L’Apocalypse dans l’art

Fleuve fécond

par Marie-Gabrielle Leblanc

vendredi 5 juin 2020

La Tenture de l’Apocalypse (1377) du château d’Angers est une suite de tapisseries de 107 m. La Jérusalem nouvelle qui descend du ciel est l’allégorie du Paradis et de la vie éternelle.
© PMRMaeyaert / CC by-sa

Depuis près de 2 000 ans, les flamboyantes visions de saint Jean dans l’Apocalypse ont inspiré les artistes chrétiens. Et cette source ne tarit pas de nos jours…

« Puis je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle. Et je vis la Cité sainte, Jérusalem nouvelle. […] Son rempart est construit en jaspe, et la ville est d’or fin. La deuxième assise est de saphir, la troisième de calcédoine, la quatrième d’émeraude…  »

Cette chatoyante vision du Paradis, écrite par saint Jean dans l’avant-dernier chapitre de son livre de l’Apocalypse, a émerveillé des générations de lecteurs de la Bible, et inspiré des générations d’artistes, comme toutes les autres visions les plus célèbres du livre : les sept candélabres, l’Adoration de l’Agneau, la Femme et le dragon… Après les évangiles et l’Ancien Testament, c’est le livre de la Bible qui a le plus inspiré les artistes. Mais surtout en Occident.

Jean, exilé à Patmos sous la persécution de l’empereur Domitien, écrivit ses visions sur cette île de la Méditerranée, vers 96. On a donné à ce dernier livre du Nouveau Testament – sans doute l’un des plus énigmatiques au monde – le nom grec d’Apocalypse, qui signifie «  révélation  » ou «  dévoilement  ». C’est le récit de «  ce qui doit arriver  » lors des derniers temps : la victoire finale du Bien dans son grand combat contre le Mal, la récapitulation de la totalité des mystères de l’Histoire et de l’éternité.

Grotte de l’Apocalypse à Patmos

À Patmos, le pèlerin peut ainsi se recueillir dans la grotte de l’Apocalypse, qui dépend du monastère orthodoxe de Saint-Jean le Théologien. Sur l’iconostase, des scènes de l’Apocalypse sont figurées. La cathédrale de la Dormition, au Kremlin de Moscou, abrite aussi une icône grecque de Maître Dionisiou, vers 1500, qui montre l’Adoration de l’Agneau par les 24 Vieillards, une des scènes les plus grandioses du livre, au chapitre 4. Mais cela reste rarissime dans l’orthodoxie.

En effet, les Pères grecs ont passé sous silence l’Apocalypse, qui est donc absente de l’art byzantin. Seuls, les Coptes d’Égypte ont voué, dès les premiers siècles, un culte aux Quatre Vivants du Tétramorphe (chapitre 4), et aux 24 Vieillards, dont ils sont les seuls à conserver les noms (Ajaël, Zarathiel, Phalaël, Odithiel…). Au monastère Saint-Paul de Thèbes à la mer Rouge (IVe siècle), dans la vieille église souterraine, la chapelle des 24 Vieillards est ornée d’une peinture murale les représentant.

Ce kaléidoscope divin, ce tintamarre cosmique, a en revanche constitué une source intarissable d’inspiration pour l’art occidental.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le magazine.

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