Fidélité historique à la France

par Gérard Leclerc

mardi 4 juillet 2017

Emmanuel Macron était attendu, hier, pour son discours au Congrès. Effacerait-il son Premier ministre, en rendant subalterne la déclaration de politique générale qu’Édouard Philippe doit prononcer devant le Parlement ? Jacques Julliard, dans Le Figaro, n’avait-il pas promis à celui-ci l’unique rôle de souffre-douleur, celui qui reçoit les coups de bâton à la place du Prince qui doit être épargné. Mais le genre qu’a choisi le président de la République laisse toute faculté à son Premier ministre de développer, de façon concrète, l’agenda du quinquennat. C’est de la philosophie qu’Emmanuel Macron a proposée à la nation, par-delà ses représentants. D’aucuns ont trouvé qu’il y avait un peu trop de rhétorique dans certains passages, mais il est possible aussi d’apprécier la façon dont le chef de l’État a tenté de surmonter certaines querelles nationales, telle celle sur l’histoire, quitte à prendre de la distance par rapport à certaines de ses saillies lors de la campagne présidentielle.

« Les Français demandent à leur gouvernement de rester fidèle à l’histoire de France. » Tiens, intéressant ! Comment se tirer d’une querelle tenace ? « Ces dernières années, l’histoire a été prise en otage par le débat politique. Nous avons vu fleurir l’histoire pro-coloniale et celle de la repentance, l’histoire identitaire et l’histoire multiculturelle, l’histoire fermée et l’histoire ouverte. » Et voilà la réponse la plus significative donnée à la querelle : « Il n’appartient pas aux pouvoirs exécutif ou législatif, de décréter le roman national, que l’on veuille lui donner une forme “réactionnaire” ou une forme “progressiste”. Cela ne signifie pas que l’histoire de France n’existe pas. Qu’il ne faut pas en être fier tout en regardant lucidement ses coins d’ombres et ses bassesses. Mais pour nous, elle doit prendre la forme, non d’un commentaire, mais d’une action résolue en faveur du meilleur. »

Cette simple manière de poser le problème, sans le résoudre d’autorité, n’en comporte pas moins des affirmations précieuses quant à la nécessité d’une fidélité à une certaine essence de la France. Essence inclusive certes, mais inspiratrice d’une volonté et d’une continuité. Non, le président ne répudie pas la culture française, en dépit de sa formule hasardeuse. Il a reçu « un mandat de fidélité historique ». Ce n’est pas rien !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 4 juillet 2017.

Messages

  • Il y eut l’assassinat du pays pendant deux décennies : il s’agissait de salir, de faire honte aux français de leur histoire, composée d’assassins et de lâches. Tout petit français apprit que la France n’avait que des heures sombres et noires : l’Idéologie pensait ainsi en finir avec l’histoire des nations européennes.
    Mais des gens très intelligents (les mondialistes le sont et dominent leurs adversaires intellectuellement, on le vit pendant cette campagne électorale !!) comprirent que la méthode était peut-être malsaine et conduisait au triomphe des "populismes" et des "idées nauséabondes", et surtout ne permettait pas de triompher des vieilles nations récalcitrantes, alors ils changèrent de stratégie.
    Ils firent élire un beau jeune homme, intelligent, très dur et dévoué à l’Idéologie nouvelle : il n’eut aucun mérite à triompher, il avait en face de lui des amateurs...il offrit aux français toutes les apparences de l’ancienne gloire, on donna aux veaux que nous sommes Versailles, le Louvre..
    A vrai dire, assommés , d’eurosceptiques nous voilà devenus les premiers de la classe européenne, le drapeau étoilé flotte partout. L’européisme triomphe , notre jeune président dans les pas des grands rappelés à la rescousse (De gaulle, Louis XIV, Le consul, Jeanne d’Arc) ouvre le bal de l’absorption de la vieille nation dans le grand tout. La presse orchestre la marche funèbre et nous nous devenons spectateurs de notre mort voulue et programmée. Les nouveaux idéologues ont compris qu’un peuple accepte mieux de disparaître en le flattant, alors le président européen et mondialiste joue avec délice au monarque et certains font semblant d’y croire.
    Mama Merkel a pour notre jeune consul, les yeux de Chimène : elle n’arrive pas à y croire !! la grande nation ombrageuse et si ridicule depuis quelque temps devient un modèle de fidélité : il ne s’agit pas de la fidélité dont parle Gérard Leclerc mais d’une fidélité "au grand tout" factice, hors sol, multiculturel" que l’on veut voir naître.
    Le grand tout a déjà son premier mort : le chancelier Kohl enterré dans le drapeau étoilé avec faste, avec une assemblée recueillie.
    La vieille nation se met au pas, on la presse de se hâter d’effectuer les réformes, de se vider de sa substance en se servant de la gloire d’antan pour rejoindre la marche du monde et de son idéologie.
    La fidélité historique à la France n’est que du carton pâte destinée à masquer l’essentiel : à quoi bon brandir des symboles quand il n’y a plus de souveraineté et que notre destin ne nous appartient plus ?

  • A ce jour il n’y a aucune raison de faire crédit à celui qui, pour des raisons électorales,
    a cru bon d"associer colonisation et crimes contre l’humanité....
    Par ailleurs la longue lettre d’Emmanuel Macron aux associations LGBT, que l’on pouvait lire sur son site de campagne, indique plutôt que ce personnage va continuer l’oeuvre de destruction sociétale
    de la France.
    Enfin, la panthéonisation du couple Veil confirme bien l’alignement du président sur les lobbies qui tiennent la république !

  • Je pense que tu auras très vite ta place au Panthéon mon petit Gérard, à côté de moi.
    Pas besoin de petite laine, il y fait bien chaud. Par contre c’est plein de pleurs et de grincements de dent, quel boucan ! ...
    Ta Simone

  • Hello, Simone V.
    "Grincements de dents" ! Très acrobatique de grincer avec une seule...
     ;-)

  • Je ne partagerai pas, mon cher Gérard, votre vision optimiste quant aux intentions du nouveau locataire de l’Élysée.

    Ne sachant rien du personnage, j’avais profité de mes disponibilités du moment pour suivre ses meetings et analyser ses discours. Il fallait bien se forger une opinion sur cet ovni que les médias nous dépeignaient depuis dix mois comme la huitième merveille du monde politique, voire du monde tout court.

    Le vide intersidéral et ses poussières cosmiques : c’est la métaphore la plus approchante pour décrire le néant du discours de Macron dans lequel brillent seulement des myriades de promesses.

    Dans un premier temps, j’ai pensé que le lascar était idiot, fruit d’une de ces regrettables erreurs de casting comme il se produit souvent dans un monde politique truffé de présomptueux n’ayant pas les moyens de leurs ambitions.

    Pas du tout ! Le juvénile technocrate est futé et ne manque pas de ressources en matière de conseillers en communication et en marketing.

    Tout cela est délibéré. Les aphorismes, les truismes, les axiomes mous, les promesses contradictoires et les phrases creuses à double et triple sens forment un corpus dans lequel chacun peut croire y reconnaître un bout de ce qu’il cherche...

    Pourtant, si on analyse l’ensemble, on constate qu’il ne s’en dégage aucune vérité stable. Rien que du sable mouvant et des décors en trompe-l’oeil qui s’agencent savamment mais qui ne trompent que qui veut bien se laisser induire en erreur.

    Ses affirmations récentes sur l’Histoire ne sont que des artifices de discours. Ça ne lui coûte pas cher en salive et ça ne peut que lui rapporter des suffrages.

    « Les Français demandent à leur gouvernement de rester fidèle à l’histoire de France. »

    C’est assez évident.

    Le premier respect de cette évidence serait d’oeuvrer en faveur de la souveraineté de la France.

    Que nenni, le mari de Brigitte veut l’enfoncer plus encore dans la soumission aux féodalités marchandes et financières.
    A l’encontre de deux mille ans d’Histoire, il déclare allégeance tout à la fois à l’Allemagne, à l’empire bruxellois et à la coalition Atlantique.

    De plus, quel crédit peut-on accorder à quelqu’un qui est prêt à aller bombarder la Syrie, toutes affaires cessantes, sur la seule foi des affirmations - non vérifiées - d’une bande de journaleux yankees et de "casques blancs" islamistes qui lui affirment que M. Assad vient de gazer ses populations ?

Un message, un commentaire ?


Les forums restent ouverts durant 15 jours après la date de publication

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.