Culture de contre-humanité

par Gérard Leclerc

mercredi 29 janvier 2014

Un petit extrait d’un article paru dans Libération sous la plume du psychanalyste Serge Hefez. « Bien plus intéressante dans ses conséquences est la force tranquille avec laquelle notre président déconstruit l’institution matrimoniale, et, par ce processus, désarticule la complémentarité naturalisée et essentialisée des époux et des épouses, des pères et des mères, bref des hommes et des femmes dans notre société. »

Si j’ai retenu ce court extrait, ce n’est pas dans le but de m’attaquer à la personne du président de la République, même si l’article en question le concerne complètement. C’est pour la philosophie qu’il dégage, la conception de la vie et de la société qu’il entend promouvoir. Passons sur le jargon coutumier à cette littérature. Naturalisation, essentialisation, ce sont les termes les plus généralement employés pour désigner, pourfendre ou ridiculiser un certain style, un certain habitus de pensée qui figerait les hommes et les femmes dans des rôles, des attitudes, des comportements stéréotypés et dont le dénominateur commun serait l’enfermement, l’interdiction à la mobilité, si ce n’est à la liberté. Il y aurait énormément à dire sur le sujet, mais je n’ai pas le loisir de tout un discours.

Ce que je retiens pour cette fois c’est la louange — à tort ou à raison — qui s’adresse à un président dont l’exemple personnel conduirait à un dynamitage du mariage et des relations stables, grâce au caractère interchangeable des rôles attribués indifféremment à l’un et l’autre sexe. Donc plus de femmes mariées, une compagne, faut-il dire aussi interchangeable ? Si l’on ajoute à cela le mariage gay qui brouille totalement la grammaire de la conjugalité, on arrive au terme de l’entreprise.

Serge Hefez ajoute sa note d’humour féroce en brocardant le rôle qui serait aboli d’une première dame, enfermée dans la fonction de nounou humanitaire. Regardez du côté de Bernadette ! Et le beau travail est accompli avec le dynamitage de l’éternel féminin, de la fidélité, de la réciprocité, de la promesse, de ce que Gabriel Marcel appelait le vœu de paternité, et aussi la grâce de la maternité. Joli univers explosé, où je ne vois, pour ma part, apparaître que les fleurs vénéneuses du nihilisme. En avant vers la culture de la contre-humanité !

Chronique lue sur radio Notre-Dame le 29 janvier 2014.

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