Colette Kessler

lundi 4 mai 2009

Nous apprenons que Colette Kessler, grande figure du dialogue judéo-chrétien, s’est éteinte le 3 mai, à l’âge de 80 ans.

Colette Kessler, née en 1928, a consacré toute sa vie au judaïsme, qu’elle n’a cessé d’étudier et d’enseigner.

Diplômée de l’Institut International d’Études Hébraïques, elle a été directrice des cours d’enseignement religieux à l’Union Libérale Israélite, puis au Mouvement Juif Libéral de France jusqu’à sa retraite en 1988. Elle fut également, de 1976 à 1988, professeur de judaïsme au SIDIC (Service d’Information et de Documentation sur le Judaïsme pour les Chrétiens).

C’est sa vocation d’enseignante du judaïsme qui l’amena à se mettre à l’écoute du renouveau d’intérêt du monde chrétien pour l’environnement juif de Jésus, les sources juives du christianisme et le judaïsme dans sa pérennité. Pendant trente ans et surtout depuis sa retraite, elle s’est consacrée totalement au dialogue et au rapprochement judéo-chrétien, notamment au sein de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France (dont elle a été vice-présidente de 1977 à 2008) et d’autres associations interconfessionnelles, par de nombreuses rencontres, des séminaires et des sessions d’études (de manière privilégiée dans des monastères).

Elle s’est intéressée également au dialogue entre juifs et musulmans, ainsi qu’aux relations trilatérales entre fidèles des trois grandes religions monothéistes. Elle s’est efforcée ainsi de promouvoir la compréhension, le dialogue théologique, l’entente et la coopération entre les communautés religieuses que des malentendus et des conflits tragiques ont trop longtemps
séparées et opposées.

En 2004, elle publie L’éclair de la rencontre. Juifs et chrétiens : ensemble témoins de Dieu, (éd. Paroles et Silence, 2004), récompensé par le Prix des écrivains croyants.

Dans cet ouvrage, elle a choisi de soumettre au lecteur, de manière thématique, un certain nombre de textes, reflétant la perception intime qu’elle a, en tant que juive, de la rencontre entre ces " témoins de Dieu " que sont juifs et chrétiens.

Vous trouverez, en pièce jointe, son témoignage publié dans l’ouvrage de Bernard Dupuy « Quarante ans d’études sur Israêl » paru chez Parole et Silence en octobre 2008.

Marie de Place

Messages

  • Hommage du judaïsme sioniste traditionnel et adepte du dialogue judéo-chrétien ( www.yerouchalmi.com et ses 9500 membres )

    Colette Kessler est décédée dimanche 3 mai 2009, 9 iyar 5769 à la suite d’une chute qui a entraîné une hémorragie crânienne fatale. Pour les membres actifs de la Communauté Juive, il est inutile de rappeler qui elle était. Pour les autres ou pour les plus jeunes, rappelons qu’après la guerre, bouleversée d’« être encore vivante », elle fut saisie par une nécessité d’approfondir « le mystère d’Israël dans sa pérennité, envers et contre tout » à l’Institut international d’études hébraïques où la marquèrent Edmond Fleg, Jules Isaac, Martin Buber, Franz Rozensweig ou le Rabbin Zaoui. Dès 1950, elle enseigna aux enfants puis aux adultes de la synagogue de la rue Copernic mais surtout sut à cette occasion redonner du prestige au Talmud-Torah à l’échelon national. Elle développa le MJLF dès la fin des années 70 ; avec une poignée de familles, elle y apporta ses compétences et sa passion.

    Un beau jour des années soixante, émue par une pièce sur Anne Frank jouée dans une école catholique conseillée par elle, Colette "commenca à percevoir la demande chrétienne de connaissance du judaïsme". Elle rencontra sœur Myriam des diaconesses, le Pasteur Leplay, sœur Marie Louise, du Service d’information et de documentation sur le judaïsme ou encore le père Bernard Dupuy. "Semblables et différents, nous osions ensemble nous interroger sur le texte du Tanakh (Bible hébraïque) et du Nouveau Testament, entrevoyant le secret de ces deux voies issues de la Bible dont D. ieu seul détient le mystère de l’unité". Elle aimait à souligner que lorsque fut fondée l’Amitié judéo-chrétienne en 1948, les textes précisaient : « La rencontre entre juifs et chrétiens ne doit pas amener à la conversion, mais à l’estime et au respect. »

    Colette Kessler fut une sioniste "quel que soit le mode d’engagement de chacun de nous, religieux ou pas, nous reconnaissons la valeur pour le peuple juif, dans ce que j’appellerais le projet du Salut, de l’existence d’un Etat juif sur la terre d’Israël", mais elle entendait garder ses capacités critiques à l’égard d’Israël.

    Elle écrivit plusieurs ouvrages, des centaines d’articles sur la pédagogie du judaïsme ou sur l’interreligieux. Malgré sa terrible maladie, elle restait accessible pour ses conseils et sa réflexion incomparables. Avec son mari, Paul, elle a construit une famille juive authentique et exemplaire : ses trois enfants, Anne, David et Emmanuel, ses gendre et belles-filles, ses neuf petits enfants, ont reçu d’elle lumière et amour.

    C’est peu de dire que, sur notre chemin communautaire, elle nous manquera désormais, mais tout ce qu’elle nous a prodigué subsistera. Zekher Tsadeket Livrakha. Puisse son souvenir de sainte nous être une bénédiction.

    Yerouchalmi s’associe au deuil de la famille de Colette Kessler, dont il salue la contribution inestimable à l’éducation juive et au dialogue judéo-chretien.

    Voir en ligne : Hommage à Colette Kessler

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