Syndicalisme

Dinosaures

par Joseph THOUVENEL

lundi 29 octobre 2018

Le développement des nouvelles technologies, digitalisation, numérisation, applications diverses bouleversent et bouleverseront le monde du travail. Il sera de plus en plus exceptionnel de faire carrière dans la même entreprise voire dans le même secteur d’activité. Nombre de travailleurs sont susceptibles de passer du statut de salarié à celui d’indépendant ou vice-versa. Indépendance qui dans les faits est souvent virtuelle tant la subordination à un donneur d’ordre reste puissante, c’est par exemple le cas des salariés d’UBER.

Au cours de notre vie active, nous pouvons être à notre compte, artisan, commerçant après ou avant avoir été salarié. Quel que soit le cas de figure, un travailleur a des devoirs et des droits, comme celui de percevoir une retraite décente à la fin de sa carrière.

Face à ces réalités, les structures syndicales semblent figées en un modèle immuable. Il ne suffit pas de se revendiquer comme «  force de progrès  », encore faut-il savoir évoluer pour répondre aux besoins du pays et des travailleurs quelle que soit leur condition.

Nos syndicats sont toujours très largement structurés comme à la fin du XIXe siècle quand nous retrouvâmes la liberté d’association bannie par le législateur sous la Révolution.

Il est urgent de reconsidérer les missions syndicales en s’appuyant sur la notion chrétienne du travail. Travailler c’est participer à l’œuvre commune, être co-créateur, par son travail l’on grandit en dignité, et ce quel que soit son statut, salarié, indépendant, profession libérale, artisan et même parent.
Celui et plus souvent celle qui fait le choix d’élever ses enfants travaille, activité insuffisamment reconnue quand elle n’est pas tout simplement nié.
C’est l’ensemble des travailleurs que les organisations syndicales ont pour vocation de représenter alors que fréquemment recroquevillés sur des a priori idéologiques et obnubilés par le fonctionnement de leur structure, les syndicats répondent très imparfaitement ou pas du tout à ce qui est pourtant leur mission.

Il paraît que les dinosaures ont disparu faute d’adaptation aux changements de leur époque, nous sommes quelques-uns à considérer que le syndicalisme n’a pas vocation à être inscrit sur la liste des espèces en voie d’extinction, encore faut-il qu’il adapte pratique et organisation au besoin réel des travailleurs. Faute de quoi, les mêmes causes produisant les mêmes effets, nos centrales syndicales disparaîtront, ce qui ne serait une bonne nouvelle pour personne.

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