C’est avec toute la rigueur des bons juristes qu’il précise ce qu’il faut entendre par « chanson française » (en français, quelle que soit la nationalité du chanteur) et qu’il n’élude aucune des difficultés qui biaisent une mesure qui se veut la plus objective possible (nombre de ventes d’albums par genre, mais classement ou définition des genres inexistants dans certains pays). Sa recherche de l’objectivité va jusqu’à distinguer les chanteurs purement français (et qui ont le plus grand succès : Piaf, Dion) et les « multilingues » (Mathieu, Aznavour, Dassin). Il recoupe ce premier classement par un second, plus artistique, fondé sur ce qui fait la renommée de ces artistes : leur voix (Piaf, Dion, mais aussi Kaas, Garou, Natasha St-Pier), l’utilisation d’une langue française classique (Aznavour, Dassin) ou le fait de chanter dans des genres pop (Farmer, Alizée), sans oublier la dance (l’Italienne In-Grid, la Belge néerlandophone Ryan, l’Allemande Lolita Jolie, le Bruxellois d’origine belgo-rwandaise Stromae) et les nouveaux genres dans lesquels on trouve Carla Bruni, Ben l’Oncle soul, Zaz, Stancey Kent. C’est cette dernière, "chanteuse de jazz américaine", qui précise : « Je voyage beaucoup, nous avons visité 27 pays pendant la deuxième tournée. La chose la plus extraordinaire, c’est que les gens autour du monde adorent la langue française. Il y a en Asie, aux états-Unis et en Angleterre des gens qui insistent pour que je chante en français. J’adore partager ces chansons et cette langue avec d’autres étrangers ». Tandis que le succès de Stromae lui fait dire : « ça montre que c’est possible de chanter en français et d’avoir le même accueil [dans les pays non francophones] qu’une chanson en anglais ». Dans le même temps, Tokio hotel fait exploser les demandes d’inscription en allemand première langue. Et qui se souvient du score de Sébastien Tellier, qui chanta en anglais pour représenter la France à l’Eurovision il y a quelques années ?

C’est de cela (trois victoires à l’Eurovision en hébreu, le succès international des chanteurs italiens) et de tous ceux-là qui rencontrent le succès en français à l’étranger tandis que les français chantent de plus en plus en anglais en France depuis les années soixante (Variation, Little bob Story, Black Devotion, Patrick Hernandez, Sheila...) qu’il sera question, de façon quasi exhaustive ! [2]


[1« La Chanson française à l’étranger (en français) : succès et enjeux », conférence-débat le 23 mars (18h) au Lavoir Moderne Parisien, 35, rue Léon, 75018 Paris, tél. : 01. 42.52.42.63, http://www.rueleon.net

[2Un sujet qui fera venir Stelio Farandjis lui-même... Premier secrétaire général du Haut conseil de la Francophonie, nommé par Mitterrand en 1983, reconduit par Chirac en 1995.

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