Castro : disparition d’un astre mort

par Denis Lensel

dimanche 27 novembre 2016

Avec la mort physique de Fidel Castro, on assiste à la disparition d’un astre mort de la géopolitique mondiale. Le dictateur barbu avait quitté la scène publique en 2006, laissant son frère Raul assurer l’interim de ce régime national-communiste en cours de délitement et d’assouplissement - ou d’assoupissement – relatif. Pendant près d’un demi-siècle, depuis son putsch de 1959, Castro a préservé Cuba des empiètements de l’impérialisme intermittent et maladroit des Etats-Unis. Mais c’est en instaurant une dictature militaire marxiste à la sauce caraïbe, vite inféodée à l’impérialisme permanent et subtil de l’Union soviétique : il a implanté un Goulag local, envoyé son rival Che Guevara se faire tuer en Amérique latine, et organisé une corruption juteuse mâtinée de trafic de drogue.

Dès 1962, l’installation momentanée par Moscou de fusées nucléaires à Cuba a failli provoquer la guerre mondiale. En 1989, l’effondrement du Bloc de l’Est a entraîné le déclin irréversible du régime de La Havane. Cible des États-Unis, Castro va garder longtemps une cote de popularité élevée. En particulier chez les intellectuels de gauche de la planète de Saint-Germain-des-Prés, ce qui n’est pas un label d’efficacité. Ancien élève des Jésuites, le « Comandante » a reçu dans son île les visites successives des Papes Jean-Paul II, Benoît XVI et François, ce qui a permis d’obtenir peu à peu un « modus non moriendi » pour les catholiques de Cuba. Mais cela ne constitue pas à soi seul un label de sainteté.

Messages

  • "La deuxième mort de Castro" aurait évité un pléonasme, sauf que le voilà (Fidel) aussitôt ressuscité, l’espace d’un matin, par les bons offices des media qui lui consacrent des articles par grappes entières, ce qui est toutefois dans la logique des choses. Pourrait-on, par la même occasion, avoir une pieuse pensée pour le dictateur qui aura choisi de partir entre vendredi et samedi, comme pour nous éviter des perturbations dans deux rendez-vous de taille...

    Il n’y a pas que "les intellectuels de gauche de la planète de Saint-Germain-des-Prés" qui auront vu en Fidel Castro la "cible des Etats-Unis", si on se souvient, en effet et entre autres, de la Conférence de Bandoeng des pays "dits" non-alignés. Avec les fusées soviétiques installées sous le nez de l’Oncle Sam, l’épisode de la Baie de Cochons aurait, peut-être été la gâchette du déclenchement d’un conflit avec l’URSS et au-delà. Autrement dit, une illustration de plus du destin de la planète objet d’une partition "à quatre mains", ici jouée par les deux "K" : Kennedy et Kroutchev.

    A y regarder de plus près, Fidel Castro et le "Che", Ernesto Guevara, médecin de formation, n’étaient pas issus d’une classe défavorisée de leurs pays respectifs, comme quoi il est inutile de toujours vouloir asséner, par tous moyens interposés, que, dans l’histoire des heurts et soulèvements contre le pouvoir, c’est invariablement la bataille des "pauvres contre les riches". On pourrait, qui sait, dans certains cas, appeler cela : la révolte de l’humiliation contre l’arrogance... Et aussi parfois le résultat d’une barboteuse tricotée pour servir de base et/ou de prétexte à une quelconque agression. Pourrait-on, sans parti-pris, avancer qu’il semble que la toute-puissance des Etats-Unis appelle toujours à se dénicher un ennemi à affronter ? Ne serait-on pas en droit de penser qu’à l’annonce de la maladie du "Lider Maximo" voilà que l’ombre d’un autre "dictateur à abattre" se profile : celle de Bachar Al Assad... C’est toujours comme une autre même histoire.

    Que les exilés cubains de "la petite Floride" de Miami " et leurs enfants nés, eux, aux USA "célèbrent la mort de Castro", comme mentionné avec insistance par l’envoyé spécial d’une de nos chaines TV, on pourrait comprendre, encore que..., comme il serait aussi justifié d’admettre que les îliens chez eux pleurent leur "Comandante". Même si on n’est à la place ni des uns ni des autres.

    "Ancien élève des Jésuites, le "Comandante" à reçu dans son île les visites successives des Papes Jean-Paul II, Benoit XVI et François, ce qui a permis d’obtenir peu à peu un "modus non moriendi" pour les catholiques de Cuba. Mais cela ne constitue pas à soi seul un label de sainteté." (!!!)... L’unique fait d’avoir été un ancien élève des Jésuites justifierait-il ces trois déplacements ? Ou bien y aurait-il à travers ces lignes une quelconque insinuation ? Tout le monde ne saurait être Champollion pour s’adonner au décryptage d’hiéroglyphes... Et c’est surtout le "tomber " de l’article : "Mais cela ne constitue pas à soi seul un label de sainteté" qui appelle, non pas la perplexité, mais - et on
    voudra bien l’excuser - un irrépressible éclat de rire !

    Dans quel bénitier Denis Lensel aurait-il trempé sa plume pour achever aussi "religieusement" son article ?

  • Ironie de l’histoire : la disparition d’un autre astre mort survient avec celle de Castro. Je veux parler du chiraquisme.

    La défaite d’Alain Juppé était inscrite dans les scores de dimanche dernier.

    On aurait pu se passer du 2d tour mais celui-ci donne une légitimité encore plus forte à la candidature de François Fillon. Même en Corrèze, dernier bastion du marais chiraco-hollandiste, Fillon talonne Juppé...

    Le radical-socialisme à la Chirac était déjà mort avec les Manif pour tous mais Alain Juppé ne l’a pas compris. Pire, il l’aura méprisé et cela lui aura coûté l’Elysée.

    C’est raté...taubiraté...

    Les centristes vont se trouver devant un choix de MRP : suivre ou bien rater eux aussi le "kairos" qui vient de se produire en votant Macron ou autres Bayrou...L’exemple même du mauvais comportement MRP est donné par Hervé Mariton qui n’a pas su transformer l’essai de la Manif pour tous en dépit de son engagement personnel. On attend un ressaisissement.

    Enfin, les primaires ruinent les calculs d’appareil. Mme Pécresse qui se voyait déjà à Matignon en 2017 pour ensuite se propulser à l’Elysée en 2022, comme Dauphine de Juppé, devra attendre. Elle était bien déconfite hier soir...

    Il est encore trop tôt pour l’affirmer mais on va devoir se demander si les primaires de la droite ne marquent pas le point de retournement d’un cycle idéologique libertaire amorcé en 1970 et préparé par le non au référendum de 2005 puis par la vague des Manifs pour tous.

    A suivre avec attention à présent que les has been ont été sortis du jeu en deux manches. Merci à F. Fillon pour cette première performance inespérée...

    • cf. : 28 novembre 08:04

      La sortie du cadre du sujet, à savoir la disparition du "Lider Maximo", est digne, ici, du dicton "à quelque chose malheur est bon" puisque voilà offerte l’opportunité de remercier vivement le courage de celles et ceux qui n’auront pas attendu le dépouillement définitif des bulletins de vote pour afficher spontanément donc sincèrement leur adhésion à un candidat à la présidence. Comme il est tout aussi impératif que soit comprise la volonté de ceux qui ne confient leur choix électoral que derrière les rideaux, dans l’urne réceptrice des bulletins.

      A noter que notre bon Jean de la Fontaine aura eu bien raison de s’inspirer de proverbes orientaux, souvent Persans, pour clore ses "fables" qui sont réalités , ici, par exemple : "La raison du plus fort est toujours la meilleure".

      A chacun chez soi, euh... pardon : A chacun ses choix.

      Et pour ne "pas jouer aux chochottes", comme aurait dit, entre autres, le maire de Bordeaux. Avec, bien entendu, le respect qui lui est dû.

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