Traduit par IsabelleDixième anné

Dixième année

par Robert Royal

jeudi 29 novembre 2018

« La chose catholique - la réalité historique concrète du Catholicisme – est la tradition culturelle la plus riche du monde. Elle est née du judaïsme et, à travers cette parenté spirituelle, rejoint les grandes civilisations anciennes d’Egypte et de Mésopotamie. A ses débuts, elle a affronté, absorbé et redirigé ce qui était alors la société la plus sophistiquée qui soit, la culture gréco-romaine. Quand cette culture est tombée, le catholicisme a préservé ce qu’il a pu et reconstruit le reste au cours des siècles, incorporant de nouvelles influences venues du nord de l’Europe, et du monde entier à la grande époque des explorations. Aujourd’hui, il compte plus d’un milliard d’âmes sur tous les continents. En dépit de ses imperfections bien humaines, il est tout simplement sans pareil ».

D’ici un mois, cela fera exactement dix ans que j’ai écrit ces lignes (en 2008). Je voulais décrire « l’arrière-plan profond » d’où nous démarrions en publiant « The Catholic Thing » (La chose catholique)- et la richesse culturelle que nous espérions transmettre à notre monde contemporain. Les choses étaient déjà assez troublées dans la culture américaine et mondiale, principalement, comme je le pensais à l’époque, parce que la culture contemporaine se croyait très sophistiquée et « ouverte ». Mais –sans parler des avancées en science et technologie- a-t-il jamais existé une culture plus fade, plus étroite, plus narcissique, auto-satisfaite, et ignorante historiquement, appauvrie spirituellement, matérialiste, impulsive, et irréfléchie que la nôtre ?

Quelqu’un pense-t-il que la situation de l’Eglise ou du monde est meilleure, 10 ans plus tard, qu’elle ne l’était le 2 juin 2008 ? A l’époque, nous n’avions pas de mariage homosexuel ; pas de mode « trans » ; une Eglise qui était au clair sur la communion pour les divorcés remariés, et qui n’était pas encore tout à fait considérée comme un groupe haïssable ; les « smart » phones n’avaient pas encore beaucoup effacé l’interaction sociale entre les personnes. Il est presque difficile de se souvenir de ce monde-là.

En dépit de tout cela, nous avons poursuivi la tâche, car renoncer, malgré les obstacles écrasants contre ce que nous essayons de faire, serait capituler face aux multiples formes de barbarie. Ce serait aussi un échec à la fidélité – à la mission d’évangélisation comme à celle de civilisation de l’Eglise.
La culture est une réalité humaine à réformer car, au fond, personne ne la contrôle de la manière dont quelqu’un peut le faire, disons pour un gouvernement ou une entreprise économique. Cependant, la bataille culturelle d’aujourd’hui est centrale, de bien plus grande envergure et plus urgente même que les menaces de guerre ou les problèmes environnementaux. En effet, nous ne serons pas capables de bien faire face à ces autres défis si nous ne commençons pas par savoir qui nous sommes et ce que nous sommes appelés à réaliser dans ce monde.

Nos universités, par exemple, sont devenues a-culturelles – à la limite, anti-culturelles – préférant un facile cliché de mélange de race, classe et genre, à leur tâche traditionnelle de former des jeunes à connaître un peu de ce qu’il y a de mieux dans la pensée et l’enseignement des meilleurs esprits humains. Qui, là-bas, apprend maintenant à raisonner avec soin, et à comprendre les complexités et les paradoxes de la vie humaine ? Ou à écrire, parler et agir avec sagesse ?

Un magasine populaire sophistiqué a publié récemment une liste de vingt-cinq livres classiques qu’il n’est PAS nécessaire de lire, parmi lesquels : la Bible. On n’a pas besoin d’être croyant pour savoir que ceci reflète une automutilation culturelle sans précédent. L’Ancien et le Nouveau testament n’ont pas seulement formé la pensée religieuse, mais aussi l’histoire humaine pendant des millénaires, et dans le monde entier comme aucun autre livre. Ne pas connaître ses histoires et ses enseignements c’est se placer en dehors des principaux appuis de la race humaine.

Il n’y a pas de moyen facile de retourner une civilisation qui semble décidée à se suicider. Mais ceux d’entre nous qui connaissent l’histoire et la culture, savent aussi qu’un petit nombre d’individus – Abraham partant d’Ur en Chaldée avec sa famille, Jésus de Nazareth (un coin perdu de province) rassemblant une simple douzaine d’apôtres – peuvent changer le monde. C’est simplement le cas de personnes qui essayent avec audace d’affronter une crise – un François d’Assise, Dominique Guzman, Thérèse d’Avila, Ignace de Loyola – peuvent réformer et revivifier des cultures entières.

A notre modeste façon, nous avons vu ce qui résultait du fait d’être fidèles à la vérité. Nous avons commencé avec une liste d’adresses mail d’environ 2000 personnes qui avaient suivi le travail de l’institut Foi et Raison, organisme parent de « The Catholic Thing ». Nous n’étions même pas sûrs que ces 2000 personnes seraient intéressées par nos colonnes quotidiennes. Nous avons maintenant plus de 35000 souscripteurs quotidiens et il y a des jours où 50 000 personnes se montrent sur notre site. 23 millions de pages ont été visionnées depuis nos débuts.

Je dois continuer de rappeler aux gens que nous apparaissons aussi dans 5 langues étrangères – français, italien, espagnol, slovaque, portugais, grâce aux relations que nous avons avec des publications à l’étranger. Et nous recevons presque tous les jours de demandes d’autorisations de traductions par d’autres nations. Rien que la semaine dernière, j’ai eu des contacts avec la Biélorussie, l’Argentine, l’Italie – et nous avons reçu des demandes d’endroits comme le Brésil et même le Kazakstan et le Danemark, parmi d’autres.

Et nous ne faisons pas qu’écrire des colonnes. Partiellement en recoupement avec l’EWTN (Parole Eternelle sur la Toile TV) du groupe de presse pontifical, nous avons fourni quotidiennement des reportages sur : le dernier conclave, les canonisations de Jean XXIII et JPII, sur les deux synodes sur la famille, le voyage du pape à Cuba et aux Etats Unis. Et nous allons couvrir le synode des jeunes à l’automne, le synode amazonien sur la possibilité d’avoir des prêtres mariés, les évènements liés à la révision d’Humanae Vitae, et beaucoup d’autres choses.

Pour ces raisons et beaucoup d’autres, Je viens vers vous (seulement deux fois par ans) pour vous demander une aide financière. C’est très facile maintenant de faire un don, par chèque ou carte de crédit. Vous pouvez payer en ligne, cliquez sur www.thecatholicthing.org/donate/ et suivez les instructions ; ou si vous voulez faire un arrangement spécial, écrivez-nous simplement (info@frinstitute.org). Tous les dons sont entièrement déductibles des impôts. J’aimerais que, comme nous approchons de notre dixième anniversaire, le mois prochain soit un moment spécial de réflexion sur notre mission, mais aussi une démonstration particulière de soutien à notre travail. Alors, s’il vous plait, aidez-nous. Il y a encore beaucoup à faire pour « The Catholic Thing ».

Source : https://www.thecatholicthing.org/2018/05/02/decimo-anno/

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