ex-Yougoslavie

Encore des tombes orthodoxes profanées au Kosovo

lundi 15 juillet 2019

Capture kmnovine.com

Au moins une vingtaine de sépultures chrétiennes auraient été vandalisées dans un petit cimetière chrétien enclavé en zone à majorité albanaise. Pour la minorité orthodoxe demeurée au Kosovo depuis l’indépendance unilatérale, le climat reste toujours aussi pesant. Il n’est pas certain néanmoins que ce dossier explosif soit directement abordé lors de la visite en Serbie d’Emmanuel Macron, effectuée ce lundi.

Croix renversées, pierres tombales descellées, caveaux béants… Le petit cimetière orthodoxe de Lipljan, commune située dans le sud de l’agglomération de Pristina, a été la cible d’une attaque profanatrice, révélée dimanche par les services de sécurités kosovars, et dont les résultats ont été photographiéspar un média local. L’identité des auteurs n’a pas été révélée par l’enquête en cours, mais les soupçons pèsent sur des activistes albanais. Les sépultures avaient déjà été vandalisées en décembre 2018. L’OSCE a condamné ce nouveau forfait et son ambassadeur au Kosovo, le Norvégien Jan Braathu, s’est rendu sur place.

Ce mode opératoire, fréquent au Kosovo, vise à intimider et à pousser à l’exil la minorité serbe qui a refusé de quitter le territoire à l’issue de l’indépendance auto-proclamée d’octobre 2008. Cette minorité est estimée à 120.000 individus. 40.000 d’entre eux résideraient à Mitrovica, tandis que les 80.000 autres seraient répartis dans de petites enclaves enchâssées dans des zones kosovares albanaises de tradition musulmane.

La Serbie, pays maudit ?

Reconnue par 105 des 193 États membres de l’ONU (notamment par les États-Unis et la France, mais pas par la Russie) l’indépendance du Kosovo est formellement contestée par la Serbie qui considère cette province comme son berceau depuis la bataille du champ des Merles (1389), où s’affrontèrent les princes chrétiens et les ottomans. Aujourd’hui, la tension demeure toujours aussi vive entre les deux entités. Sitôt connues les profanations de Lipljan, les autorités serbes ont ainsi déclaré que ces actes « montre(nt) que l’idéologie de la haine est omniprésente chez les séparatistes  ».

Alliée historique de la France, notamment durant la Première guerre mondiale, la Serbie s’est retrouvée au ban des nations depuis le conflit en ex-Yougoslavie (1991-2001). Une coalition internationale s’était alors formée sous l’égide de l’OTAN pour bombarder Belgrade et accélérer la chute du régime de Slobodan Milosevic, accusé de purification ethnique.

Le Kosovo, régime mafieux ?

Mais, estiment les observateurs critiques, la juste sanction des exactions serbes commises à l’époque n’aurait pas dû conduire à la légitimation des revendications des Albanais du Kosovo, dirigés par les ex-leaders de l’UCK impliqués dans des crimes de guerre, qui ont fait de cette terre une plate-forme des trafics mafieux les plus divers. Et une zone, perméable au djihadisme, d’où l’on chasse les derniers chrétiens.

Malgré les deux décennies qui se sont écoulées et le constat des dérives à l’œuvre au Kosovo, la méfiance persiste encore entre Paris et Belgrade. Ou du moins le dédain de Paris à l’encontre de la Serbie, comme en témoignent l’humiliante place secondaire accordée par le protocole français au président serbe Aleksandar Vucic lors de la commémoration du 100e anniversaire de l’armistice du 11 novembre 1918, ou l’annulation à la dernière minute de la visite prévue par Emmanuel Macron en décembre dernier. En se rendant lundi en Serbie, le président de la République rend possible la reprise du dialogue, mais celui-ci s’annonce des plus difficiles s’il s’agit de réclamer aux Serbes de nouvelles concessions.

Messages

  • J’ai du mal à évoquer le Kosovo tellement j’avoue ma honte comme française de l’abandon de la Serbie par l’ Etat français indigne. Quand j’ai appris que cet état avait participé au bombardement de Belgrade, j’ai compris qu’il entraînait notre malheureux pays dans le déshonneur le plus total et la perte de son identité. Reconnaissons que Mitterrand n’aurait jamais participé à cela et je luis en sais grée malgré mon opposition à sa politique, il avait donc gardé une mémoire à l’opposé de tous les hommes "politiques" sans âme et sans passé dont nous sommes gratifiés depuis tant de décennies...
    On avait cru vivre le pire mais non nous dûmes subir encore la honte le 11 novembre quand Macron humilia la Serbie en honorant le délégué kosovar alors que les serbes qui se battirent à nos côtés furent relégués au second rang. Honte Honte et Pardon au peuple serbe pour tant de "saloperies" !!!
    Mais les serbes qui n’oublient rien ni leur amitié ni les avanies savent dans quel état est réduite la France par ses dirigeants : on vit même les kosovars s’emparer des Invalides et en faire une mosquée !! alors tout se tient, n’y-a-t-il pas en France des Kosovos ? nul doute que le soutien à cet état maffieux et inquiétant est loin d’être une inconséquence mais une volonté délibérée, on sait ainsi quel est le modèle de nos dirigeants et ce qu’ils veulent faire de ce qui s’appelait jadis la France...
    La manière dont l’information concernant les Balkans est traitée par nos têtes à claques médiatiques depuis le début en dit long sur la propagande officielle et les radios d’état, on en rirait presque quand on entend nos scribouillards se dresser contre "les fake news"....
    Les serbes ne comprenaient pas que la France, leur soeur, aient pu les abandonner, ils doivent comprendre maintenant qu’en fait, elle-même est abandonnée par ses dirigeants depuis quarante ans ainsi que par une partie de "français reniés" complètement décérébrés et à qui on fait perdre la mémoire. Je pense qu’ils l’ont compris quand ils ont vu l’avenue des champs-élysées un 14 juillet envahie par des milliers de drapeaux étrangers qui se dressaient face au soldat inconnu et son drapeau tricolore bien seul. Sans doute ont-ils posé la question, est-ce le peuple français ? oui, chers serbes, c’est la France d’aujourd’hui à qui il faudra changer le nom pourquoi pas Le Kosovo occidental ? où les invalides deviennent une mosquée et ou certains envisagent de faire de Notre dame un temple oecuménique ...Bref, la guerre contre l’ Europe orthodoxe continue dans l’Europe latine

  • @ Patricia Lambert
    Si encore le drapeau tricolore était « bien seul », ce ne serait que demi-mal.
    Non, il est désormais mis en minorité et en tutelle. Il n’est plus désormais toléré sur les édifices publics qu’accompagné d’un ou plusieurs exemplaires de cet horrible chiffon étoilé qui signe la domination des nouveaux maîtres d’un royaume exproprié.

    La mésaventure tragique du peuple Serbe, dépossédé de son berceau historique au nom d’intérêts étrangers (ceux de l’Alliance atlantique), devrait faire réfléchir le peuple Français. Rien ni personne, hormis eux-mêmes, ne peut les préserver des appétits carnassiers qui ont entrepris de réduire à néant la souveraineté de ce qui fut naguère une grande nation (sa place enviée et jalousée au Conseil de Sécurité et sa force de frappe nucléaire en seront bientôt les dernières traces archéologiques bradées en échange de quelques sinécure profitant à des technocrates avides et sans scrupules).
    La profanation des sépultures orthodoxes du Kossovo procède du même état d’esprit que la profanation des tombes chrétiennes en France. C’est la mémoire d’un peuple et ses racines qui sont visées et bafouées. Tout cela dans un honteux silence médiatique complice (celui des collabos qui de tous temps ont frayé avec l’occupant, quel qu’il soit, du clan des Yes ou du clan des Ja...).

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