Bonnes années

par Frédéric Aimard

vendredi 22 décembre 2017

Une année se termine. On pourrait épiloguer sur nos plaies et bosses, petits et parfois grands chagrins. On est encore là et ça compte pour nous, nos proches et nos lecteurs. Une année commence. Elle nous fera vivre, elle aussi, sa part de tracasseries, d’erreurs, voire de souffrances pour quelques-uns d’entre nous. Mais elle aura ses joies que nous vivrons d’autant mieux que nous nous serons entraînés à rendre grâce pour tous les bienfaits qui nous sont donnés et dont nous ne prenons parfois conscience que bien après...

Parlant du point de vue du journal, je ne peux pas être déraisonnablement optimiste. Les modes de consommation sont en train de changer, de nouveaux journaux plus adaptés à tel ou tel public chrétien sont nés après le nôtre, qui nous empêchent de conquérir des publics plus jeunes. C’est difficile de se vouloir fidèle à une histoire et de se renouveler. Si donc un jour il faut arrêter, on le fera et nous n’aurons pas autre chose à nous reprocher que nos propres limites, car nous aurons fait beaucoup d’efforts pour donner à nos abonnés ce qu’ils attendent. Nous aurons vécu de bonnes années. On peut discuter de la validité de la «  marque » France Catholique à l’heure actuelle (« La France n’est plus catholique... »), mais on ne peut pas contester que ceux qui nous lisent régulièrement trouvent globalement leur compte dans nos pages et c’est notre joie. J’en ai le témoignage direct chaque fois que je rencontre des abonnés qui nous témoignent une réelle affection et que nous aurions vraiment honte de trop décevoir.

Il y a quelques semaines, devant une table de presse dans une manifestation chrétienne. Un abonné, tout jeune retraité, se présente à moi, enthousiaste et militant. Il attrape par la manche un ami un peu plus âgé et lui dit : « Connais-tu France Catho ? — Et comment, c’était le journal de mon père et ça fait des années que je souhaite m’y abonner » Ce fut chose promptement faite. Survient un autre homme. C’est le diacre et aumônier de la prison... «  Connaissez-vous France Catho  ? — Mais nous y sommes abonnés depuis très longtemps. Ce sont les détenus qui ont choisi ce journal et qui y tiennent...  » Monsieur le curé qui n’était pas loin (et n’est pas abonné) n’en perdait pas une miette. Je n’étais pas peu fier. En ces temps de recommencement annuel, il me faut vous parler d’avenir et il n’y a pas d’avenir sans projets. Justement nous en avons quelques-uns. Mais il nous faudrait assez d’humilité pour vous demander de l’argent. Pour boucher les trous (85 000 euros de pertes en 2017) et pour exister un peu plus sur les nouveaux fronts de l’évangélisation, notamment sur Internet, mais aussi sur le terrain. C’est fait ! J’ai demandé.

Un don à l’association ADCC (de 20 à 100 euros) ou à la Fondation Radio Espérance (pour des dons plus importants, sans oublier de les « flécher » France Catholique), nous permettra d’envisager encore quelques bonnes années à votre service. Tous nos vœux de bonheur, de santé, de montée vers la sainteté. 

Messages

  • Cher monsieur, vous écrivez “les modes de consommation sont en train de changer, de nouveaux journaux plus adaptés à tel ou tel public chrétien sont nés après le nôtre, qui nous empêchent de conquérir des publics plus jeunes. “

    Je ne suis pas convaincu que ce soient les modes de consommation qui sont la cause de la désaffection des jeunes pour les publications catholiques telles que la vôtre.
    C’est bien plus grave, les jeunes générations ne suivent plus les croyances de leurs parents comme nous le faisions plus ou moins au même âge.
    La transmission des dogmes, mystères, prières, sacrements de l’Eglise catholique, se fait très difficilement tant la plupart de ces fondamentaux de la Foi sont le plus souvent en contradiction avec la rationalité et les connaissances scientifiques modernes.
    Je prends quelques exemples :
    - comment expliquer à un jeune lycéen que par quelques prières “consécratoires“ le prêtre peut “ vraiment, réellement, et substantiellement“ transformer du pain en chair d’un dieu et du vin en sang de ce même dieu ?
    - comment expliquer que Jésus était “né avant tous les siècles“ et en même temps “né un 25 décembre sous le règne d’Auguste“ ? Alors qui était sa mère lors de sa première naissance “avant tous les siècles“ ?
    - on nous apprend que Dieu est un pur esprit (ce qui n’est déjà pas simple à concevoir) , et que le Saint-Esprit est l’esprit de Dieu. Mais alors qu’est-ce que c’est qu’un esprit d’un esprit ?

    À une époque où je fréquentais beaucoup le blog d’Isabelle dé Gaulmyn ( rédactrice principale du journal La Croix) j’ai eu l’occasion de poser ces questions à quelques prêtres qui sévissaient aussi sur ce blog, et la réponse était chaque fois très emberlificotée, et quand je leur faisais remarquer la chose ils dégainaient presque toujours leur joker “mystère“.
    Ensuite, chaque fois que je dialoguais avec un de ces prêtres, je leur proposais de me répondre sans utiliser ce joker, et bien évidemment leur embarras était extrême.

    Ce que je veux dire c’est que les jeunes des collèges et lycées n’ont plus rien à voir avec les petits paysans crasseux et incultes du XIX ième siècle ou du début du XX ième siècle, et qu’il est très difficile de leur transmettre tous ces “mystères“ de la foi catholique. La conséquence c’est une désaffection profonde pour la pratique dominicale, les sacrements, la catéchèse.

    Et à mon sens cela ne va faire qu’empirer avec les années et notamment avec l’avénement des technologies fulgurantes qu’on regroupe sous le vocable d’ Intelligence Artificielle“ et qui fascinent de plus en plus de jeunes.

  • Joyeux Noël à toute votre merveilleuse équipe grâce à qui, depuis plus de 40 ans, je peux continuer inlassablement à approfondir ma foi sans perdre de vue l’évolution du monde. Certes, encore moins que vous, je ne sais ce que deviendra ce journal à qui vous donnez tant et tant, mais je vois tout ce que ces rencontres hebdomadaires ont apporté à notre famille au fil du temps. Je suis persuadée que si nos enfants sont toujours fidèles au Christ, c’est que nous, parents, avons pu leur transmettre bien des choses et vous y avez contribué largement. C’est énorme...
    Bien amicalement
    Bien sûr, je vais envoyer un chèque, merci de continuer malgré vos lourdes difficultés

  • Pour François Vauclin
    Cher monsieur,
    le monde a certes changé et ce que vous décrivez est exact. Le joker "mystère" que vous évoquez n’est pas le retranchement magique devant une question insoluble : c’est l’humble constatation que la réalité de Dieu nous dépasse infiniment et que nous n’aurons jamais fini de l’approcher et de la découvrir.
    Les questions que vous relayez ne sont pas nouvelles et ne sont pas réservées aux successeurs des "paysans crasseux" que vous évoquez : elles ont fait l’objet de réflexions approfondies dans les débuts de l’Eglise, ainsi que d’un certain nombre d’hérésies. Je suis en train de lire un opuscule passionnant et très accessible, qui justement les aborde. Il s’agit de "La question interdite" de Brunor, qui aborde la question de Jésus, du Fils de Dieu, du Verbe de DIeu et les décortique de manière abordable, intelligente et aussi explicite qu’il est possible lorsqu’on aborde ces questions là.
    Pour ce qui est de la transubstantiation eucharistique, il n’y a là encore pas d’explication scientifique. On ne peut que croire (ou refuser de croire). Cependant, il y a parfois des faits plus que troublants qui n’expliquent pas mais peuvent aider à convaincre, par exemple ce miracle eucharistique officiellement reconnu en 2016 en Pologne (https://fr.aleteia.org/2016/04/22/un-miracle-eucharistique-reconnu-par-un-eveque-en-pologne/) ; ce n’est pas le premier, mais à ma connaissance, c’est le plus récent.
    Je vous souhaite une sainte et heureuse année 2018, avec du succès dans notre apostolat, fût-il de circonstance, auprès de notre jeunesse en recherche.

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