Cash Investigation

par Gérard Leclerc

mercredi 22 mars 2017

Hier soir, sur France 2, le magazine Cash Investigation, présenté par Élise Lucet, entendait expliquer au téléspectateur, comment l’Église catholique avait manœuvré pour dissimuler les scandales de pédophilie en son sein. L’investigation présentée était évidemment à charge, et l’épiscopat français a refusé de participer au débat qui suivait le document, dénonçant des manquements à la déontologie de l’information. Vincent Neymon, responsable de la communication des évêques, a toutefois annoncé qu’il serait tenu compte des faits nouveaux éventuellement révélés. Il est très difficile dans un domaine aussi délicat de trouver l’attitude la plus juste et la plus adéquate. On est en présence de gens qui veulent faire le maximum d’effet en tirant partie d’un scandale.

J’ai, à plusieurs reprises, abordé le sujet ici-même, sans jamais dissimuler sa gravité et la réalité des faits. Comment l’aurais-je pu, alors que je savais combien certaines atteintes à l’enfance par des prêtres avaient été dévastatrices, entraînant des conséquences que ne soupçonnent pas toujours les dénonciateurs d’aujourd’hui ? Mais en même temps, je connais trop bien aussi la logique folle des médias, avec leur rage inquisitoriale. L’attention exclusive portée à l’Église se comprend certes, à cause de la nature d’une institution prescriptrice des commandements et des béatitudes et à cause du caractère particulier du ministère sacré. Mais se concentrer sur le seul clergé, c’est en faire le bouc-émissaire d’une pathologie qui concerne l’ensemble du corps social. Et à l’intérieur de ce corps social, de catégories qui sont sans doute beaucoup plus touchées. Il suffit d’interroger les spécialistes pour le savoir. Mais on se garde bien de le faire.

François Devaux, président de l’association La parole libérée, née de l’affaire Preynat, qui a été associé à l’enquête de Cash Investigation, reconnaît honnêtement dans Télérama qu’il s’agit avant tout pour lui « de faire du bruit, de briser le silence et de distribuer au passage des coups de boule ». De ce point de vue, c’est assez réussi, mais ce n’est pas toujours au service de l’équité. S’il s’agit de briser le silence de l’Église, c’est déjà largement chose faite. J’attends que soit brisé le silence sur la totalité de cette pathologie et de ce drame !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 22 mars 2017.

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