Chine : persécutions d’hier
et d’aujourd’hui

par G. B.

vendredi 10 juin 2022

Le Père Augustin Zhao Rong (au centre), mort en prison en 1815, fait partie des 120 martyrs de Chine. Vitrail de la paroisse Saint-André-Kim-Taegon de Bocaue, aux Philippines.

C’est une canonisation atypique à laquelle a procédé Jean-Paul II le 1er octobre 2000 à Rome. Celle de 120 martyrs, de toutes les époques, de toutes les origines et de toutes les conditions, mis à mort en Chine entre 1648 et 1930 en raison de leur foi chrétienne : parmi eux, sept évêques, vingt-trois prêtres, des religieuses, des catéchistes, des séminaristes et des laïcs.

La dimension politique de ce geste était transparente : le pape polonais, au-delà des vertus héroïques des nouveaux saints, voulait aussi rappeler que, depuis son évangélisation au XVIIe siècle, la Chine a été le théâtre d’épisodes glorieux de l’histoire du christianisme. Les autorités communistes avaient alors répliqué avec la plus grande hostilité, estimant que les martyrs canonisés n’étaient que des agents ou des complices de l’impérialisme occidental. En témoignait à leurs yeux le choix de la date de la cérémonie : 1er octobre, fête de sainte Thérèse de Lisieux, patronne des missions. 

Victimes du communisme

À ces martyrs des siècles passés s’ajoute la cohorte des persécutés du communisme, version maoïste. Ceux des heures abominables de la Révolution culturelle, mais aussi ceux du temps présent. La Chine occupe ainsi la 17e place à l’index 2022 des persécutions des chrétiens dans le monde, établi par l’ONG Portes Ouvertes. Un millier de personnes y auraient été détenues en 2021 en raison de leur foi chrétienne. 60 % des 5 100 lieux de cultes fermés ou détruits cette même année sur la planète seraient chinois. Les arrestations se poursuivent : un évêque – Mgr Joseph Zhang Weizhu –, 7 prêtres et 10 séminaristes ont ainsi été interpellés le 21 mai 2021 à Xinxiang. Et depuis janvier 2022, au moins 10 prêtres du diocèse de Baoding auraient été interpellés.

Des rumeurs persistantes font également état de l’existence de camps de rééducation secrets. En avril 2021, Radio Free Asia a ainsi rapporté le témoignage d’un fidèle d’une «  église domestique  » protestante, incarcéré durant dix mois en 2018 dans une cellule sans fenêtre, battu, insulté et menacé. Son cas n’est pas isolé.

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