Cent Molenbeek ?

par Gérard Leclerc

jeudi 31 mars 2016

Est-il vrai qu’une centaine de quartiers en France présentent des similitudes avec Molenbeek, cette commune de l’agglomération bruxelloise devenue tristement célèbre pour avoir abrité les responsables des attentats de la capitale belge ? Et aussi de Paris. C’est Patrick Kanner, notre ministre de la ville, qui avance cette proposition. Et cela fait plus que débat. Il faut écarter tout de suite une objection de type moral. Désigner certains quartiers comme viviers de trafics et de réseaux djihadistes, ce n’est pas stigmatiser toute la population qui y réside. C’est constater qu’il y a, souvent au détriment des habitants qui subissent, des zones de non-droit, où la police peine à combattre la délinquance et le trafic de drogue. Comme à Molenbeek, force est de constater que la propagation d’un islam radical est liée à la dégradation des normes de la vie sociale.

Encore une fois, il ne s’agit pas d’établir une équation brutale et injuste entre l’immigration musulmane et les phénomènes dénoncés. Mais il y a bien une question de l’immigration incontrôlée, qui se combine avec la crise économique et le chômage massif des quartiers perdus de la République. De son côté, Angela Merkel a fait un pari risqué, en admettant en Allemagne, pour 2015, plus d’un million de migrants. Mais ce pari répond à une demande de main d’œuvre dans un pays prospère. Prospère quoi qu’en pleine décélération démographique. Angela Merkel assume le contrecoup de sa générosité en fait de désaveu de l’opinion, en vertu de deux présupposés. Le premier, c’est que le dynamisme économique aura raison des récriminations et des craintes. Le second présupposé, c’est que l’Allemagne actuelle a suffisamment de ressources internes pour intégrer les nouveaux venus, qui adopteront progressivement sa culture et ses mœurs.

Ce qui est sûr, c’est que la seule générosité ne suffit pas en soi à résoudre des difficultés aussi considérables. Il y faut une détermination totale, ainsi que la mobilisation de tous les moyens utiles à l’intégration nécessaire des nouveaux venus. Faute d’un dynamisme supérieur, ce sont les forces contraires de la dissociation, de la misère, de la propagande extrémiste, notamment djihadiste, qui risquent de prendre le dessus, nous entraînant dans une crise, sans fin prévisible.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 31 mars 2016.

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