Effondrement de la spiritualité

par Gérard Leclerc

mardi 26 avril 2016

Qui s’indigne aujourd’hui publiquement contre le matérialisme ambiant et ce qu’il appelle carrément « un effondrement de la spiritualité » ? Eh bien, c’est Michel Onfray, auteur d’un traité d’athéologie qui fut un best-seller et dont le propos est de penser de façon cohérente l’absence de Dieu en ce monde. Bien sûr, il peut y avoir des spiritualités de type humaniste. Albert Camus, dont Michel Onfray est l’ardent admirateur, est sans doute un modèle en ce sens là. Mais on ne trouve pas chez l’auteur de L’homme révolté la charge anti-chrétienne à laquelle Michel Onfray nous avait habitués. Il ne faut d’ailleurs pas exclure la possibilité d’une évolution intellectuelle de sa part, lui dont le positionnement idéologique a considérablement bougé ces derniers temps.

Toujours est-il que dans un débat publié au Figaro d’hier, Michel Onfray s’oppose à Luc Ferry à propos de notre modèle de civilisation. Luc Ferry se range du côté d’un progressisme libéral, qui escompte le meilleur possible des transformations actuelles, à condition que l’État joue à plein son rôle régulateur. Michel Onfray, lui, est en réaction contre ce progressisme, dont il dénonce les effets destructeurs. Là encore il se rapprocherait de Camus qui déclarait, à Stockholm, qu’il préférait conserver notre capital d’humanité plutôt que de se lancer dans une entreprise révolutionnaire.

Le débat est heureusement équilibré, chacun répondant courtoisement à l’autre. Luc Ferry rappelle les bienfaits d’un système qui concilie liberté et protection sociale. Michel Onfray est beaucoup plus sensible aux effets négatifs d’une mondialisation économique. Mais surtout il insiste : « Le frigidaire, la télévision, l’ordinateur et le portable sont-ils vraiment les instruments de mesure d’une civilisation ? À l’heure du consumérisme généralisé, on constate un effondrement de la spiritualité parce que le marché fait la loi, toute la loi. » On pourrait ajouter que c’est notre vieille Europe qui connaît aujourd’hui dans le monde le plus grand recul religieux. Une enquête d’un institut américain citée par La Croix fait état d’une progression spectaculaire de l’islam à l’horizon 2050 et d’une progression plus modérée du christianisme à l’échelle mondiale. C’est donc que la spiritualité est une donnée du présent et du futur. Pourquoi l’Europe se distingue-t-elle par un pareil effondrement spirituel ?

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 26 avril 2016.

Messages

  • Pour comprendre cet effondrement spirituel - de fait circonscrit à l’ Europe Occidentale, il convient de noter l’apparition, dans les années 1960, épicentre des "30 glorieuses", de "la nouvelle bourgeoisie du tertiaire" et son idéologie libéralo-radicale de type individualiste, rationaliste et hédoniste. Le slogan de mai 1968, "l’interdit d’interdire" visant opportunément et adroitement les moeurs individuelles avait en fait d’autres ambitions - d’ ordre économique, celles-là ! - : celle de livrer la beauté, la majesté de la vie et l’être humain lui-même à l’écœurante vulgarité d’une finance faisant fi de toutes les règles et de tous les principes de sagesse et de précaution, dusse la Nature en être blessée et les plus fragiles massacrés !

  • De quoi parle-t-on ?

    Des populations de culture chrétienne (ou post-chrétienne), islamique, bouddhiste...? Ou bien de fidèles et de croyants ?

    Prenons l’exemple de la France ? Combien de chrétiens ou de catholiques ? La statistique change complètement selon qu’on parle des pratiquants réguliers, occasionnels ou bien des gens qui se déclarent chrétiens sans pour autant pratiquer un culte...

    Evidemment, si l’on raisonne en termes démographiques, on peut alors faire évoluer les courbes, et généralement ce type de prédiction est démenti par l’histoire...

    Parlons religion, alors...

    Les sociétés islamiques nous impressionnent car elles tiennent debout par le carcan de moeurs très contraignantes, le plus spectaculaire étant le voile pour les femmes. Est-ce qu’il y a plus de foi que chez nous ? On peut en douter d’autant plus qu’il n’y a pas besoin d’être croyant au sens où on l’entend dans le christianisme pour être musulman...On va à la mosquée comme autrefois on se croyait ou on se trouvait obligé de se montrer à la messe pour faire comme tout le monde...Et le ramadan, pour la plus grande partie des musulmans, n’a qu’un très lointain rapport avec l’ascèse spirituelle recherchée dans le carême...Le souci principal ce sont les provisions et les recettes pour la rupture du jeûne. Voir les gondoles de nos supermarchés de banlieue...La fréquentation des mosquées reste élevée en Europe parce que la communauté continue d’exercer une forte contrainte sociale sur ses membres et que le phénomène est encore amplifié par le manque d’intégration des musulmans dans la société environnante. C’est l’entre-soi rassurant et sécurisant.

    En Russie, l’Eglise orthodoxe est de retour comme soutien de l’Etat. Est-ce qu’il y a plus de gens dans les églises que chez nous ? Non. A tout casser, 7 millions de Russes sur 150 pour la liturgie pascale, la plus grande de l’année...Moins de 5% (chiffres de la police). On est très loin des 120 ou 130 millions d’orthodoxes russes mis en avant pour justifier le poids de l’Eglise moscovite dont une bonne part est constituée de fidèles ukrainiens, en plus...

    Quant à nous, il ne faut pas être grand clerc pour savoir à quoi les populations rendent un culte...Un ami qui rentre juste de Berlin me dit qu’il a été étonné du nombre et du luxe des centres commerciaux, nouveaux temples de la capitale...

    Un autre qui a passé ses vacances à New York est surpris du comportement étonnamment égoïste des New Yorkais, inattentifs au prochain à un point inconnu même à Paris. New York est la Mecque de l’individu obsédé par sa propre réussite et par sa forme physique...

    Alors, effondrement de la spiritualité ? C’est plutôt qu’on voit tomber les illusions qui nous faisaient prendre une pratique sociale de la religion pour de la spiritualité...Il n’est pas du tout certain qu’il y ait moins de foi et de spiritualité aujourd’hui qu’au 18ème ou au 19ème siècle...

    Ce qui est certain en revanche, c’est qu’il y a aujourd’hui beaucoup moins de moyens et d’opportunité pour permettre aux gens et notamment aux jeunes de trouver le chemin de la foi et de la spiritualité...C’est là que doivent porter les efforts de la mission : l’école de la foi, pour reprendre la juste expression de Jacques Loew.
    Le christianisme n’en est qu’à ses débuts, en fait...

    Jamais autant qu’aujourd’hui (sauf peut-être aux premiers siècles de l’empire romain qui présentent certaines ressemblances avec notre temps) le chrétien n’a-t-il eu la possibilité de vivre sa foi avec une aussi grande liberté de choix et d’engagement, au risque aussi de l’incompréhension, de l’ostracisme ou de la persécution.

    Ce christianisme non moutonnier et anti-conformiste me plaît, à condition qu’il ne se complaise pas dans la minorité identitaire et satisfaite de le rester...Et c’est là qu’on a besoin du bon pasteur François pour nous le rappeler.

    Je renverse la logique du titre de l’article : dans un monde où tout semble s’effondrer, jamais la foi au Christ ne nous a semblé - à de nombreux catholiques- un roc aussi solide...puisque "rien ne pourra jamais nous séparer de l’amour qui est en Jésus-Christ...j’en ai la conviction...rien ne pourra jamais !" (Jean-Paul II, messe du Sacré Coeur, Paray-le-Monial, octobre 1986).

    • Boum, vlam, paf ! Un coup sur les musulmans (*), un coup sur les orthodoxes, un coup sur les démographes. Et crac, pour finir, un coup sur le titre de l’article...

      Nous voila bien loin du débat Ferry-Onfray et de l’intéressant paradoxe incarné par ce dernier.

      Là où l’athéisme militant et ratiocinant n’avait pas réussi à terrasser la spiritualité, le libéralisme économique et sa fille naturelle, la société de consommation, ont montré une plus grande efficacité. La spiritualité elle-même est instrumentalisée et devenue bien de consommation ! (**)

      Le consumérisme tend à anesthésier toute quête spirituelle. La prétendue société de communication enferme en réalité les individus dans des schémas autistes et auto-centrés. Les réseaux sociaux ne sont, dans leur immense majorité des cas, qu’un prétexte à recueillir des "like" égotiques et nombrilistes.
      Pendant que les individus sont littéralement scotchés à leurs appareils multimédias (***), il n’y a plus de place pour aucune interrogation spirituelle ni pour aucune connexion de cet ordre.

      Pour autant, cette croûte superficielle, consommatrice et hédoniste, n’arrive pas toujours à masquer les besoins fondamentaux. La dimension spirituelle est inhérente à la personne. Réprimée ou recouverte de couches épaisses des sédiments pâteux et gluants du consumérisme, elle n’en est pas moins présente dans les profondeurs.

      C’est sûrement ce qu’Onfray a perçu au travers des contradictions et du malaise de nos sociétés.

      * Le Ramadan, mais que savent-ils donc du Ramadan et de ses pratiquants, leurs détracteurs ?

      ** Voir, par exemple, certaines chaînes qui diffusent en continu des "shows" prétendument charismatiques mais où la sébile et le numéro de compte bancaire sont omniprésents

      *** L’avenir appartiendrait, à en croire la société marchande, à l’interconnectabilité : un monde interconnecté et des appareils "intelligents" qui communiquent entre eux (et bientôt sans l’homme, devenu inutile paramètre parasite ?).
      Un compteur EDF (rebaptisé “Engie”) qui transmet en temps réel la consommation d’énergie « pour mieux répondre à vos besoins » (et surtout ceux des agents de marketing...), des éclairages, des frigos, accessibles depuis “votre” smartphone.
      Bientôt des tubes dentifrice qui communiqueront en toute autonomie avec la brosse à dent, le supermarché, le dentiste, l’assurance maladie et le fisc...

    • Il en est ainsi ! Il n’y a qu’à se référer à je ne sais plus quel endroit du monde où, comme écrit, décrit et signé ici-même, les uns et les autres aspirent à y entrer et y vivre, démocratie surabondante et "high tech" incluse y étant le leitmotiv de ce paradis terrestre. J’écris bien, paradis terrestre.

      En soulignant, s’il m’était permis de le faire, que ce qui est "terrestre" est destiné, nous disent les Ecritures - et la Science elle-même - à disparaitre...

      L’Esprit seul vivifie... ou, vulgairement parlant : fait vivre...(sauf erreur et sous toutes réserves). En m’appuyant seulement sur les Evangiles, épitres de Paul, lettre d’Augustin d’Hippone etc.... et autres babioles...

      Oups, j’oubliais le premier à prouver cette certitude : Le Ressuscité !

      "Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas". Ces paroles qu’Il a traduites en actes.

      Ce sera tout. Incapable que je suis de délivrer une leçon de théologie.
      M’appuyant, pauvre bêtasse, sur la foi du charbonnier.

      MERCI.

    • Si vous voulez un complément de motivation, le voici...

      Ramadan : vous n’avez peut-être pas vécu dans un pays musulman, moi si. Une journée de ramadan, c’est une journée de travail au ralenti et de mauvaise humeur généralisée et, dès le coucher du soleil, le début des grandes bouffes. On se flique l’un l’autre dans le courant de la journée pour s’assurer que personne ne mange ni ne boit quoi que ce soit...De la spiritualité du jeûne ?

      En Arabie séoudite, il y a une police islamique faisant régner l’ordre imposé par le Coran : ce n’est pas spirituel, mais au moins, c’est clair. On ne vous demande pas de croire, mais d’obéir.

      Sur l’Eglise orthodoxe russe, voir le livre de Mme Moniak-Azzopardi. Mais vous allez peut-être trouver le moyen de démentir l’ancien patriarche de Moscou, Alexis, qui déplorait que les églises étaient vides, ainsi que le relève cet auteur...Pas mal de Russes sont rebutés par une Eglise cléricale qui sert de caution au pouvoir, au point que certains préfèrent se convertir dans le catholicisme qui lui, au moins, ne met plus aucune nation sur les autels et ne se pratique pas comme une "ethno-religion" à marquage identitaire... J’en connais. Une ethno-religion, ce n’est pas de la spiritualité. C’est de l’idéologie. D’ailleurs, les Polonais aussi ont le même problème de mutation pour passer d’une Eglise catholique cléricale qui défendait la nation contre le communisme à une Eglise de priants vraiment ouverte sur l’universalité. Le pontificat de Jean-Paul a plutôt contribué à prolonger l’ambivalence...

      Et plus on va vers l’est, plus ce marquage ethnique du christianisme est fort.

      Si évidemment nous cherchons la spiritualité dans des statistiques où elle n’a aucune chance de se trouver, comme Gagarine qui était tout heureux de confirmer que Dieu ne se trouvait pas dans l’espace...

      Ce qui est sûr, c’est que le communisme à l’est et le consumérisme à l’ouest sont parvenus à faire tomber tous les étais qui maintenaient un peu de transcendance dans la vie des gens. il ne reste plus que cérémonies religieuses dont ils ont presque tout oublié de la signification et les enterrements qui rappellent tout de même aux assistants que l’homme est une créature mortelle...

      Alors évidement, quand les gens voient des musulmans se mettre à quatre pattes pour faire leur prière y compris dans la rue, ça les impressionne d’autant plus qu’on a perdu l’habitude de s’agenouiller dans les églises. S’il faut en arriver là pour signifier que "Dieu est Dieu, non de Dieu", c’est que nous devons repartir de très très bas...Ca rappelle l’empire romain, vous dis-je...

    • "Une journée de ramadan" qui est une "journée de travail au ralenti et de mauvaise humeur" et "le début des grandes bouffes"... "les musulmans qui se mettent à quatre pattes..."..."Les orthodoxes qui..."....

      Est-il loin le temps (2015) où on assénait que "l’Islam est providentiel" dans notre pays, le terme "providentiel" ayant, à lui seul, fait l’objet d’une réponse adéquate autant que légitime... Ne revenons pas sur ce qui est passé, les fichiers concernant cet espace parlant d’eux-mêmes....

      Sans aucune intention de venir délivrer un cours sur les Amish, les Born Again et autres "spiritualités" de nos jours, on a eu droit, en terme de consolation et pour dissuader je ne sais plus qui de ne pas revenir à Port Royal, nous avons été gratifiés d’un appréciable, long, non, interminable discours sur les Dames de Port-Royal, Port-Royal et une description par le menu des faits et méfaits du Jansénisme... laquelle description avait totalement occulté le thème en discussion : "le geste prophétique" de François à Lesbos.

      Puisque nous y sommes, et à propos de Port-Royal et de la casuistique de l’époque, il m’en souvient les quelques mots de notre prof’ concernant les gens de la Compagnie de Jésus et "pauvre Blaise" Pascal qui aurait déclaré que, je cite de mémoire et en des termes modernes pour plus de compréhension, les jésuites mériteraient qu’on les emmène dans la rue, et au vu de tout le monde, qu’on leur baisse le slip pour leur asséner une déverrouillée dont ils auraient du mal à s’en remettre.... Ce qui est sûr, c’est que j’étais, parait-il, tombé dans les pour ne me réveiller qu’à l’infirmerie grâce à deux gifles doublées cordialement d’un cordial....

      Mais, suis-je toujours sur le thème "effondrement de la spiritualité" ? Oui, avec des variantes soumises à la stratégie du parasitage...

      En concluant, et je peux légitimement me le permettre, qu’il y en a de nos jours qui ne seraient pas loin de mériter, mais pour d’autres raisons, de subir le sort imaginé par Blaise Pascal contre les jésuites de l’époque...

      Au contraire, y en a un, ici, qui ne cesse - les temps ont bien changé - de se démener en massages laborieux et frictions prolongées de pommade sur le dos de François.

      Mais on ne sait toujours pas si le pape, toute miséricorde qu’il soit, apprécie vraiment la sainte odeur du baume utilisé.

      MERCI.

    • PS

      Erratum : on aura, bien sûr, corrigé le terme de "déverrouillée" à lire : une dérouillée, le "déverrouillé" étant, bien entendu, le "hors sujet".

      En demandant d’excuser ce dérapage involontaire.

      MERCI.

    • Droit de réponse demandé à FC à la suite de ce message qui ne dissimule même pas son caractère injurieux :

      1. Sur le caractère providentiel de l’islam, à défaut de se donner les moyens de critiquer mon propos, ici comme ailleurs, on le dénature...

      Voici ce que j’écrivais sur ce forum à l’occasion de la publication du livre de Pierre Manent sur la "Situation de la France". Il va de soi que je persiste dans l’intégralité de mon analyse...

      ....
      La question de l’islam en France est un enjeu essentiel. Mais si nous ne parvenons pas à appréhender objectivement l’islam, c’est parce qu’il est "LE REFLET DE NOTRE MECONNAISSANCE DE NOUS-MEMES". La question première n’est donc pas l’islam, c’est la République aujourd’hui en vue de demain.

      Pierre Manent ne nous invite pas à un effort d’islamologie...Il est peu question de l’islam et des musulmans dans ce qu’ils sont. Trop peu ? Il faudra y revenir. Le sujet de l’auteur est de philosophie et de philosophie politique : nous connaître nous-mêmes dans notre identité politique. J’aurais presque envie d’écrire en paraphrasant l’exclamation de la vigile pascale : "heureux islam qui nous aura donné l’occasion d’un tel effort de lucidité...".

      C’est en ce sens que je qualifie l’islam en France de providentiel. Et c’est bien pourquoi je fais allusion à la fameuse exclamation de Maurice Clavel ("Dieu est Dieu, nom de Dieu !"), voulant signifier par là la brutalité avec laquelle l’islam, avec des moyens très frustes, nous REVEILLE A LA TRANSCENDANCE...

      Voir le texte complet du commentaire sous l’article :

      http://www.france-catholique.fr/L-eclairage-de-Pierre-Manent.html

      2. Quant au ton injurieux, il suffit à discréditer son auteur, qui est passé du mielleux ou fielleux. Gemayel, il ne faut pas vous mettre dans cet état. Ceci n’est qu’un forum de discussion...Prenez un peu de recul...

      Je constate simplement que mes observations font réagir. Elles sont faites pour ça...Merci au fidèle lecteur !

    • @ 27 avril 17:24 ; 28 avril 23:32

      Puisqu’une fois encore Manent est appelé à la rescousse, le lecteur pourra utilement se reporter au forum qui a débattu de l’ouvrage en question : http://www.france-catholique.fr/L-eclairage-de-Pierre-Manent.html, il y trouvera quelques avis divergeant notablement de l’opinion exprimée ci-dessus...

      L’Islam ne se résume pas à l’Arabie saoudite. Très loin de là, d’ailleurs.

      Ma vie professionnelle m’a amené à côtoyer de très nombreux musulmans, des maghrébins, des Africains de l’Afrique sub-saharienne, des Iraniens, des Irakiens, des Turcs, des Pakistanais et même des musulmans du sud-est asiatique (de toutes conditions sociales, précisons-le). Je ne reconnais en rien les tableaux brossés par Pouzoulet.

      Dénier à tous ces gens la moindre spiritualité au prétexte des contraintes sociales imposant certains ritualismes de surface est le symptôme d’une arrogance qui prétend juger d’un ensemble à partir de cas marginaux. C’est surtout le signe d’une méconnaissance totale de ce que peut être la foi des croyants musulmans. On peut avoir vécu « dans un pays musulman » et n’avoir rien compris du tout aux mœurs intimes de ses habitants.
      C’est ce que font des millions de touristes et ce que faisaient nombre de colons qui se contentaient de plaquer leurs préjugés sur le réel observé.

      Je trouve même particulièrement injuste le jugement caricatural porté sur le Ramadan. J’ai été personnellement invité à des ramadans où l’on pouvait constater l’authenticité de la foi des croyant qui se pliaient à ce qui est tout ce qu’on veut sauf une partie de plaisir (surtout lorsqu’il faut continuer de vaquer à ses occupations professionnelles en journée).

      Pour ce qui est des allégations concernant nos frères orthodoxes, il n’est même pas la peine de relever ces accusations absurdes de manque de transcendance.

      C’est un peu comme si l’on accusait nos propres voisins paroissiens de ne pas atteindre le niveau spirituel de Catherine de Sienne, de la madre Teresa ou celui d’Elisabeth de la Trinité !

      Lui qui les juge, y est-il arrivé ?

    • Je ne nie pas qu’il existe aussi une spiritualité dans l’islam. J’affirme en revanche que cette religion tient d’abord et avant tout par un très puissant contrôle social doublé d’une exclusion de toute liberté de conscience.

      C’est la raison pour laquelle on ne peut absolument pas comparer la pratique de l’islam et celle du christianisme...

    • cf. : 28 avril 23:32

      "Je constate simplement que mes observations font réagir...Elles sont faites pour ça". Eh bien, tant mieux, on l’a voulu : "on" a été servi...
      Que demander de plus...

      A présent, sans miel ni fiel, n’Est-ce pas, il a longtemps quelqu’un mentionnait ici "sa chère Tunisie", en se qualifiant d’"émigré" et il est impossible, à ce titre, d’ignorer le personnage du dénommé ’"Géha" - Goha en Egypte, je crois - bref, celui-là qui correspondrait, chez nous, à je ne sais plus trop qui du village.

      Dans ce petit village donc, il y a des lustres, les femmes arrivaient de bonne heure, la tête élégamment surmontée d’une jarre qui donnait à leur démarche un "chouya" de raffiné et de majestueux. Une fois devant l’unique fontaine, et chacune à son tour recueillant l’eau précieuse, elles profitaient de cette "pause" idéale pour se raconter un tas de petits "secrets". Et tous les matins, la même rencontre se déroulait pareille à celle de la veille. Mais, las, Géha, gentil, toujours prêt à rendre service, souriant, se lamentait intérieurement dans son coin : "Tout le monde parle de monsieur le maire, on évoque la bravoure du gendarme, et que dire des louanges sous lesquelles croule le facteur quand il passe sur son âne pour distribuer le courrier, et que dire, alors, de la maîtresse d’école, si dévouée, qui lisait toutes ces lettres aux intéressés(ées)... Mais qui parle de Géha, se demandait Géha , personne ! Et Géha pleurait en cachette...

      Un beau matin, voila-t-y pas que des cris stridents partent d’une vingtaine de cordes vocales de ces dames attroupées devant la fontaine : il n’y a pas d’eau, pas une seule goutte ! Panique généralisée, et la cuisine, et la vaisselle, et le bain, et la lessive ! Un grand malheur est arrivé ! Le maire flanqué du gendarme calme hurlements et lamentations en indiquant que tout sera fait pour trouver la cause du problème. En effet, les recherches commencent... Longue attente, et c’est vers midi que la réponse arrive : la source avait été fermée à clef ! Mais qui a pu la fermer ? "C’est Géha, il a tout avoué", et de bouche à oreille le "téléphone arabe" fonctionne jusqu’à l’autre bout du village : "C’est Géha qui a fermé la source, il a avoué" ! Les habitants se félicitaient, les femmes envoyaient de joyeux "youyou" vers le ciel. Mais, le plus heureux de tous, c’était Géha ! Oui, lui-même, Géha, car il avait trouvé son bonheur : enfin, on parlait de lui !

      Bon premier mai !

      MERCI.

    • cf. : 30 avril : 21:00

      - Tout à fait d’accord sur le fait que "l’Islam ne se résume pas à l’Arabie saoudite". En plus (et plus loin) :

      - s’agissant de la politique de l’Arabie saoudite pour faire respecter le jeûne du ramadan, telle que décrite, et venir ajouter : "Ce n’est pas spirituel, mais au moins c’est clair", est, en ce qui me concerne, inacceptable. Car c’est simplement UN AVEU D’ADHESION à de tels agissements. C’est surtout cela qui est clair.

      - Moi aussi, je réfute la très regrettable description faite du jeûne du Ramadan.

      - Et quand cette description se termine par : "..."De la spiritualité dans ce jeûne ?" et lire plus loin : "Je ne nie pas qu’il existe aussi une spiritualité dans l’islam"... Sans commentaire...

      - "C’est la raison pour laquelle on ne peut absolument pas comparer la pratique de l’islam et celle du christianisme". Fort bien. Mais cette "comparaison" on est en droit de se demander : elle a été commise par QUI ? OÛ ? QUAND ? COMMENT ?

      "A force de vouloir se justifier faussement on s’embourbe" (proverbe persan).

      MERCI.

      le dicton "A force de vouloir se justifier faussement on s’embourbe".

      MERCI.

  • Je ne connais Michel Onfray que par ricochet à travers le ’’bruit’’ médiatique fait autour de lui et un peu internet et quelques textes épars.

    On peut commenter en faisant une allégorie.

    Á marée basse, quand la mer s’est retirée, ici il s’agit de la marée basse spirituelle, même très basse comme les marées équinoxiales, des poches d’eau apparaissent retenues par les reliefs sous-marins des plages ainsi agrandies. Et bien Michel Onfray serait une belle poche de spiritualité formée par les reliefs devenus visibles à marée spirituelle très basse. Si Michel Onfray a su rester intellectuellement intègre, tant mieux pour lui, de même pour ses lecteurs et ses auditeurs ici décrétinisés pour leur soulagement.
    Sur google, en tapant ce titre de vidéo ci-dessous, on trouve le (ou les) liens d’une vidéo lucide de lui de 15 minutes :

    - Michel Onfray ’’Quand on est assimilé à Hitler, on n’a pas les épaules à 30 ans’’ -

    • cf. : 26 avril 23:00

      Prenant la liberté d’intituler le message référencé : "Parlons peu parlons bien", j’avoue avoir déjà visionné la vidéo proposée... sans en saisir exactement, peut-être, le sens exact. Mais voilà qu’à la lumière de l’"allégorie" : "marée basse et marée haute", je viens de mieux en saisir la portée. Parfaitement, cette vidéo en vaut le clic !

      MERCI.

  • En juillet dernier a été diffusé un message proposant une pause dans les commentaires emprunts d’agressivité. Cette pose a duré entre un et deux mois à la rentrée, puis c’est reparti comme auparavant, avec presque les mêmes rédacteurs.

    Je trouve assez peu charitable cette chasse à l’"auteur" qui consiste à aller chercher des commentaires et les présenter hors contexte.

    Philippe Pouzoulet a des choses intéressantes à dire, sur lesquelles des lecteurs, dont moi, peuvent réfléchir et se faire leur propre opinion librement. Il est désagréable de lire des développements kilométriques qui n’apportent rien sinon des attaques ad hominem (Boum, vlam, paf ! Un coup sur les musulmans (*), un coup sur les orthodoxes, un coup sur les démographes. Et crac, pour finir, un coup sur le titre de l’article...).

    Mais les arguments ad hominem sont utilisés, comme l’explique Schopenhauer, quand "on s’aperçoit que l’adversaire est supérieur et que l’on ne va pas gagner ...".

    R. Descans

    • @ 4 mai 16:39

      Avant d’accuser des contributeurs d’attaques ad hominem, encore faudrait-il savoir de quoi l’on parle exactement.

      Si pour vous un « crac, boum » est une « chasse à l’auteur », une « attaque ad hominem », alors il n’y a plus qu’à tirer l’échelle, ranger les claviers et fermer les forums !

      Je vous propose d’élargir le référentiel et d’aller consulter les deux liens ci-dessous

      http://www.france-catholique.fr/Syrie-la-question-premiere-c-est.html#forum21792 (29 octobre 08:36)

      http://www.france-catholique.fr/Le-pari-reussi-de-Tsipras.html#forum20941

      Vous aurez toute latitude pour vous faire votre propre opinion sur la nature et la qualification des propos qui y sont tenus...

      Quant au mien commentaire (*) figurant à l’adresse suivante, il vous aidera, je l’espère, à remettre les pendules à l’heure et les choses à leur vraie place (il suffira de se référer au contexte auquel il renvoie).

      http://www.france-catholique.fr/La-Russie-et-l-Europe.html#forum20461 (9 juin 23:20)

      Je voudrais tout de même souligner (si vous ne vous en êtes vous même déjà aperçu au long des mois et des semestres) que c’est profondément fatiguant, à la longue, de subir une pollution des débats par une dérive permanente (ce qu’il est d’usage dans la blogosphère de nommer trollisme) sur des thèmes récurrents qui n’ont rien à voir avec le sujet abordé ; ce que mon « Boum, vlam, paf ! » (**) - peu métaphysique, je le confesse - avait pour seule ambition de ponctuer...

      * où l’on constatera que je ne suis pas en contradiction avec Schopenhauer...

      ** pour le coup, commentaire « présent[é] hors contexte » !

    • Depuis que de temps à autre je profite de l’espace d’échange de ce forum catholique (que je ne peux suivre que de façon discontinue pour raison d’activités) ce qui me permet de remercier ceux qui rendent possible ce forum, il est bien compris, au moins en ce qui me concerne, que les croisements de fer répétés entre commentateurs sont stériles et n’apportent rien. Mais on peut comprendre l’exaspération de certains commentateurs devant la défense bec et ongles d’une position confuse à souhait.

      Ceci, en principe bien compris, ne peut donc empêcher (et si cela se pouvait il ne faudrait pas user de cette "possibilité") de s’exprimer le ou les tenants très affichés du libéralisme, ici libéralisme catholique (ou catholicisme libéral ? C’est à peu près pareil ?). Mais libéralisme et catholicisme forment une antinomie irréductible.

      Ainsi, selon les articles ou billets parus, donc lorsque les questions et les problèmes posés en ce forum en toutes sortes de domaines sont passés quasi systématiquement par le même moulinet libéral, cela relève à la longue de la dialectique pour la dialectique. Structuralement, c’est ainsi que procédaient les marxistes jusqu’au néant historique et culturel que l’on connait trop. Avec certains, il se produit le même phénomène avec le libéralisme. On perçoit clairement où cela nous mène...

      Je l’avais dit plusieurs fois dans ce forum. Dans le catholicisme, si le libéralisme est parfaitement légitime, cette politique libérale, cette attitude libérale, se situe naturellement - en aval - de la doctrine catholique. Autrement, telles ou telles idéologies, ici le libéralisme, se placent elles-mêmes au même niveau que la doctrine catholique ; les erreurs et la Vérité sont mélangées pour la pérennité de la confusion. Par image, dans le système solaire, c’est comme si la Terre prétendait prendre la place du Soleil... Mais encore, ces libéraux catholiques devraient se déclarer protestants, ce serait très clair et il y aurait beaucoup moins de malentendus ; et l’on sait bien que la pensée protestante est infiltrée à peu près partout.

      Ainsi, l’idéologie et les critères libéraux (objectivement protestants) dissolvent progressivement la doctrine catholique dont se réclament à tort certains libéraux qui cultivent ainsi la confusion qui se propage crescendo depuis au moins cinquante ans dans l’Église de Rome et ses dépendances.

      Il y a cette déclaration sans bavure d’un catholique libéral influent à l’époque à la suite de Vatican II, le sénateur du Doubs M. Prélot qui déclara ceci :
      ""Nous avons lutté pendant un siècle et demi pour faire prévaloir nos opinions à l’intérieur de l’Église et nous n’y avons pas réussi. Enfin est venu Vatican II et nous avons triomphé. Désormais les thèses et les principes du catholicisme libéral sont définitivement acceptés, et officiellement, par la sainte Église.""
      On ne peut être plus clair !

      Pour ma part, je dis qu’il faut soutenir l’Église de Rome et cultiver en même temps le plus de lucidité possible. En effet, et bien compris que les problèmes ne sont pas nouveaux, le Concile de Vatican II aura, sans la moindre publicité, introduit le cheval de Troie du libéralisme au sein de l’Église au détriment de la lucidité des fidèles et de ceux qui prennent en compte l’attitude de l’Église de Rome.
      L’actualité parle d’elle-même.

    • cf. : 5 mai 21:08
      cf. : 4 mai 20:19

      Partageant les lignes de Renaud sur la position suggérée face à l’Eglise - soutien mais aussi discernement - j’apprécie également la reprise du sujet initial.

      L’intervention de de Coucy a le mérite de remettre des faits dans leur contexte ce qui ne peut que contribuer à une meilleure compréhension des domaines concernés.

      cf. : 4 mai 16:39

      Le message ci-dessus référencé arrivant, par ordre de date, après mes contributions, il n’est que de mon devoir d’y réagir : quand "...on s’aperçoit que l’adversaire est supérieur et que l’on ne va pas gagner" etc... Il ne s’agit ici ni de contredire ni d’établir une évaluation "supérieur"/inférieur, une impression ou un état d’âme n’ayant pas à être discutés ("...je trouve assez peu charitable cette chasse à l’"auteur"...). La volonté de quiconque de voler au secours d’une présumée victime devant être respectée, elle l’est.

      Toutefois, la citation de Schopenhauer incite à se poser la question de savoir de quoi qualifier ce fait, consigné dans cet espace : dénigrer et salir le patronyme d’un contributeur (lequel a, par ailleurs, eu l’élégance et l’intelligence de ne pas répondre à l’insulte). Je m’abstiens de fournir le lien, comme aussi de fournir des "retours" que ce regrettable incident a suscités. Les forums de FC sont répercutés, comme on le sait, sur le web, des réactions d’internautes de divers horizons le sont également...

      Sans autre.

      MERCI.

  • Quel effondrement spirituel de l’Europe ?

    C’est en Europe que l’Esprit est le plus vivant : critiques, remises en question, affrontements des idées, recherches tous azimuth,...

    Car que vaut le christianisme hors d’Europe : toujours marqué par le paganisme et le culte des statuettes, c’est souvent plutôt du vaudou-christianisme ou du animo-christianisme....voire du futbol-christianisme, n’est-ce pas Saint-Père...??!!!

  • @ 4 mai 16:39
    J’avais pris mes distances avec ce forum en raison de sa « captation » permanente par le dénommé Ph. Pouzoulet. La rengaine ne tient pas lieu de démonstration philosophique ou historique. Et une propagande outrancière doit être dénoncée à la hauteur de la mauvaise foi étalée.

    @admin nous parle de développement kilométrique (en réplique) ; c’est de l’humour ? On le renvoie à la tentative puérile de nous faire avaler sur une bonne dizaine de pages, l’essai farfelu de Pierre Manent. Peur que l’on ne sache pas lire ? Ou qu’il nous manque les bonnes références sur la nature de l’islam ?
    Il en va de même de ses affirmations sur l’Ukraine que les derniers développements infirment cruellement. Que Pouzoulet se soit fait moucher sur son obsession anti Poutine n’est que justice.
    Appeler Schopenhauer à la rescousse est inutilement grandiloquent et cuistre pour une telle rectification sans intérêt …

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