Des bleus au moral

par Gérard LECLERC

lundi 21 juin 2010

L’actualité est plutôt morose ces jours-ci pour nous autres Français ! Je pense aux inondations du Var et bien sûr aux victimes. Je viens d’ailleurs de traverser par deux fois au ralenti le département sinistré et je ne pouvais que me sentir proche de cette population meurtrie par le désastre. Mais il y a aussi cette désagréable affaire Bettencourt qui est en train de prendre une tournure politique. Et puis, comme si nous avions besoin de cela, le naufrage de notre équipe de football en Afrique du sud. Ce sujet, n’est pas le plus important, mais il a valeur symbolique pour le pays, son moral, et peut-être même sa morale. Je ne rapporterai pas les faits qui sont simplement lamentables et témoignent de l’étrange climat qui règne chez les bleus. Il est probable qu’il y a relation directe entre le fiasco de nos représentants au Mondial et le climat qui règne entre joueurs, entre ces mêmes joueurs et leur entraîneur Raymond Domenech. Mais aussi avec le mode de vie et la mentalité qui sont désormais le lot du sport de haut niveau.

C’est pourtant un fait que dans l’imaginaire actuel, les succès, les insuccès, les triomphes ou les effondrements des équipes nationales de football ont une résonance considérable. Des pays entiers s’identifient avec leurs représentants. Une victoire au mondial ressemble à un Austerlitz, une défaite à un Waterloo. On l’a bien vu avec ce qui s’est passé avec le triomphe de notre équipe en 1998 et l’extraordinaire destin d’un Zidane promu au statut de héros national, battant tous les politiques, tous les artistes au palmarès des sondages. L’effet d’un tel événement est politique. On a dit en son temps que Jacques Chirac avait profité de la victoire. Aujourd’hui M. Zapatero, le Premier ministre espagnol serait ravi de rebondir grâce à son équipe considérée comme la meilleure du monde. Et c’est vrai partout, comme en Argentine où Maradona, l’ancien joueur de génie promu entraîneur est une gloire nationale, en dépit des incidents déplorables de sa carrière.

Faut-il se scandaliser d’une telle promotion ? Peut-être pas, après tout ! Moi aussi, j’ai de bons souvenirs de notre belle coupe du monde et j’ai communié à la ferveur commune. Il vaut mieux que les peuples s’affrontent sur le terrain sportif plutôt que sur les champs de bataille. Oui mais, il y a un sérieux problème lorsque les personnages qui sont l’objet d’une telle attention, d’une telle admiration, reflètent des modes de vie plus que discutables, en donnant aux jeunes un exemple déplorable. Pardon d’utiliser encore ces qualificatifs extrêmes. Il y a plus grave que le spectaculaire coup de boule de Zidane lors de la finale du précédent Mondial. Il y a les effets d’une richesse ostentatoire, l’individualisme poussé à ses extrêmes conséquences et qui aboutit d’ailleurs à la dislocation sportive d’une équipe. Gloire et décadence. On en est maintenant aux insultes, au refus collectif de l’entraînement. Et quoi encore ? Demain à la désertion sur le terrain ? Le moral de la France est au plus bas. Il va falloir s’interroger très vite sur la nature du désastre et décider de réformes radicales, parce que décidément, il y a quelque chose de pourri au royaume des Bleus.

Gérard LECLERC

Chronique lue sur Radio Notre-Dame, le 21 juin 2010


Le point de vue décapant de Lorànt Deutsch

http://fr.sports.yahoo.com/fo/pierrotlefoot/article/1267564/

Messages

  • Il n’y pas qu’au royaume des bleus qu’il y a quelque chose de pourri.

    Ce groupe est à l’image de la France et ce qui s’y passe est symptomatique de l’etat de la société française...

    Et j’ai bien peur que ce ne soit que le début des révélations...qui risquent d’être effrayantes et effarantes surtout pour ceux qui refusent de regarder la réalité en face !

    Mais ne nous inquiétons pas,il y aura toujours des beaux esprits pour nous conseiller de regarder ailleurs...et transformer les bourreaux en victimes.

    Mais peut-être que devant l’ampleur du scandale, les politiques s’arrangeront pour l’étouffer... les vacances d’été sont dans une semaine...

    Juste une remarque : pourquoi parlons nous "des bleus" ?

    Il me semblait que les couleurs de la France était tricolores...

    Bonne nuit

    Cordialement

    M.J.

  • On parle des bleus parce qu’ils ont un maillot bleu. Ça me parait aussi simple que ça.

    On appelle l’équipe du Cameroun les Lions alors que le drapeau national ne comporte aucun lion et qu’il y a bien d’autres animaux au Cameroun.

    Alors, vous pouvez toujours dire les bleus-blancs-rouges si ça vous chante, mais on ne verra pas la différence avec les équipes russe, américaine, anglaise, luxembourgeoise, australienne, hollandaises.

    Puisque les couleurs d’un drapeau ne sont pas discriminante, autant utiliser le vocabulaire que tout le monde utilise et comprend.

    On ne va pas se mettre à appeler les Lions du Cameroun le Lions, les girafes, les éléphants, les fourmis, les hérissons et les petites fourmis pour faire plaisir à tous les animaux de l’arche de Noé.

  • Oui, non avons assisté au déroulé d’une de ces BD inédites (parfois noires, parfois roses, ici bleue) que les dessinateurs ne diffusent pas. Schtroumph grognon, Schtroumph pognon le disputaient à Schtroumph gnon, Schtroumph guignon et Schtroumph maquignon.

    Une série pas inspirée du tout et qui, pourtant, a fait couler des hectolitres d’encre et des piscines entières de salive ces jours derniers.

    Ce qui est ahurissant, en cette période précise où des centaines de milliers de personnes s’interrogent sur ce que vont être leurs retraites (de plus en plus aléatoires et minables) dans un contexte où l’emploi est devenu progressivement une denrée rare et de plus en plus mal rétribuée, oui, ce qui est étonnant, c’est de voir une douzaine de guignols surpayés (660 000 euros le mois pour certains !!!!) se livrer sous les caméras à des facéties de midinettes et des comportements de bidasse tire-au-flanc.

    Je viens de noter également quelque chose d’étonnant dans la composition de cette équipe des "Bleus", dite "équipe de France" : 13 joueurs, sur les 24 sélectionnés, appartiennent à des clubs étrangers (Barcelone, Bayern, Real, Arsenal, Manchester, etc.) !

    Comment peut-on parler "d’équipe nationale" dans de telles conditions ?

    Comment peut-on même parler d’équipe alors qu’il s’agit d’un patchwork hétéroclite dont le seul point commun est la tenue bleue (endossée lorsque ces messieurs daignent, en fonction de leurs humeurs, venir sur le terrain) ?

    Selon un des commentateurs, sept des joueurs (de l’équipe "de France") seraient ressortissants de pays africains (je n’ai pas d’info plus précises sur les nationalités respectives). Sur onze, ça fait un ratio plutôt élevé... Comment imaginer que des équipes composées de mercenaires étrangers, même surpayés, puissent avoir un quelconque souci du drapeau ou de l’honneur de la France ?

    Les reproches, à cet égard, adressés tant par les nombreux commentateurs que par des politiques soudainement motivés par une morale du ballon rond sont quelque peu à côté de la plaque. Il est pourtant assez logique de comprendre qu’un ressortissant d’un autre pays soit vraiment peu concerné par "l’honneur du drapeau tricolore" (cet "honneur" qui a permis depuis deux siècles à quelques millions de français d’être livrés en holocaustes sur les champs de bataille ).

    La seule morale de l’histoire a été livrée sur le terrain par les mexicains et par les africains du sud : une rouste, une piquette mémorable. Les montagnes d’or, les arrangements louches et les rodomontades ne suffisent pas à obtenir une victoire sur le terrain.

    Pour être complète, la morale demanderait que la totalité des onze zozos soient définitivement remerciés et pas seulement leur entraîneur. Le président "escarpolette" devrait également être démissionné d’urgence, malgré son intention de se cramponner, ainsi que l’ensemble du collège, tout aussi responsable de la pétaudière - qui l’a élu à cette fonction.

    C’est le système FFF qui est très largement pourri. Si une chirurgie radicale n’est pas réalisée en profondeur dans les hautes instances du foot-ball, les métastases présentes depuis des lustres continueront d’exercer leurs ravages et leur travail de destruction.

    Maintenant, ce que j’en dis... Personnellement, le foot ne m’a jamais ravi ni passionné. Comme disait Henri Salvador, moi c’que j’préfère, c’est la marche à pied !...

Un message, un commentaire ?


Les forums restent ouverts durant 15 jours après la date de publication

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.