Contre le séparatisme

par Gérard Leclerc

vendredi 2 octobre 2020

© Sébastien Désarmaux / Godong

C’est donc ce vendredi 2 octobre qu’Emmanuel Macron devrait présenter son plan d’action contre non pas le séparatisme mais les séparatismes. Est-ce simple habileté lexicale pour faire passer la potion que certains trouvent plutôt amère ? Car il ne fait pas de doute que la cible visée, c’est le péril islamiste qui entraîne le séparatisme des quartiers perdus de la République. Le chef de l’État donnera les grandes orientations et c’est le duo Gérald Darmanin - Marlène Schiappa qui sera chargé d’élaborer la loi détaillant les mesures concrètes propres à éradiquer le fléau. Est-il possible de s’opposer à cette initiative, alors que déjà François Hollande dénonçait le danger et que Gérard Collomb avait prononcé tout un discours alarmiste sur le sujet, en quittant la place Beauvau ?

Oui, car il y a des objections formulées notamment dans deux pages du Monde daté de ce jour. En dénonçant un péril islamiste omniprésent, ne risque-t-on pas de décourager tous les musulmans de bonne volonté qui ne participent en rien de l’extrémisme islamiste, n’ont comme seul désir que d’être de loyaux citoyens ? Et il est vrai qu’un courant se dessine, même timidement pour défendre une position modérée, où l’on entend « parler du fait religieux de manière posée et constructive ». De ce côté, on déplore vivement que le débat soit écrasé par un Éric Zemmour et une Zineb El Rhazoui qui ont imposé l’idée d’un islam inassimilable.

Certains plaident aussi en faveur de la priorité d’un combat social et d’un renouveau de la politique de la ville pour lutter plus efficacement en faveur de l’intégration des quartiers. Mais, s’il y a lieu d’écouter les raisons des uns et des autres, en donnant leur chance aux plus modérés, est-ce une raison d’ignorer ce qu’il y a d’irréductible dans le danger que la loi contre les séparatismes entend juguler ? La politique de la ville, en dépit des sommes considérables dépensées, a montré ses limites, et l’islamisme constitue une des réalités redoutables de notre temps, à notre échelle et à celle de la planète.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 1er octobre 2020.

Messages

  • - Paradoxalement séparatisme sonne dans nos régions provinciales, basque, bretonne, corse et autres comme une revendication d’autonomie politique datée désormais mais qui fit une accumulation de victimes civiles, dans des violences et des morts suite aux attentats sanglants.

    - Séparatisme religieux sonne encore comme une identification sociale et politique de populations issues de l’immigration et en souffrance ou en renoncement à la citoyenneté française.

    - Séparatisme sonne comme un rejet national d’un vivre ensemble de la diversité des individus dès lors que leur mode de vie diffère du commun et de l’ordinaire des coutumes habituées de la France.

    Le rapport au politique est indéniable mais n’est jamais exclusif.

    D’expérience désormais irréfutable les solutions d’arbitrage autoritaire ne répondent totalement aux solutions possibles pour enrayer ou contenir de telles revendications.

    - Pour preuve l’Etat sut dans nos régions provinciales assouplir des législations nationales exclusives et proposer des réponses adaptées en faveur de la langue, de bilinguisme, de modalités
    économiques qui portent désormais leurs fruits et ont modifié les dispositions grégaires en cours et pu les aménager aux populations.

    - Le dialogue et les débats en interne avec les acteurs socio politiques patentés permirent de corriger le cours de l’histoire passée et entrouvrir des rapports institutionnels et personnels moins absolus et plus réalistes.

    - Dialoguer et pacifier les esprits ont demandé des décennies.

    Associations pacifistes, créations de projets associatifs en faveur des requérants firent l’objet d’hostilité tout d’abord, puis de pondération, puis enfin de seuil de tolérance acquise.

    Les politiques, les familles religieuses, des intellectuels favorables à des correctifs substantiels dans les dispositions législatives ont conduit l’opinion publique vers un modus vivendi actuel que l’on considère désormais irrécusable.
    - Les discours belliqueux, la croisade en faveur d’une res publica omnipotente imposent des recours nouveaux et originaux aujourd’hui.

    L’heure est désormais aux audaces et aux nouveautés au risque de renoncement des certitudes du passé en la matière qui prouvent leurs limites ou pire leur inefficacité.
    Séparatisme suppose un envers au propos.
    - Conjonction-communion-communication-dialogue sont les seules alternatives possibles aux séparatismes lorsque le sujet est brûlant et les réponses manquent pour l’heure !

  • Et "ce qui devait arriva" disait l’autre : la sémantique et la profusion d’ "informations explicatives" se bousculent dans des débats télévisés et autres sur "l’islamisme radical" sans pour autant limiter le nombre des discours sur la covid-19 ; ici comme là le plus souvent des "profanes" s’étripent alors que sur les deux sujets des connaisseurs avérés semblent atteints d’aphonie. Loin d’être anodin, le volet islam des discussions ne saurait être abordé sans faire encourir de sérieuses situations. "Ne sont habilités à parler de l’islam que ceux qui le connaissent vraiment" pouvait-on lire ici il y a quelques années. Cette assertion est, plus que jamais, à prendre en considération car, parler de "charia", "voile islamique", "sourate", "islam politique", "salafisme" etc... ne relève souvent d’aucune connaissance approfondie du sujet.

    On ne saurait parcourir le Coran comme on feuilletterait n’importe quel album ou roman tant le contenu couvre, on pourrait dire, presque absolument tout ce qui relève du sociétal, du politique, de la doctrine et de la théologie.

    Sur un autre plan, nul ne pourrait nier la richesse de la langue arabe et en d’en fournir l’étude au niveau d’une spécialisation utile, nécessaire et adéquate. Cependant, avant d’entreprendre l’enseignement d’une langue étrangère dans les écoles, il serait bienvenu d’assurer l’aptitude à tous les élèves de 6e de parler et d’écrire en français. En France, la primauté et la beauté de la langue française ne sauraient d’être mises sous le boisseau.

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