Doctrine sociale de l’Eglise russe

lundi 1er octobre 2007

En cadeau à tous nos amis internautes (sans condition d’abonnement), le dossier à télécharger "Bienvenue au Patriarche Alexis II" (fichier pdf joint).


À l’occasion de la venue en France du patriarche Alexis, les éditions du Cerf et le Centre Istina publient une traduction des Fondements de la doctrine sociale de l’Église orthodoxe russe. Ce document a été rédigé, à la demande du concile épiscopal de l’Église orthodoxe russe de 1994, par une commission de vingt-six personnes : évêques, prêtres, professeurs des écoles de théologie. Le texte, approuvé le 15 août 2000 par le Concile jubilaire de l’Église orthodoxe russe, réuni en la cathédrale du Christ Sauveur, comprend seize chapitres sur la conception orthodoxe des relations entre l’Église et l’État, de la nation et du droit, du travail et de la propriété, des relations internationales, de l’éthique familiale, des droits de l’homme, de la santé, de la bioéthique, de la culture, des médias, des relations entre science et foi, de l’écologie, de la mondialisation…

Jamais une Église orthodoxe n’avait formulé de façon aussi solennelle ses positions sur un aussi vaste champ de problèmes actuels. L’Église russe, forte de sa douloureuse expérience de persécution, inégalée dans l’histoire, par une idéologie matérialiste, tient un langage convaincu de la dimension avant tout spirituelle de l’homme. Lucides sur les périls du monde moderne, ces Fondements posent néanmoins sur lui un regard optimiste, déclarant dans les premières pages que « le mépris manichéen envers la vie du monde environnant est inacceptable ; la participation du chrétien à cette vie doit se fonder sur la conviction que le monde, la société, l’État, sont l’objet de l’amour de Dieu, parce qu’ils sont destinés à la transfiguration et à la purification selon l’amour prescrit par Dieu » (p. 18-19).

Le point le plus novateur du document est la méfiance exprimée à l’égard du principe national érigé en idéologie : « Les théories qui érigent la nation à la place de Dieu ou réduisent la foi à un aspect de l’identité nationale sont contraires à l’enseignement orthodoxe » (p. 27), mais aussi à l’égard de l’État : « Les chrétiens doivent refuser toute absolutisation du pouvoir, toute méconnaissance des limites de sa valeur strictement terrestre, temporaire et passagère » (p. 33). Le principe du droit à la « désobéissance civile », ou de l’objection de conscience, est pour la première fois affirmé par une Église orthodoxe : « Si l’autorité contraint les chrétiens orthodoxes à renier le Christ et son Église ou à accomplir des œuvres coupables, dangereuses pour l’âme, l’Église doit refuser l’obéissance à l’État » (p. 43).

Les Fondements de la doctrine sociale sont un vibrant appel au témoignage et à l’engagement des chrétiens dans la société contemporaine : « La participation des laïcs orthodoxes à l’activité des organes des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire […] apparaît comme l’une des formes de la mission de l’Église dans la société. Les laïcs peuvent et doivent, en remplissant leurs devoirs de citoyen, participer aux processus électoraux à tous les niveaux et soutenir toute entreprise de l’État éthiquement justifiable » (p. 71).

Un beau chapitre sur le mariage rappelle que « pour le chrétien, le mariage est bien plus qu’un simple contrat juridique ou le moyen de perpétuer l’espèce et de satisfaire aux nécessités temporaires de la nature : il est, selon saint Jean Chrysostome, le ‘sacrement de l’amour’, l’union éternelle des époux dans le Christ » (p. 112). Quant à la famille elle est « en tant qu’Église domestique, un organisme unique, dont les membres vivent et construisent leur relation sur la loi de l’amour » (p. 120).

Précieux pour l’ensemble des prêtres et fidèles orthodoxes, les Fondements de la doctrine sociale de l’Église russe ouvrent aussi de larges perspectives au dialogue entre Églises pour un témoignage commun des chrétiens dans le monde contemporain.

Marc FROMAGER

"Les Fondements de la doctrine sociale de Église orthodoxe russe"
Introduction par le métropolite Cyrille de Smolensk et de Kaliningrad. Traduction du russe par Hyacinthe Destivelle, Alexandre Siniakov et Claire Jounievy, Le Cerf – Istina.

Voir aussi un dossier très complet sur :

http://www.lesmanantsduroi.com

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