Béatification de Jean-Paul II : la guérison « française » encore à l’examen

jeudi 4 mars 2010

Une guérison n’est pas toujours reconnue comme « miracle » par l’Eglise. Mais elle transforme à jamais la vie de celui qui la reçoit, gratuitement, de la Miséricorde divine.

La guérison de sœur Marie Simon Pierre, petite sœur des Maternités catholiques, sera ou ne sera pas retenue par la commission médicale romaine pour la béatification de Jean-Paul II, cela ne voudra pas dire qu’il n’y a pas eu d’intervention extraordinaire de la grâce par l’intercession de Jean-Paul II pour redonner la santé à la religieuse française, dont le témoignage soulignait récemment le postulateur, Mgr Slawomir Oder, a frappé par sa « limpidité ».

Mais les critères de la commission médicale sont extrêmement sévères. Et il arrive que ce que le commun des mortels pourrait admettre comme des miracles soit rejeté du fait de ces règles d’airain, dictées par la raison.

A ce propos Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes, faisait observer récemment qu’il sera de plus en plus difficile de reconnaître officiellement des « miracles » si les dossiers médicaux ne sont pas constitués selon les derniers critères de la rigueur médicale moderne. Ce qui devient impossible par exemple dans des pays en voie de développement ou si tout simplement on ne s’est pas muni des derniers scanners et autres moyens d’investigation médicale approfondie et coûteuse, avant de recevoir la grâce d’une guérison.

Cela ne retire rien ni au fait de la guérison - et de la cessation des douleurs, tremblements, raideurs et insomnies de soeur Marie Simon Pierre ! -, ni à l’action de grâce et à la transformation intérieure profonde que la guérison provoque.

Le vaticaniste italien Marco Tosatti rapporte qu’un médecin de la commission d’expert aurait modifié son jugement initial. Il aurait fait valoir que « certaines formes » de maladies proches de la maladie de Parkinson peuvent guérir et que, dans ce sens, le diagnostic initial n’était pas assez précis.

Un journal polonais cite le prof. Grzegorz Opala, selon lequel certains types de maladies proches de la maladie de Parkinson – dus à des traumatismes, des empoisonnements ou à l’effet de médicaments – disparaissent dès qu’on arrête la prise de médicaments.

Mais selon une source vaticane « autorisée », citée par l’agence Ansa, l’examen de la guérison n’en est qu’à ses débuts. Les experts d’une première commission devront ensuite communiquer leur travail à la commission médicale qui pourrait se réunir après Pâques.

Leur avis devra ensuite être communiqué aux théologiens. La guérison est donc encore à l’examen : ni révision de copie ni approbation.

Si le cas de Soeur Marie Simon Pierre devait ne pas être retenu, le postulateur ne serait pas en peine : plus de 250 autres cas de guérisons présumées miraculeuses dues à l’intercession de Jean-Paul II lui ont été signalés.

Une fois le nouveau cas choisi, il faudrait une enquête d’un tribunal du diocèse où cette guérison a eu lieu. En son temps, Mgr Oder avait loué la rigueur du travail critique fait par le tribunal d’Aix-en-Provence.

Une guérison reste « présumée » miraculeuse tant que le pape ne la reconnaît pas comme « miracle » en approuvant un décret de la congrégation romaine pour les Causes des saints qui l’authentifie. Le diocèse d’Aix a été sur ce sujet rigoureux, rectifiant quand il en était besoin tel article de presse enjambant parfois – sans s’en apercevoir - le jugement pontifical.

Il faut aussi se souvenir que le pape seul décide ou non d’une béatification ou d’une canonisation. Quand bien même tous les critères canoniques (y compris des « miracles ») seraient réunis pour une telle proclamation, il prend également en compte d’autres critères, notamment pastoraux, et pèse les effets éventuels d’une telle décision.

En attendant la fin des travaux des commissions du Vatican, la relecture du témoignage de Sœur Marie Simon Pierre ne pourra que fortifier notre foi, notre espérance et notre amour : « Je peux dire que c’est comme une seconde naissance, une nouvelle vie car rien n’est plus comme avant (…). Ce que le Seigneur m’a donné de vivre par l’intercession de Jean Paul II est un grand mystère difficile à expliquer avec des mots, tellement c’est grand, tellement c’est fort …mais rien est impossible à Dieu. Oui, « si tu crois, tu verras la gloire de Dieu ».

NB

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