« Croisade » eucharistique

par Aymeric Pourbaix

jeudi 26 novembre 2020

Première communion et Profession de foi
© P Deliss / GODONG

« Salut, fleur des martyrs  », s’exclamait au XVIe siècle saint Philippe Neri, croisant à Rome les séminaristes du Collège anglais – placé sous le patronage de saint Thomas Becket (notre couverture). Ce qui leur valait un tel honneur était que ces futurs prêtres s’apprêtaient à repartir en Angleterre, en pleine Réforme protestante, alors même que les prêtres catholiques y risquaient leur vie pour célébrer la messe.

Certes, cette époque de grand renouveau dans l’Église, appuyé sur la messe, était à l’exaltation du martyre, chose que nous avons du mal à imaginer aujourd’hui – affaire de sensibilité sans doute.

Mais ce qui nous rapproche de ce temps ancien, c’est le grand ébranlement de la civilisation. Provoqué, alors, par le schisme introduit par Luther et Calvin ; et pour notre XXIe siècle, par le sentiment latent qu’un monde de relative sécurité est en train de s’écrouler sous nos yeux, sous les coups de boutoir d’un virus, conjugué au terrorisme.

Les enfants et l’Eucharistie

Autres temps, autres mœurs. Il y a à peine plus de cent ans, à la veille de la Première Guerre mondiale, qui inaugura le bouleversement majeur de notre modernité, le Congrès eucharistique de Lourdes, en juillet 1914, lance l’idée d’une «  croisade eucharistique  » des enfants – le terme semblera plus tard difficilement audible, et donnera naissance au Mouvement eucharistique des jeunes.

Son esprit était en tout cas de répondre à l’appel du pape Pie X, qui souhaitait ardemment rapprocher les enfants de l’Eucharistie en leur permettant de recevoir la communion eucharistique «  dès l’âge de raison  ». Manière d’emplir l’âme des petits de l’Hostie divine, et de vaincre ainsi le mal par le bien, préparant les générations futures à affronter des temps difficiles. Tout en entraînant, pourquoi pas, leurs aînés dans leur sillage…

La preuve par l’exemple ? La même année, dans La grande pitié des églises de France, un écrivain, plein d’incertitudes sur la foi, se dit remué, lors d’une promenade dans la cathédrale de Reims, en reconnaissant les images saintes de son enfance aux murs de l’édifice : «  Voilà, se réjouit-il, le premier pain spirituel que j’ai mangé, le premier aliment fourni à mon esprit.  » Rien de mieux ancré que la foi de son enfance !

Et lui qui se demande comment protéger les églises de France réalise alors que donner l’Eucharistie à un enfant, «  c’est lui remettre une arme contre la bassesse, une flamme dont ceux qui la possèdent rendent témoignage qu’elle est leur trésor  ».

À notre époque, l’enjeu de la reconstruction spirituelle de la France ne se posera pas autrement : elle passera nécessairement par cette pierre angulaire qu’est la foi en l’Eucharistie, en ce Dieu devenu proche et qui «  réjouit ma jeunesse  », comme le dit le psaume. Ainsi que par le miracle de grâces qu’obtiendra la prière des enfants, comme l’affirmait Notre Dame à Pontmain : «  Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps. Mon fils se laisse toucher.  »

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