François en Amérique latine

par Gérard Leclerc

mercredi 8 juillet 2015

Il faudra attendre le terme de ce véritable marathon papal pour mesurer la performance pastorale d’un homme de 78 ans, qui ne recule devant aucune audace. Entre l’Équateur, la Bolivie et le Paraguay, François s’est lancé dans une course devant laquelle hésiteraient de beaucoup plus jeunes. Mais le ministère universel de l’évêque de Rome a de tels impératifs. Visiter et encourager toutes les Églises ! Et Dieu sait si celles-là sont chères au Pape, puisqu’elles appartiennent à son continent natal et parce qu’elles comptent au nombre des plus déshéritées. Son rappel constant des pauvres n’a rien de rhétorique. Il s’exprime de la façon la plus concrète dans ses gestes et auprès des populations qu’il a choisi de visiter en priorité. C’est ainsi qu’il a commencé d’aborder l’Europe par l’Albanie. Il prend contact avec le nord du continent latino-américain, parce qu’il sait à quel point les trois pays parcourus souffrent de conditions de vie éprouvantes. Il aura l’occasion de rencontrer les plus démunis, aussi bien dans l’immense prison de Santa Cruz en Bolivie que dans les zones rurales du Paraguay où la misère est poignante.

Au lendemain de la publication de son encyclique Loué sois-tu, le Saint-Père aura sans doute l’occasion de reprendre son enseignement sur le travail : « Aider les pauvres avec de l’argent doit toujours être une solution provisoire pour affronter les urgences. Le grand objectif devrait toujours être de leur permettre d’avoir une vie digne par le travail, (…) en définitive “les coûts humains sont toujours aussi des coûts économiques et les dysfonctions économiques entraînent toujours des coûts humains”. Cesser d’investir dans les personnes pour obtenir plus de profits immédiats est une très mauvaise affaire pour la société. » Le sens de telles paroles n’apparaît qu’avec évidence lorsqu’il s’insère dans les réalités de terrain. On peut faire toute confiance à François pour qu’il sache rendre sensibles à tous les grandes leçons de son magistère.

Enfin, le Pape n’ignore évidemment pas les succès des sectes pentecôtistes dans ces régions où certaines pratiques peuvent séduire des fidèles insuffisamment éclairés et soutenus. Aussi reprendra-t-il la thématique de son exhortation apostolique La joie de l’Évangile, où il ne craint pas de ranimer les puissances endormies du catholicisme populaire. Notre ami le père Serge Bonnet [1] serait, s’il le pouvait, le meilleur avocat d’une forme d’évangélisation dont il n’a cessé de discerner les valeurs spirituelles et humaines.


[1Défense du catholicisme populaire, Préface de Daniel Rondeau, Cerf.

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