Des prêtres pour la France

par Gérard Leclerc

lundi 26 juin 2017

Chaque année, la fête des apôtres Pierre et Paul rappelle, avec la célébration des ordinations sacerdotales, l’éprouvant déficit de prêtres dans notre pays. Les statistiques sont implacables, elles interdisent toute interprétation émolliente de la réalité. Depuis la guerre, le nombre de prêtres n’a cessé de baisser dans des proportions qui auraient stupéfié les générations chrétiennes antérieures. Il m’est arrivé, récemment, d’opérer une rapide enquête sur la situation d’un diocèse que j’avais connu autrefois, pour y être né et y avoir passé mes années d’enfance et de jeunesse. J’ai eu le sentiment que la vie ecclésiale s’était comme arrêtée dans les années soixante. Pour un demi-million d’habitants, la population est demeurée à peu près stable. Il y avait encore, à ce moment, environ cinq cents prêtres en activité. Il y en a aujourd’hui une quarantaine dont la moyenne d’âge est avancée. Les dernières ordinations notables datent d’il y a un demi-siècle. Depuis, c’est comme si la vie s’était figée, les rares prêtres ordonnés apparaissant comme d’heureuses exceptions de loin en loin.

Entendons-nous : ce demi-siècle ecclésial n’a pas été sans fidélité, sans ferveur ; les difficultés et les épreuves rencontrées mettent en évidence l’héroïsme de tous ceux et de toutes celles qui ont tenu le choc, en faisant preuve de multiples talents. On note d’ailleurs que parallèlement, le territoire de ces diocèses s’est appauvri économiquement et qu’il appartient à ce qu’on appelle la France périphérique. Politiquement aussi, la situation a évolué. Plutôt à gauche, l’électorat vote aujourd’hui Front national. Les mutations de la géographie humaine ont donc accompagné la sécularisation d’une population, dont le passé fut associé à un héritage spirituel de premier ordre. On ne se défend pas du sentiment que tout à peu près est à reconstruire et qu’il y faudrait l’énergie des premiers apôtres de la Gaule et des évangélisateurs qui n’ont cessé de rechristianiser ce pays depuis ses origines.

Les vocations sont forcément en rapport avec le dynamisme du peuple chrétien. Mais il arrive aussi que l’élan missionnaire doive être renouvelé par de grandes figures, telle celle d’un Ignace de Loyola et d’un saint Vincent de Paul. On constate qu’il existe aujourd’hui des pôles spirituels qui attirent les jeunes gens. La communauté Saint-Martin constitue l’exemple même d’un renouveau propice aux vocations, alors même qu’elle s’enracine dans des terreaux désertés. Il y a d’autres exemples, comme Paris, marqué par l’œuvre de ce refondateur que fut le cardinal Jean-Marie Lustiger. L’heure est moins que jamais au découragement, elle est au réveil des esprits et des cœurs, dans le dynamisme de l’appel du Christ et de la motion de l’Esprit Saint.

Messages

  • Bonsoir monsieur,

    Je vous remercie pour votre article et suis effectivement terriblement affectée par le manque de vocations, dans France chretienne. Cependant, vous ne parlez absolument pas des ordinations de la Fraternité Saint Pierre, qui appartient bien à Notre Très Sainte Eglise, et j’aimerai savoir pourquoi, car chaque année, j’ai lu qu’il y avait un bon nombre d’ordinations sacerdotales dont personne ne parle, et encore moins dans votre article ci dessus.
    Je sais que cette Fraternité est très fidèle à notre très cher Saint Père , le pape François.
    Alors pourquoi ne parlez vous pas de ces ordinations qui ont lieu chaque année et qui sont de plus en plus nombreuses et surtout en nombre croissant ?
    Bien cordialement en union Dans Le Christ.

    Esther

  • Depuis que l’Eglise a abandonné la Sainte Messe, latine et grégorienne, au profit d’une messe protestantisée, les vocations se sont taries. C’est exactement le voeu de Luther qui se réalise : pour détruire l’Eglise, détruire la Messe. C’est pourquoi il faut absolument rétablir la Sainte Messe dans toutes les paroisses.

  • Monsieur Si Nous voulons des vocations,nous devons récupérer des prêtres dans les communautés et les installer dans les campagnes complètement désertes de présence de prêtres Nous savons bien que c’est là loin des vacarmes citadine que les jeunes entendent l’appel de notre Seigneur La campagne est complètement déchristianisée

  • Pour qu’il y ait des prêtres , encore faut-il qu’il y ait des chrétiens !

    Point n’est besoin d’aller inventer de pseudo raisons au parfum sédévacantiste pour expliquer la pénurie de prêtres. Il suffit de consulter les stats de la pratique : 5% (en cubant large) de Français pratiquants !

    Les Centres commerciaux drainent plus de public le dimanche que les églises n’accueillent de fidèles...
    Entre la consommation et le culte rendu au Créateur, beaucoup ont arrêté leur choix depuis longtemps.

    Les prêtres ne jaillissent pas comme ça ex-nihilo ou tout armés sortis de la cuisse de Jupiter (tiens, au fait, çui-là, il est, paraît-il, à l’Élysée !). Non, ils sont issus de la communauté des chrétiens et sont le reflet de la vigueur de la foi de celle-ci...

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