Dieu guérit-il encore ?

par Gérard Leclerc

vendredi 31 janvier 2020

Monastère Saint Naum, République de Macédoine. Fresque de l’église St Paraskeva représentant Jésus guérissant un paralytique.
© Philippe Lissac / Godong

L’Institut catholique de Paris a fait le plein ces jours-ci pour un colloque sur le thème « Dieu guérit-il encore ? » 450 personnes réunies pour réfléchir sur le sujet, voilà qui marque une évolution de la sensibilité religieuse contemporaine. Il y a quelques décennies, on était sans doute plus préoccupé des engagement sociaux des chrétiens. D’ailleurs, significativement, c’est la catégorie de militant qui était privilégiée dans la culture chrétienne, au point parfois de considérer avec quelque commisération le peuple des paroisses, dont on estimait qu’il n’était pas assez « conscientisé » sur le terrain politique. Peut-être y a-t-il là de quoi alimenter l’historiographie contemporaine, qui s’interroge sur le décrochage de la pratique religieuse dans les années 60.

Il est vrai que ce peuple des paroisses fréquentait les sanctuaires de Lourdes qui répondait à ses attentes les plus personnelles et les plus intimes. Et Lourdes offrait la place d’honneur aux malades, aux infirmes, à tous ceux qui souffrent. La guérison de l’âme et celle du corps s’y trouvaient étroitement associées. Mais c’était un aspect sinon marginal, du moins secondaire de la pastorale officielle d’alors. Il a fallu l’émergence des communautés nouvelles dans la période post-conciliaires pour que l’on se rende compte de l’importance primordiale de la prise en compte de l’humanité en quête de guérison. Certes, on s’est aperçu qu’il y avait nécessité d’un éclairage théologique et spirituel ciblé pour qu’il n’y ait pas de dérapage et de confusion entre les domaines.

Mais n’était-ce pas l’Évangile lui-même qui commandait cette attention ? Jésus n’attirait-il pas les foules dont il avait compassion ? Ses miracles accompagnaient sans cesse sa prédication. Mgr Aupetit, l’archevêque de Paris lui-même ancien médecin, est particulièrement sensible à ce ministère de guérison dont il a découvert la nécessité comme pasteur. Il raconte comment, lorsqu’il se rend dans une paroisse, il est assailli par de multiples demandes de prières et de délivrance. Si l’Église est sacrement du Salut, c’est qu’elle est vouée à venir au secours de tous ceux qui implorent la tendresse de Dieu.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 30 janvier 2020.

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