Écologie humaine et chrétienne

par Gérard Leclerc

mercredi 17 décembre 2014

La conférence de Lima sur le climat, qui vient de s’achever, ne peut que retenir notre attention, car ce qui relève de l’avenir écologique de notre planète est d’une exceptionnelle gravité. Léguerons-nous à nos enfants un univers irrespirable et des espaces dévastés ? N’avons-nous pas compromis des équilibres vitaux avec des effets qui se répercuteront sur les siècles à venir ? En d’autres termes, l’écologie est un bien commun, qui ne saurait être abandonné à un courant idéologique ou à une formation politique particulière. Les papes Jean-Paul II et Benoît XVI ont déjà développé toute une réflexion théologique à ce propos et leur successeur François élabore en ce moment la première encyclique complète sur le sujet. C’est dire à quel point les chrétiens sont appelés à s’engager et à opérer des choix pour la préservation de la terre, en coopération avec tous les hommes de bonne volonté.

L’écologie est le lieu de débats souvent rudes, elle donne lieu à des élaborations philosophiques, génératrices de difficultés anthropolgiques. Dès lors que c’est l’humanité qui est cause de dommages à l’environnement naturel, elle est en posture d’accusée. Tel est le combat d’une écologie dite profonde que l’on peut qualifier d’anti-humaniste, l’homme étant caractérisé comme un prédateur de la nature. Cela peut aller très loin, avec le déni de la spécificité humaine par rapport au règne animal. Ce type d’excès appelle des mises au point rigoureuses qu’un courant tel que celui de nos amis de l’écologie humaine est particulièrement apte à mener à bien. Mais, en même temps, il ne faut pas se bercer d’illusions. Pour contrer les ravages d’une exploitation forcenée des ressources naturelles, il faudra prendre des mesures énergiques qui modifieront nos modes de vie.

Mais là encore, attention ! Il faut prendre garde que les mesures envisagées ne se retournent pas contre les plus pauvres, auxquels on demandera le plus de sacrifices. Aujourd’hui, par exemple, ce sont les pauvres qui souffrent le plus de restrictions budgétaires qui leur interdisent l’accès à des soins élémentaires de santé. La nouvelle politique de civilisation, dont un Edgar Morin s’est fait le héraut, réclame une mobilisation à l’échelle internationale. Les insuffisances notoires des accords internationaux qui sont intervenus à Lima montrent qu’il faut accéder à des étapes supérieures. L’Église devra soutenir puissamment l’effort de tous pour une terre accueillante et bienveillante à l’égard de tous ses enfants.

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