Brexit : Oui à l’Europe

par Dominique Decherf

jeudi 30 juin 2016

Le référendum britannique du 23 juin nous rappelle les raisons pour lesquelles nous devons être bien heureux d’être Européens. Par une ironie de l’histoire, ce sont les électeurs d’Outre-Manche, tardivement et à moitié convertis, qui viennent ranimer la foi des pères fondateurs. Prendre ce vote comme une sanction, une occasion de plus de lamentation, d’auto-flagellation, d’interrogation, serait commettre un lourd contresens.

L’Angleterre – et pas seulement Londres – n’a jamais été plus européenne. Rien à voir avec 1963 lors de la première demande rejetée par le général de Gaulle ou 1975 pour le référendum organisé par les travaillistes ou 1988 sous Margaret Thatcher. L’An-gleterre alors était encore une île. Elle ne l’est plus aujourd’hui non du fait du tunnel sous la Manche mais – il faut bien appeler les choses par leur nom – à cause de l’immigration européenne qui tend à égaler celle en provenance des pays du Commonwealth pour la première fois dans l’histoire. Outre-Manche, on boit désormais plus de café que de thé, de vin que de bière ! Et tout à l’avenant. Dix-sept millions d’électeurs préfèrent leur thé et leur bière mais le fait est là. Ils protestent mais ils n’y changeront rien.

Les Allemands aussi ont changé, et les Français et les Italiens. Les nouveaux venus de l’Est sont en train de changer. L’une des rares paroles profondes dans le débat côté européen est venue du président du Conseil européen, le polonais Donald Tusk, qui a parlé d’un défi de civilisation. On s’est gaussé. On a traité son propos – dont il avait précisé qu’il le tenait en tant qu’historien – d’outrancier. Il mériterait au contraire de voir sa prééminence renforcée au sein du présidium suprême par rapport au président de la Commission, Jean-Claude Jüncker. Car qui nierait qu’il y ait une civilisation européenne ? On n’a rien dit encore quand on a dit cela. On a eu le débat sur les racines. Passons. Partons de l’existant. Le monde est hobbesien. La puissance est reine : Xi jinping, Modi, Poutine, Erdogan, Trump, Daech, définissent exactement le territoire européen du premier quart du XXIe siècle. Les néo-conservateurs américains avaient déjà situé notre continent à partir de Vénus quand les États-Unis et à la vérité le reste du monde venaient de Mars (Robert Kagan). Nous seuls étions dits « post-modernes », fondés sur le précepte kantien de la paix perpétuelle, neutres, sous-entendu faibles et faisant de leur faiblesse vertu (de virtus, courage et force).

On nous rebat les oreilles des « valeurs » que nous, Européens, voudrions rendre universelles alors qu’elles sont d’abord les « valeurs de l’Europe ». Nous seuls sommes censés nous gouverner dans un État de droit. La civilisation que nous portons n’est pas défendue par les armes mais par le droit. Il n’y a donc pas de contradiction théorique entre la civilisation et la construction juridique qui la soustend présentement et qui a pris la forme humaine — donc perfectible — de l’Union européenne (UE). Un spécialiste de l’UE, Arnaud Leparmentier, au Monde du 26 juin a eu le mot juste : « Non, le drame européen n’est pas technocratique et ne s’appelle pas Bruxelles. Il est anthropologique. »

L’historien Jacques Bainville avait dit à peu près la même chose de la Société des Nations (SDN) à ses débuts en 1920, disant qu’elle « connaît son moi » par « les éléments de son non-moi ». Anthropologie avant la lettre ! à l’époque, il recensait trois éléments, trois non-membres : États-Unis, Allemagne, Russie soviétique. « Supprimez ces éléments, la ligue n’a plus qu’à démobiliser. » On ne l’appelait encore que la « ligue des nations ».

En ce sens, on peut avancer que l’Europe se connaît mieux grâce au vote britannique et aux affres de la renégociation à venir. Elle se connaît encore mieux face aux autres éléments de son non-moi. C’est ce qui nous définit, nous les Européens et fiers de l’être. Aux institutions européennes d’en tirer toutes les conséquences diplomatiques, commerciales, juridiques. Aux États membres d’être cohérents entre leurs propres démocraties et Bruxelles et Strasbourg.

Messages

  • L’Union Européenne, la version occidentale de l’Union soviétique, ne peut en aucun cas justifier un tel article.
    Quant au Père fondateur, Jean Monnet, l’Histoire a démontré que c’était un agent américain.
    France catholique prend là une curieuse posture.

    • "Union européenne, version occidentale de l’Union soviétique..."

      On voit que vous avez déjà oublié ce que fut cette dernière...ou que vous ne l’avez pas connue et subie. Parce que là, pas d’ Exit : les chars du pacte de Varsovie, vous voyez ce que je veux dire ? Budapest 1956, ça vous revient ?

      "Jean Monnet, agent américain..." Mais ce pourrait être une affirmation de propagande soviétique, justement...

      Vous dénaturez les faits. La pire erreur en terme de justice...Autant dire que vous nuisez au discernement du vrai et du faux.

      C’est comme ça que commencent les dérives idéologiques. Tenir le faux pour vrai. Les opposants à l’ "Europe" ne sont pas à l’abri, la preuve.

      Vous n’avez rien appris du 20ème siècle.

      Se permettre après ça de critiquer la "posture" de France catholique...

      Vous vous trompez de forum : pour se défouler, aller sur Spoutnik News....

  • Plus positivement, je voudrais souligner une idée de cet article que je crois profondément juste : l’Europe a toujours eu du mal à se définir elle-même car elle est étonnamment ouverte. Elle est à la fois héritière d’un fonds spirituel et culturel qui la précède de loin ( Jérusalem, Athènes, Rome) et elle a toujours été missionnaire vers le monde, pour le meilleur et aussi parfois pour le pire (trafic triangulaire entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques).

    L’Europe, c’est comme ça, déborde de ses frontières qui ne sont pas naturelles mais culturelles :

    - l’Angleterre est européenne mais pas seulement : elle est aussi atlantique ;

    - la Russie est européenne mais bien plus, elle a une dimension intercontinentale et plus qu’un pied en Asie où l’on a du mal à déterminer si elle n’est pas encore une puissance coloniale imposant la souveraineté des Russes ethniques à des peuples qui ne le sont pas ;

    - la Turquie n’est certainement pas européenne et pourtant elle est liée à l’Europe par l’histoire et une partie de sa culture ;

    - enfin, l’Ukraine est complètement européenne mais son avenir est pour l’instant pris en otage par la Russie qui n’a pas renoncé à la dominer comme un empire le fait d’une province conquise...

    Ce sont ceux qui s’opposent à l’Europe qui la contraignent à se ressaisir dans sa personnalité la plus authentique et à sortir ainsi de l’incertitude de soi :

    - de Poitiers à Lépante ou au siège de Vienne, la menace de l’islam conquérant révèle la chrétienté européenne ;
    - la monstrueuse Europe nazie et la menace soviétique qui suit immédiatement avec la guerre froide provoquent l’accouchement "au forceps" de la communauté européenne ;
    - l’hostilité de la Russie de Poutine à l’UE contraint l’Europe à comprendre qu’elle a des ennemis même sur ce continent, ce qui pose en termes nouveaux et son projet à l’est et sa sécurité ; c’est à Kiev que, pour la première fois, le drapeau européen a été brandi sur les barricades du combat pour la liberté des peuples ;
    - une nouvelle fois, le Brexit contraint l’Europe, qui est loin d’y être préparée, à se repenser : et vous, qui dites-vous qu’elle est ?

    Non, l’Europe n’est pas la simple juxtaposition des nations qui la composent, comme d’aucuns voudraient l’accréditer jusque sur ce forum. L’insularité britannique est précisément l’exception qui confirme la règle : l’Europe est une communauté de nations dont le destin est intimement lié et solidaire, pour le meilleur et pour le pire. Nos nations européennes, après 60 ans de coopération intensive, sont tout autre chose que des îlots de souveraineté qui aspireraient à prendre le large comme les morceaux d’une banquise qui se détachent et retournent à la mer.

    D’une certaine façon, les crises qu’essuie l’Europe permettent aujourd’hui de définir beaucoup mieux les limites de son projet communautaire, puisque ceux qui n’ont pas vocation à en faire sincèrement partie s’en sont détachés (Angleterre), n’envisagent pas de le rejoindre (Russie), ou sont en train de renoncer à le rejoindre (Turquie) ; sans oublier ceux qui un jour auront peut-être la capacité d’y prendre part (Ukraine).

    C’est tout le défi de ce temps que de reformuler le pacte de la communauté. Heureux Brexit s’il nous vaut de pouvoir réussir cette épreuve de vérité, comme en son temps l’échec de la CED a permis la relance du projet européen à Messine...

  • Excellent !

    Moins de 15 jours après le Brexit, les deux figures de proue se font hara-kari :

    - Boris Johnson cale devant le 10 Downing St ;
    - Nigel Farage explose en plein vol...peu avant de perdre son unique mandat au parlement européen puisqu’il n’a jamais réussi à se faire élire aux Communes...

    Bref, les électeurs britanniques se retrouvent avec leur Brexit sur les bras et aucun responsable déterminé pour le service après-vente. Une vraie gueule de bois...

    Brexit or how to quit the English way...

  • Malgré le tunnel sous la Manche l’Angleterre reste une ïle. La civilisation européenne ne se résume pas, et heureusement, à ce monstre bureaucratique et technocratique qui s’occupe de tout et de rien du tout en appliquant de façon dogmatique des règles économiques inspirées du seul ordolibéralisme allemand. Ce qui fait le malheur des peuples et qui les rend hostile à cette construction sui generis . Les dirigeants de cette UE imposent aux peuples un ordre économique impitoyable qui les broient et après ces hypocrites feignent de s’en étonner. Leur négation des volontés populaires provoque dans tous les pays de l’UE divers populismes dont ils sont la cause.
    Comme disait Bossuet "Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes" !

  • Si quelqu’un pouvait m’expliquer cette phrase :

    « La puissance est reine : Xi jinping, Modi, Poutine, Erdogan, Trump, Daech, définissent exactement le territoire européen du premier quart du XXIe siècle. »,

    j’en serais bien aise.

    • C’est pourtant simple : c’est l’adversité qui forge les grands caractères et qui confirme les identités...

      Votre remarque est typique de la mentalité européenne actuelle selon laquelle nous ne pouvions qu’être aimés par le monde entier tellement nous étions démocrates et protecteurs des libertés et des droits de l’homme.

      Nous étions devenus de gros naïfs dans un monde où la tragédie nous cerne. Je rappelle qu’il y a en Europe (Ukraine) une catastrophe humanitaire provoquée par un criminel de guerre qui s’appelle Poutine. Voir le rapport de Boris Nemtsov récemment traduit en français. Ca fait bien plus de victimes que le cinglé de la Promenade des Anglais mais tout le monde ou presque s’en moque en France.

      Il y a des gens qui n’aiment pas ça, l’Europe, et qui nous le font savoir, le cas échéant violemment. Au sud de la Méditerranée, à l’est de l’Europe, et chez nous à Paris ou à Nice.

      Les Européens doivent réapprendre à avoir des ennemis qui se sentent menacés ou défiés par ce que nous sommes.

      Ce que l’UE ne parvient pas à réaliser, ces ennemis vont bien finir par le provoquer : une nouvelle conscience de soi européenne...Tout le problème dans ce type de conflit "asymétrique" consiste à répliquer efficacement par d’autres armes que l’adversaire.

    • cf. : 17 juillet 19:34

      De Tréglodé demande une explication alors qu’il ne me semble pas, sauf erreur, ignorer la réponse. C’est tout aussi bien, ça ne peut que donner matière à réflexion.

      Sans me précipiter pour "errer dans un désert moral et métaphysique" - où, qu’on le veuille ou non, l’Occident est déjà bel et bien engagé, - il se peut qu’en remettant la phrase incriminée dans son contexte sa signification est lisible dans le corps de l’article.

      S’abstenir de reprendre à son propre compte, mais avec d’autres mots ou tournure de phrase, une ou des idées émises par D. Decherf (ce qui aurait pour synonyme quelque chose comme usurpation de pensée), c’est ce que me semble avoir évité de Tréglodé, et on ne peut que l’en remercier.

      A chacun, donc, de trouver - j’écris bien "trouver" et non pas "donner" - la réponse appropriée, n’est-ce pas...

      MERCI.

    • PS

      Dans la 1ère réaction à l’article de D. Lensel "Quel "Royaume- Uni" après le Brexit" du 5 juillet dernier, l’utilisation du titre entre "" avait eu ma préférence pour jouer, comme qui dirait, sur les mots. Mais j’avais pris soin - on n’est jamais trop prudent - après le départ inopiné des deux pro-Brexit - de reprendre une expression connue : "Reculer pour mieux sauter" ou pour aller plus loin il faut prendre son élan, autrement dit du recul, alors que d’autres pouvaient peut-être se réjouir tambour battant du suicide (politique, s’entend) de Boris Johnson et Nigel Farage. A chacun ses options.

      Mais étant encore, comme qui dirait, entre la rampe de son balcon et le macadam de la chaussée humide de la City, voilà que ce même blond échevelé Boris Johnson est recueilli in extremis et en souplesse dans le daim du portefeuille - et en tant que ministre, pas moins - des Affaires étrangères du Royaume-Uni... La surnommée "2ème Margaret Thatcher" par plus d’un dans nos copier-coller de media aura donc trouvé bon de mettre Johnson face, pour ainsi dire, à ses responsabilité. La suite pourrait nous réserver, qui sait, quelques surprises intéressantes... Il n’est pas inutile de se méfier parfois d’imprudents "a priori" sur nos voisins d’Outre-Manche
      au risque d’émettre de grosses sottises. En s’interdisant de déceler une "ressemblance" avec Margaret Thatcher,
      on garde intacte son indépendance et sa liberté de penser : en l’occurrence, laisser Madame Teresa May nous faire découvrir ses vues et capacités en tant que locataire du 10 Downing Str. Rien ne presse...

      Malgré les expériences historiques (parfois cuisantes) au contact d’Albion, l’indécollable Tartarin de Tarascon qui
      sommeille... Enfin, nul besoin d’aller plus loin. Faire seulement preuve de retenue est indispensable pour ne pas se retrouver parfois gros jean comme devant. Il y a plus d’une chance de se tromper en se croyant seul détenteur de la vérité.

      Pour l’exprimer vulgairement : à propos du Brexit, et sur plus d’un plan, on n’est pas, comme on dit, sorti de l’auberge (gîte et couvert inclus).

      MERCI.

    • « il y a en Europe (Ukraine) une catastrophe humanitaire provoquée par un criminel de guerre qui s’appelle Poutine »
      @17 juillet 21:35

      On se perd en conjectures sur cette obnubilation récidivante.

      Comment peut-on être aveuglé à ce point pour répéter dans un inlassable psittacisme des affirmations autant déconnectées de la réalité ? L’idéologie obtuse est-elle l’unique explication ?

      L’auteur de cette déclaration se plaît à accuser de « maurrassisme » ses contradicteurs (quels qu’ils soient et quelque éloignés qu’il soient des idées de Maurras).

      Pour autant, lui-même partage la même surdité obstinée et obsessionnelle du “nationaliste intégral” de Martigues : « C’est la revanche de Dreyfus !... », seule explication - pitoyable - que ce dernier avançait, à l’issue du procès qui, à la Libération, sanctionnait son aveuglement et son obstination sénile à superposer des combats anciens et dépassés sur des réalités qu’il se refusait à voir (*).

      Comment pourrait-on prendre au sérieux la moindre des analyses de P. quand celui-ci poursuit par ailleurs sa vision absurde et hallucinée des causalités qui ont conduit aux dramatiques évènements d’Ukraine ?

      Le lien ci-après (**), tiré du site Thalie Thalie, donne accès à la première vidéo d’une play-list intitulée “Donbass - Ukraine - guerre civile” https://www.(supprimer parenthèses)youtube.com/watch ?v=ua2CeiL345g&list=PL6yMwPPOK8Wxjv09CjarCaJ4R1022DaUg.
      Il s’agit là de remettre le nez dans une réalité qui pour être sortie des titres médiatiques n’en poursuit pas moins ses effets dramatiques sur les populations civiles situées en proximité de la ligne de front. Tous les jours, ces gens sont bombardés et mitraillés par les armées de Kiev ! Le traité de Minsk n’est absolument pas respecté et ceci n’est en rien imputable aux armées de Novorossia (encore moins à Vladimir Poutine) mais bien au gouvernement de Kiev, à ses alliés et ses conseillers (***).

      * Réalités qui avaient justifié, dès 1940, le départ et la rupture de nombre de ses anciens compagnons d’avant-guerre, et pas des moindres, scandalisés par son choix maréchaliste et sa condamnation absurde de la Résistance

      ** copier puis coller dans la fenêtre du navigateur après avoir supprimé la partie entre parenthèses
      Nous invitons le lecteur à ne pas s’arrêter à la seule première vidéo de la série...
      Celle, réalisée par Anatoly Chary, qui est intitulée « Qui sont les "provocateurs russes" tant clamés par Porochenko ? » (actuellement n° 17 de la liste) ne manque pas de mettre en lumière des réalités que les pseudos démocrates, thuriféraires de Maïdan et de Porochenko, s’obstinent à nier avec une troublante énergie

      *** Notons au passage le rôle trouble et ambigu de l’OSCE joué sur le terrain

    • cf. : 18 juillet 17:02

      "On se perd en conjectures sur cette obnubilation récidivante". "peut-on être aveuglé" à ce point..." "affirmations déconnectées de la réalité..." et tout le reste... On voit que c’est la fin des vacances pour de Coucy qui, comme qui dirait, semble débarquer sur une planète inconnue... Le changement d’air aura estompé bien des choses, le verni ! Mais voilà, rebelote, les mêmes rengaines, les mêmes obnubilations, les mêmes accusations, les mêmes injures, les mêmes provocations, les mêmes sur-places. Changer pour avancer serait un acte contre-nature. Et voilà que dans le "Brexit : oui à l’Europe" l’Ukraine tombe comme, pardon, un cheveu sur la soupe et le, je cite, "criminel de guerre" avec. Ah ! combien cela nous démangeait de rouvrir l’album-photos-de-famille et, avec lui : les mêmes déviations et faux aiguillages et autres torsions paroxystiques.

      Cela dit, on ne peut que souscrire au contenu du message référencé, et "la réalité...sortie des titres médiatiques" est, hélas, toujours présente avec sa cohorte de victimes dans l’écheveau criminel fabriqué par qui et qui l’on sait... Il m’est d’avis qu’une fois les passions calmées ici et là, ce sujet ne manquera pas de revenir. Oserais-je ajouter : au vu - et au rythme - des événements en Syrie et en Irak...

      Pour en revenir au Brexit, on en a eu pour son grade avec Boris Johnson parachuté ministre du Foreign Office, rien que ça ! alors qu’il y a peu encore on dansait sur la place publique sur le supposé "hara-kiri" que le "Bariss" s’était parait-il cruellement infligé... A cette nomination "impromptue" la réaction du Courrier International : "C’est comme mettre un babouin dans une Rolls-Royce". Pas mal cette comparaison zoologique du 15 juillet dernier, alors que la presse ici et ailleurs, mais surtout ici, de crier au scandale et à tout ce qu’on voudra, avec moult grincement de dents, propos ironiques, haine rentrée etc...

      Pour faire bonne mesure, Monsieur J.-M. Ayrault de déclarer, dans le plus pur langage very très diplomatique, que Johnson est un menteur ! Alors que le "babouin dans la Rolls-Royce" annonce avoir reçu "une charmante lettre" de son homologue français le félicitant et l’assurant de son désir de coopérer etc.. Cela laisserait-il penser qu’on est parti pour bien s’amuser ? Quoiqu’il en soit, c’est un allemand qui aurait eu une réaction calme et objective en disant que le choix de Madame Teresa May soulignait bien la volonté du Royaume-Uni de quitter l’Union Européenne. C’est un peu comme une lapalissade...préférable quand même aux réactions "bilieuses", comme dirait l’autre.

      Avec les nouvelles qui viennent d’Italie, par exemple, il semblerait que cette affaire de "X xit" ne fait que commencer...

      MERCI.

    • Relisez l’article : la puissance, en l’occurrence celle de la Russie de Poutine, définit les limites du territoire européen...

      Mais c’est exactement ce qui se passe dans le conflit ukrainien. La guerre de Poutine en Ukraine vient clairement marquer que l’Ukraine est en Europe, comme la Pologne elle aussi autrefois découpée et occupée par l’empire russe...Et comme les Polonais, les Ukrainiens ne veulent plus faire partie d’un pays qui tient encore de l’empire eurasiate puisqu’il colonise toujours des territoires et des populations qui n’ont rien d’européens...

      Et les événements de Turquie confirment ce que nos dirigeants, Chirac en tête, s’échinaient à ne pas voir : que ce pays n’est pas européen.

      On a aujourd’hui une idée plus nette des frontières politiques de l’Europe. La limite orientale du continent inclut les pays Baltes, la Biélorussie et l’Ukraine mais pas la Russie qui, bien que de culture européenne, est un empire périphérique de l’Europe. Cette limite exclut clairement la Turquie. Les îles britanniques sont une autre périphérie se rattachant au continent par la civilisation mais géopolitiquement atlantique comme la Russie est géopolitiquement attirée par l’Asie. Anglais et Russes ont toutefois le souci commun de contrôler ce qui se passe sur le continent européen pour la défense de leurs propres intérêts. Et ils sont les uns et les autres beaucoup plus dépendants de l’Europe qu’ils ne veulent l’admettre...

      J’admets que tout cela est un peu difficile à percevoir pour un non Européen.

    • cf. : 18 juillet 22:04

      PS

      En fin de message il est mentionné, par erreur, "X xit". Pourrais-t-on, svp, corriger et lire : "P xit".

      MERCI.

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