Conférences de carême à Notre-Dame : retour aux sources

propos recueillis par Frédéric Aimard

dimanche 3 mars 2019

À partir du 10 mars, chaque dimanche, le père Guillaume de Menthière prononcera une conférence à Notre-Dame de Paris, à 16 h 30, suivie de l’adoration du Saint-Sacrement à 17 h15, des vêpres à 17 h 45, de la messe à 18 h 30. Renouant ainsi avec une auguste tradition...

Nous nous réjouissons du retour aux grandes conférences par un seul prêtre, comme celles du père Joseph Verlinde (le dernier qui fit des conférences de Carême un événement social), celles de notre très aimé père Bernard Bro, du père Ambroise-Marie Carré, du père Marie-Albert Janvier dont les auditeurs ne se lassèrent pas durant 22 ans, et bien sûr de Lacordaire…

Guillaume de Men­thière : Merci. Il ne me reste plus qu’à me «  proportionner  », pour parler comme Claudel…

D’après les thèmes très généraux que suggèrent vos titres, n’est-on pas plus dans la prédication classique que dans la conférence ?

Le plus difficile est en effet de définir le «  genre littéraire  » convenable pour ces interventions à Notre-Dame. Ces quinze dernières années, le style était plutôt conférence universitaire de très haut niveau. L’archevêque de Paris Michel Aupetit a souhaité renouer avec de la prédication populaire, de la catéchèse pour adultes. Le cahier des charges que j’ai reçu est donc à la fois simple et très exigeant : parler de Jésus ! C’est le kérygme – c’est-à-dire le cri retentissant de la Bonne Nouvelle­ – qui doit résonner sous les voûtes de la cathédrale.

Outre Lacordaire, le maître, j’ai lu ce qu’avait fait un grand prédicateur, trop oublié, le père Henry Pinard de la Boullaye, s.j., dans les années 1930. J’ai même écouté sur un vieux 33 tours des prédications de Mgr  Georges Chevrot dans l’immédiat après guerre. C’est admirable, mais il est impensable de prêcher de la sorte de nos jours. C’est un peu comme lorsqu’on écoute les «  actualités  » filmées de l’époque : c’est du très bon français mais le ton du «  speaker  » nous paraît inaudible… Le prêtre en paroisse que je suis sait bien la difficulté de rester compréhensible par un grand nombre et de susciter l’intérêt… Les procédés rhétoriques, les envolées littéraires – et j’aime la belle langue ! – doivent rester au service de la catéchèse…

Quel est le fil conducteur de vos conférences ? Ce sont manifestement des thèmes très classiques. En quoi avez-vous tenté de les renouveler ?

À vrai dire, dans les directives qui me furent adressées on me demandait de parler de la Résurrection, des Écritures, de la Messe, des fins dernières, de l’Église… Je me suis dans un premier temps retrouvé assez désemparé, comme un enfant devant son tas de Légos… Puis il m’est assez vite apparu que le récit des Pèlerins d’Emmaüs fournissait un cadre cohérent pour accrocher chacun de ces sujets. J’ai donc choisi comme fil conducteur le récit de saint Luc. Rien de très original. Vous me direz qu’ils ont les galoches usées, ces pauvres disciples, depuis le temps qu’on les fait marcher. Mais justement, lorsqu’un texte est usé jusqu’à la corde, il suffit de pincer cette corde pour que la Parole produise mille sons nouveaux et inattendus.

Retrouver l’intégralité de l’entretien dans notre magazine.

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Photo : © Michel Pourny

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https://www.paris.catholique.fr/-conferences-2019-.html

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