Féminisme : quelle alternative positive ?

par Gérard Leclerc

mardi 28 novembre 2017

Dans le climat actuel, on pourrait se poser la question : est-il aujourd’hui des femmes heureuses ? Et même : est-il possible aujourd’hui pour une femme d’être heureuse ? À lire les journaux, à suivre les médias, on a vraiment l’impression que non. La femme est par définition, aujourd’hui, une victime. Si elle n’est pas victime encore, elle est de toute façon victime potentielle. Il n’y a pas d’échappatoire. Comme il ne semble pas y avoir d’échappatoire au fait que les hommes sont des prédateurs. Et s’ils ne le sont pas en acte, ils le sont, de toute façon, en puissance. Et la chose est si grave, la situation si inextricable, qu’il n’y a de remède que dans une révolution de fond, une révolution anthropologique qui transformera totalement la condition humaine. Cela commence par la langue, sur laquelle il convient d’exercer une surveillance policière, avant que ne s’impose ce que George Orwell appelait une novlangue.

J’évoquais hier ce que Cornélius Castoriadis appelait « l’institution imaginaire de la société ». Il me semble, en effet, que si l’on veut, à l’écoute des mouvements féministes, remodeler le corps social selon de nouvelles normes, l’arsenal législatif ne suffira pas, et il faudra se rapporter à ce qui constitue la forme ou l’âme d’une civilisation, un ensemble de représentations dans lequel on peut se reconnaître et qui rend possible un certain style de de vie, un certain art d’être ensemble. On peut, certes, donner divers contenus à cet imaginaire, mais sans lui la vie sociale ne respire pas vraiment. Par ailleurs, il n’est pas une simple superstructure qui planerait au-dessus de nous. Il n’a d’efficacité qu’à susciter de l’institutionnel, qui ne se réalise pas n’importe comment.

Je ne suis pas persuadé que l’offre féministe d’aujourd’hui corresponde à un tel imaginaire et qu’elle puisse induire de l’institutionnel nouveau. Pour diverses raisons, une des premières étant que l’expression d’une souffrance, d’une aliénation, ne produit pas en soi de l’alternative positive. Une autre raison tient à une incertitude anthropologique. Quel est l’imaginaire féminin qui émerge de la revendication actuelle ? Ce qu’on appelle les études de genre ne nous instruisent que des processus d’aliénation, en nous expliquant que tout est construction, mais sans nous dire ce qu’il faudrait construire. Pardon de ne pas avoir été très optimiste aujourd’hui. Il faudra nous rattraper !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 28 novembre 2017.

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Messages

  • Trois hommes se penchent sur le féminisme et les pauvres victimes.
    Difficile objet d’étude en effet. Jusqu’au jour où ils découvriront que cet "objet" parle, pense, réfléchit...ils pourront peut-être alors l’écouter, échanger, comprendre, la considérer à égalité, comme l’un-e des leur. La richesse de leur différence partagée pourrait leur redonner le moral ! C’est ce que je leur souhaite.

  • Pour ce vaste mouvement féministe en trompe-l’oeil, les femmes ne sont qu’un prétexte, un chiffon rouge qu’on agite, un sujet de clivage pour déconstruire la société et ses valeurs anciennes (en particulier celles héritées de l’Eglise).

    Tout comme certains groupements politiques se sont servis cyniquement, il y a quelques années, des migrants, et de leurs difficultés, pour leurs propres desseins d’appareils, aujourd’hui ce sont les femmes qui sont l’objet (les objets) de cette instrumentalisation éhontée. Instrumentalisation parée de tous les artifices du combat moral vertueux.

    En fait, tout ce petit monde médiatique et politique n’en a, au fond, strictement rien à f... des femmes opprimées (surtout si elles n’appartiennent pas aux castes dominantes), tout comme ils se fichaient des travailleurs immigrés sui croupissaient dans de sordides foyers !

    Le seul vrai combat féministe est celui qui ne fait pas acception des personnes ou des sexes. Un vrai combat des Droits de l’Homme, sans hypocrisie, ni récupération politiciennes !

    Malgré les apparences et les préjugés de ses détracteurs, c’est l’Eglise qui, depuis très longtemps, propose l’alternative "féministe" la plus complète et la plus équilibrée. Les sbires de Golias, les Femen et les LGBT vomiront de fureur à cette affirmation, mais ce n’est pas un critère d’impartialité...

    un article ancien du R.P. Bouyer (F.C. nov. 1976 - 13-01-2012) mettait magistralement, par anticipation, quelques pendules à l’heure à propos du sexisme qui serait celui de l’Église... si l’on en croit la voix de la conscience médiatique.
    https://www.france-catholique.fr/Un-sacerdoce-feminin.html

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