Coopération : 25 ans de relations avec le Québec

par Jean Etèvenaux

lundi 30 novembre 2009

Longtemps oubliés par l’ancienne métropole, ceux qu’on appelait autrefois les Canadiens français ont développé, depuis les années 60 et pas seulement à cause du « Vive le Québec libre ! » du général de Gaulle, une nouvelle et forte relation avec l’Hexagone. Raymond Barre, en instituant des rencontres régulières au niveau des Premiers ministres, lui a donné une lisibilité et une régularité qui arrivent à s’exprimer sans que le niveau fédéral canadien y trouve à redire ; est ainsi facilitée la mise en place de politiques communes, non seulement dans le domaine politique, mais aussi dans tout ce qui touche à l’économie et à la culture.

C’est ce que Jean-Pierre Raffarin a rappelé, le dimanche 29 novembre à Lyon, dans un message vidéo à l’attention de Jean Charest, qui préside aux destinées de la Belle Province depuis 2003. L’ancien chef du gouvernement français mettait ainsi en valeur son homologue québécois au moment où, avec huit autres personnalités de son pays, il recevait un doctorat honoris causa d’un des grands organismes universitaires rhônalpins. Le Premier ministre du Québec, esprit brillant et plein d’humour, après avoir noté qu’« une langue et des valeurs communes sont un creuset propice aux affaires », a élargi l’objectif grâce à une « vision attentive à ceux qui sont tentés par le repli ».

Cette préoccupation n’est pas seulement celle des politiques : elle anime toute l’équipe qui, autour du professeur Alain Bideau, son fondateur et délégué général, anime le Centre Jacques Cartier, lequel fête son quart de siècle. Lancé avec l’appui constant du grand scientifique, homme d’affaires et mécène que fut le Dr Charles Mérieux, il a permis de réunir régulièrement, des deux côtés de l’Atlantique, universitaires, entrepreneurs, artistes et responsables de collectivités ou d’organismes publics. Le binôme franco-québécois a vite été étendu, ce qui donne une édition 2009 avec 36 pays représentés. Sur les 650 conférenciers intervenant à Lyon, Saint-Étienne, Grenoble et Chambéry, 350 ne sont pas français et 150 ni québécois ni canadiens. Quant aux 102 partenaires impliqués, ils représentent aussi bien le secteur privé que le monde universitaire ; ce n’est d’ailleurs sans doute pas par hasard si la première destination des étudiants rhônalpins se trouve aujourd’hui au Québec, avec 600 d’entre eux passant au moins une année là-bas.

Dans une palette aux touches aussi variées on ne sera pas surpris de la multiplicité des sujets traités pendant une semaine. On y parle aussi bien de design que de tourisme, de médiation culturelle que de démographie historique, de défis énergétiques que de villes fluviales, de plasturgie que de nanomonde, de formation des personnels de santé que de comportement alimentaire.

Dans la foulée et pour rester près de l’actualité internationale, on remarquera que le Grand Lyon et la Communauté métropolitaine de Montréal ont invité des représentants de grandes métropoles européennes et nord-américaines pour parler des actions territoriales menées et à mener face aux perturbations climatiques actuelles : Copenhague se prépare aussi à Lyon.

J.E.

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