Assise III : la grande fraternité des religions

par Gérard Leclerc

lundi 31 octobre 2011

On gardera de ce troisième rassemblement interreligieux d’Assise les images très symboliques d’un monde réuni (sinon réconcilié) à l’aune des retrouvailles de ses responsables religieux les plus divers. Comme en 1986, c’est le cadre exceptionnel de la patrie de saint François qui aura permis cette performance qui relève à la fois de la diplomatie internationale très spécifique du Saint-Siège et de sa traduction médiatique très efficace. Certes, depuis 1945, c’est la planète entière qui s’est habituée à vivre au rythme des rencontres internationales et des échanges au plus haut sommet. La fondation de l’organisation des Nations unies correspondait au projet d’un Rossevelt, qui voulait que la victoire sur l’Allemagne nazie débouche sur la constitution d’une sorte de démocratie mondiale. En dépit de l’affrontement Est-Ouest, l’Onu a persisté dans cette direction et on n’imagine plus que les États puissent se passer de cet espace de négociation et d’ébauche d’un droit international. Le coup d’audace de Jean-Paul II fut de transposer à l’univers des religions cette sorte de modus vivendi, non, certes en constituant un Parlement des religions dont le concept n’était pas tenable, mais en suscitant des rencontres au sommet, pour promouvoir une dynamique de conciliation et de pacification à l’encontre des processus d’affrontement.

Vatican II avait tracé la voie avec le document Nostra Aetate, qui établissait pour la première fois une cartographie des religions dans leur proximité et leur éloignement du christianisme. Un secrétariat pour le Dialogue interreligieux avait été mis en place à Rome. La tâche de Jean-Paul II consista à donner une plus grande visibilité à cet effort de dialogue, en lui conférant du même coup une dimension politique sui generis. le pape polonais était d’autant plus enclin à faire bouger les choses qu’avant même la chute du mur de Berlin la question religieuse commençait à apparaître comme constitutive des relations internationales et de l’équilibre mondial.
On l’a peut-être oublié aujour­d’hui, mais en 1986, au moment de la première rencontre d’Assise, la France elle-même vit dans un climat de psychose à la suite des attentats qui se sont produits à Paris (notamment celui qui a eu lieu rue de Rennes et qui a fait sept morts et cinquante-six blessés). Quelques mois plus tard, Jean-Paul II accomplit sa visite pastorale à Lyon où il est l’objet d’un surcroît de précautions policières qui frappe beaucoup l’opinion. Les regards sont surtout braqués vers la république islamique d’Iran, d’où semblait émaner une stratégie mondiale de déstabilisation. Le pape a perçu qu’il y avait un danger dans la montée en puissance des facteurs religieux comme fauteurs de guerre et de menées terroristes. Son intuition fut largement confirmée par la suite puisque le débat qui s’imposera au lendemain de la disparition du bloc soviétique tournera autour des thèses de Samuel Huntington sur «  le choc des civilisations  » qui sous-entend la prédominance des oppositions culturelles, de nature religieuse, dans les affrontements entre aires de civilisation.
Les attentats du 11 septembre 2001 confirmeront la position d’Huntington à l’encontre de celle d’un Fran­cis Fukuyama, annonciateur d’une «  fin de l’Histoire  » avec l’extinction progressive des grands conflits idéologiques. Jean-Paul II est encore au rendez-vous, puisqu’il décide d’un second rassemblement à Assise à la fin de cette même année 2001. Ce dernier sera de moindre importance que celui de 1986, sans doute parce qu’il a été décidé dans l’urgence mais peut-être aussi parce que la doctrine sous-jacente au dialogue interreligieux est un peu en crise. Il n’y a pas que la contestation traditionaliste (et singulièrement lefebvriste) à avoir suscité un climat de malaise à ce propos. Au niveau des dicastères romains il y a des différences, sinon des oppositions, sur la notion de rapports à établir avec des religions et des sagesses qui ne répondent pas du tout aux idées maîtresses de la révélation biblique et de la tradition chrétienne. Le dialogue œcuménique est une chose qui relève spécifiquement de ces deux références. Avec le judaïsme, on est sur la voie de progrès décisifs, d’autant qu’enfin on commence à parler théologie à partir du Testament qui nous est commun. Avec l’islam, on franchit un abîme, car les oppositions en théodicée sont frontales. Que dire alors du bouddhisme et de l’hindouisme qui appartiennent à des conceptions du monde qui mettent en cause la structure de notre anthropologie ? Le cardinal Ratzinger mettra l’accent sur la distinction entre discussion théologique possible et confrontations entre philosophies dont les différences et oppositions viennent d’abord qu’elles ne répondent pas au même type de questionnement.

Le nouveau pape devait donc reprendre le dossier, en tirant les leçons de l’expérience de son prédécesseur et les fruits de sa propre réflexion. Sa décision de convoquer un troisième rassemblement d’Assise a correspondu à sa conviction du bien-fondé de l’intuition de Jean-Paul II. Le dialogue interreligieux constitue une nécessité impérative, eu égard à la situation des religions et à l’équilibre instable de nombre de pays où le christianisme est persécuté. Par ailleurs, il fallait tenir compte des réels progrès accomplis, ne serait-ce que dans les relations avec certains secteurs de l’islam. À la suite de la désormais célèbre querelle de Ratisbonne, des liens ont été noués avec des personnalités musulmanes, qui s’avèrent précieuses pour endiguer les extrémismes. Il n’y a donc pas de raison déterminante pour ne pas poursuivre dans une ligne d’ouverture fraternelle, hors de laquelle il n’y aurait que mécomptes et dérapages dangereux.

Cependant, Benoît XVI ne sous-estime pas les risques de relativisme doctrinal qui puissent résulter d’une fausse compréhension de l’objectif poursuivi. Il est trop évident qu’en Europe, ce dialogue interreligieux donne lieu à des dérives qui provoquent la dissolution des structures des déclarations de la foi. Ce n’est pas pour rien qu’il décide une Année de la Foi en 2012-2013, consacrée à une véritable réappropriation du Credo par les fidèles de l’Église catholique. Le syncrétisme mou qui est présent dans des secteurs importants des médias et jusqu’aux marges du catholicisme interdit-il que l’on participe à la moindre opération de brouillage spirituel ou théologique ? On en veut pour preuve la défiance entretenue à l’égard des dogmes considérés comme des interdits ou des facteurs de division sectaire pour prendre conscience de la confusion qui règne. Les dogmes n’ont jamais été des impasses de la pensée, leur définition a au contraire déterminé les avancées les plus intéressantes dans l’approche du mystère divin.
Assise ne saurait donc participer à ce type de processus. Benoît XVI a voulu que tout s’y opère dans la plus grande clarté. Certaines improvisations fâcheuses ont été écartées, qui avaient suscité de justes remarques de la part des traditionalistes. Plus question de placer une statue de Bouddha sur l’autel d’un sanctuaire. La démarche de prière propre à chacun a été renvoyée à l’espace privé des cellules monastiques mises à disposition par les Franciscains d’Assise. Mais la démarche commune de fraternité revendiquée par tous était d’une incontestable visibilité, puisqu’elle se réclamait de la bonne volonté que tous doivent reconnaître, et sans laquelle il n’y aucune chance de progresser sur le chemin de la paix.

Le discours prononcé par Benoît XVI le matin du 27 octobre retint l’attention par les inflexions particulières qu’il a voulu apporter, ne serait-ce que pour opérer un discernement dans les débats publics. Aussi, à l’instar de son prédécesseur, il a reconnu que malheureusement les chrétiens avaient pu être infidèles à l’Évangile en participant à des œuvres de guerre. Mais il a aussi souligné qu’on ne pouvait imputer aux seules religions la responsabilité de la violence entre les hommes et que, bien au contraire, celle-ci était l’effet d’une incompréhension et d’une trahison de l’esprit religieux. Dans la même ligne, il a fortement souligné que l’absence de Dieu et son refus étaient à l’origine «  d’une cruauté et d’une violence sans mesure  ». On pouvait, même si ce n’était pas explicitement évoqué, se rappeler que les totalitarismes criminels du vingtième siècle étaient précisément fondés sur le refus de Dieu. Mais le «  drame de l’humanisme athée  » peut prolonger ses conséquences au-delà du nazisme et du communisme en suscitant une contre-religion «  silencieuse, donc plus dangereuse  » définie par «  l’adoration de l’argent, de l’avoir et du pouvoir  » où la violence se trouve normalisée.
Enfin, innovation de cette rencontre, la présence d’agnostiques, désireux de s’insérer dans cette dynamique de la rencontre respectueuse. Julia Kristeva, par exemple, a voulu explicitement signifier le passage d’une philosophie du soupçon à une démarche du défi. Benoît XVI ne pouvait que reconnaître dans cette intention un signe positif, dans une nouvelle étape de la confrontation entre foi et raison. Car si «  l’absence de Dieu conduit à la déchéance de l’homme et de l’humanisme  », il conviendrait sans doute que pensée théologique et humanisme sérieux coopèrent pour construire une planète où la liberté intérieure garantira l’expression supérieure de la quête de la vérité.

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http://www.libertepolitique.com/actualite/54-international/7164-presse-en-ligne-blackout-honteux-sur-assise-iii

Messages

  • Comme je l’ai déjà écrit ailleurs, Assise III n’a rien à voir avec un quelconque "Dialogue interreligieux", ni même à une cérémonie de prière commune pour la Paix.

    Benoit XVI avait pris deux précautions pour qu’il n’y ait la place pour aucune confusion dans les esprits. Il a invité des agnostiques et la journée été organisée de manière à éviter toute prière en commun.

    Un simple moment de silence à été observé par l’Assemblée.
    http://fr-ca.actualites.yahoo.com/a...et les participants ont été invités à prier séparément chacun leur(s) Dieu(x).

    Par ailleurs, seuls les délégués des églises chrétiennes étaient réellement réprésentatifs, les autres ne représentaient, et n’engageaient, pour la plupart qu’eux-mêmes !

    Et ceci était encore plus flagrant du côté musulman !

    Si la Ligue Islamique Mondiale et l’Arabie Saoudite sont toutes contentes de défendre la criminalisation du blasphème avec le Vatican à l’ONU, elles ne sont pas très chaudes pour condamner l’usage de la violence pour des raisons religieuses, et pour cause !

    Les organisations représentatives de l’islam, elles, brillaient par leur absence...

    C’est au pied du mur qu’on voit le maçon, à Assise on a vu !

    Pourvu que cette anniversaire soit le début du retour au réel !

    Et que les chrétiens cessent de perdre leur temps dans les faux-semblants avec l’islam... qui n’a personne de représentatif pour le représenter, mais dont les adeptes ne cessent de progresser dans les violences infligées aux chrétiens au nom de leur religion !

    Il est temps d’avoir le courage de dire la vérité sur la réalité de l’islam (dans son contenu et dans sa pratique) et de soutenir réellement nos frères persécutés !

    Le retour (forcé) au réel sur le "printemps arabe" et la "libération des peuples par eux-mêmes", émancipés de tout activiste islamiste souterrain, a été cruel et douloureux pour tous les "angélistes" de service, mais encore plus cruel pour les coptes égyptiens...

    Prions pour que le retour à la réalité s’effectue, de la même façon, avant qu’il ne soit trop tard, avec le pseudo "dialogue islamo-chrétien", qui ne sert que la cause des musulmans...tout heureux d’annexer une fête chrétienne comme au Liban sous les applaudissements des naïfs, qui ne voient même pas qu’il s’agit d’une isalmisation d’une fête chrétienne, en accentuant la confusion sur l’identité réelle de personnages ayant les mêmes nom dans la Bible te le Coran, mais en aucun cas la même réalité !

    Assise III ne fut qu’une simple réunion pour la Paix...sans grande portée médiatique ou politique...encore moins religieuse (peut-être spirituelle, car les prières pour la Paix sont toutes les bienvenues) !

    Gageons qu’il n’y aura pas d’Assise IV, tant ces réunions sont aux antipodes des réalités actuelles !

    Que La Paix soit avec nous !

  • Je tiens à signaler simplement la parution, la semaine dernière, d’un nouveau livre du père Maurice Borrmans : Dialoguer avec les musulmans. Une cause perdue ou une cause à gagner, préfacé par le cardinal Jean-Louis Tauran ("Questions disputées", Éd. Pierre Téqui). À ceux qui, dans l’Espérance qui ne trompe pas, croient que ce dialogue est une cause à gagner, et à ceux qui, découragés, pensent qu’elle est perdue ou l’ont décrétée telle, je recommande cet ouvrage documenté. Il émane pour le moins de quelqu’un qui sait de quoi il parle.

    • Merci à Yves Floucat pour son information sur la sortie d’un nouveau livre du père Maurice Borrmans : "Dialoguer avec les musulmans. Une cause perdue ou une cause à gagner", préfacé par le cardinal Jean-Louis Tauran ("Questions disputées", Éd. Pierre Téqui).

      Si il n’est pas trop cher, je vais m’empresser de le lire !

      Au dernier colloque auquel j’ai participé à la Catho de Lyon : "Islam, quels défis pour l’Eglise Catholique ?" - Le Père Boormans était le seul à vouloir répondre vraiment à la question posée, les autres ont biaisés.

      J’ai participé à un atelier qu’il animait. J’y ai pris la parole pour arrêter le prêche d’un musulman qui voulait nous faire prendre des vessies pour des lanternes, et poser la question : "L’Eglise Catholique doit-elle se préoccuper de l’Evangélisation des musulmans ?" !

      En sortant,le Père Boormans était effaré par les prises de paroles des chrétiens (catholiques ?) qui participaient à cette "table ronde". Il déclara qu’il y aurait du y avoir une demie journée consacrée aux bases de la foi chrétienne ! (Benoit XVI a bien raison de proclamer 2012-2013 : "année de la Foi" - je suppose qu’il s’agit "quand même" de la Foi...chrétienne !)."Ce sont des chrétiens honteux !" fut son cri du coeur en sortant de la salle.

      C’est là que j’ai appris de la bouche du Père Roucou (qui s’en émerveillait) "qu’au cours d’un repas..." à Rome, Mgr Tauran déclara : "Il faut qu’il y ait un Coran dans tous les séminaires !".

      Dans son intervention, le Père Roucou, au lieu de répondre à la question, s’est contenté de faire un catalogue des rencontres islamo-chrétiennes en France...

      Ce que je lui ai bien évidemment fait remarquer (Mgr Barbarin, aussi, était là...)

      Je n’ai évidement pas oublier de faire mention du Père François Jourdan (auteur du best-seller "Dieu des chrétiens, dieu des musulmans" et exilé depuis aux Philippines), ce qui n’a pas manqué de provoqué certains "remous" dans la salle...

      Enfin, heureusement que le Père Boormans était là...mais il n’est plus très jeune !

    • J’ai acheté le livre du Père Boormans, 325p - 29,50€ c’est pas donné...mais il faut savoir payer le prix pour savoir de quoi on parle...je ne l’ai pas encore commencé...

      (Je me suis rendu compte qu’il n’était pas étonnant qu’Yves Floucat le recommande, puisqu’il en est à l’origine et le Directeur de la Collection "Questions disputées - Vetera novis augere" dans laquelle le livre est édité).

      J’ai aussi acheté le dernier livre du Père François Jourdan (l’auteur du Best-seller "Dieu des chrétiens,Dieu des musulmans") :

      "La Bible face au Coran - les vrais fondements de l’islam"
      L’oeuvre éditions - 18€ - 140P.

      J’ai commencé à le lire..., très intéressant, je vous en parlerai plus longuement lorsque je l’aurai terminé - mais je peux d’ors et déjà le recommander vivement.

  • J’ai lu le livre du Père Jourdan avec beaucoup d’intérêt. Il m’a aidé à sortir de certaines confusions. Il parle du Coran et il montre bien l’incompatibilité théologique de l’islam et du christianisme.

    Néanmoins, la lecture littéraliste et radicale du Coran n’est pas tout l’islam même si cette mouvance a une grande influence aujourd’hui. Le dialogue se fait avec des personnes qui acceptent ce dialogue que nous n’allons pas leur refuser. Une bonne part des musulmans ne font pas une lecture littéraliste du Coran. La culture et le temps de l’histoire l’ont fait passer par le crible de la raison qui a produit des pratiques culturelles apaisées. Par l’écoute intérieure de leur conscience de nombreux musulmans font une lecture discernée du Coran.

    Dialoguer avec les islamistes radicaux, c’est impossible certes. Par contre, rejeter tous les musulmans à cause des islamistes radicaux est une erreur. L’islam commun discrimine alors que l’islamisme radical tue. Des chrétiens ont vécu 14 siècles dans des sociétés musulmanes, alors qu’ils sont tués aujourd’hui par les islamistes. Si l’islam commun avait été aussi radical que l’islamisme au cours de son histoire, il aurait disparu en obligeant les autres cultures à se défendre devant une si grande violence.

    Le dialogue avec les musulmans est indispensable car ce dialogue nourrit les propres débats internes de l’islam qui permettent son évolution « raisonnable ». Le dialogue a comme base le "vivre-ensemble", la "raison" et la "recherche de justice et de paix". N’oublions pas que l’Esprit-Saint parle intérieurement dans la conscience de tous les hommes qui le cherchent.

    L’évangélisation des musulmans est aussi indispensable car beaucoup d’entre eux ne sont pas nourris spirituellement par le Coran, d’autres perdent leur âme en se laissant gagner par la violence et la haine, et d’autres enfin grandissent dans leur spiritualité, fut-elle musulmane, en se confrontant aux Evangiles.

    Pour finir, je dirai que le plus grand souci dans notre société est l’évangélisation des français qui sont indifférents, ou méprisants, ou ignorants, ou hostiles à la foi catholique. Pour cela, nous devons grandir dans l’amour par notre relation au Christ et nous former pour mieux connaître et échanger sur notre foi.

    Fraternellement.

    • Cher Elqana

      Penser que "le dialogue" avec les musulmans est un leurre et une mascarade qui ne profite qu’aux musulmans ne veut pas dire rejeter toutes relations avec les musulmans, ni même de ne pas s’intéresser à leur religion, ni même de reconnaitre la valeur de certains de leurs penseurs ou de leurs mystiques.

      Mais à partir du moment où théologiquement les deux religions sont inconciliables, qu’il n’y a aucun "représentant de l’islam", que le dogme du Coran "incrée" est indépassable, il est inutile que l’Eglise Catholique assure un "Dialogue" qui ne peut déboucher sur rien.

      Les musulmans qui "relativisent" peuvent être à juste titre comme des renégats par les musulmans qui ne veulent pas qu’on remette en cause la foi transmise par Mahomet.

      En revanche, échanger sur le contenu de la foi de chacun entres croyants peut être très utiles, simplement pour savoir comment chacun voit le monde.

      Mais toutes rencontres permettant de faire croire que "nous avons le même Dieu", ou que l’islam est une religion de paix et de tolérance son
      néfastes, tout simplement parce que c’est faux !

      Oublier de dénoncer les conditions de vie des chrétiens et les juifs qui vivent sous le joug musulman est une lâcheté coupable, nier la dhimmitude comme système de ségregationet d’incitation à la conversion vis à vis des chrétiens et des juifs,nier le contenu de la Charia, l’est aussi.

      Je crois que les chrétiens doivent être courageux et oser dire la vérité sur l’islam et les pratiques musulmanes et savoir dire en quoi elles diffèrent fondamentalement de nos valeurs chrétiennes et républicaines et dire "NON" lorsque certains essayent de nous les imposer de gré ou de force.

      Cordialement

      M.J.

    • Je crois que les religions comme dirait l’autre sont un piège à cons ; elles servent toutes à rassurer les faibles et les petits sur la précarité de la vie présente et aux forts et aux puissants à mieux avilir et abaisser les petits en les laissant en position d’infériorité tandis que eux s’empiffrent sur leur dos

    • Pour moi "les religions" est un concept vide.
      Pouvez-vous le définir ?

      Quant aux écarts entre riches et pauvres c’est dans toutes les sociétés humaines, y compris les nomenklatura communistes et les sociétés ultralibérales qui s’inspirent plus de principes "laïcs" que de principes chrétiens.....
      Et Jésus n’a pas condamné les riches mais le mauvais usage des richesses..
      Il n’a pas prêché la lutte des classes mais l’égalité de tous devant Dieu et le handicap des riches pour passer par le "trou de l’aiguille"......

      Cordialement

    • Bien d’accord avec cette contribution équilibrée sans faux-fuyants.

      notamment :
      Les musulmans qui "relativisent" peuvent être à juste titre comme des renégats par les musulmans qui ne veulent pas qu’on remette en cause la foi transmise par Mahomet.

      Historiquement l’Islam a très bien su alterner des périodes de relative tolérance avec des périodes plus radicales...selon les intérêts et les rapports de force, mais hélas le Coran est très clair sur le devoir de soumission par la force des infidèles et particulièrement des "associatonnistes" qui croient au Dieu-Trinité....Donc les modérés en Islam ne peuvent avoir le dernier mot et les chrétiens en pays islamiques sont au mieux lentement étouffés, au pire soudainement égorgés dans de peu prévisibles accès de fièvre. Bien évidemment Jésus n’a jamais prêché la conversion par la force !!C’est là une différence radicale avec Mahomet !!

  • Bonsoir,

    Très rapidement, et, en un sens, au delà d’Assise 2011 et de Benoît XVI, toute la question est de savoir ,

    - si nous, catholiques, avons encore vocation à croire en une Eglise "confessante", avant tout une, sainte, catholique et apostolique,

    ou

    - si nous, catholiques, avons désormais vocation à croire en une Eglise "dialoguante", avant tout

    1. "dialoguomane" : obnubilée par le recours au dialogue,

    2. "antagophobe" : détestant a priori tout risque, toute source d’antagonisme doctrinal en matière religieuse,

    3. "irénolâtre" : adorant par principe toute occasion d’irénisme pastoral en matière religieuse,

    4. "altéronome" : concevant désormais la norme de ses relations avec les non catholiques,

    - non en fonction de ce qu’elle a le devoir de leur (re)dire, et non de leur taire, même si cela leur déplaît : le salut seulement en Jésus-Christ ;

    - mais en raison de ce qu’elle a le désir de leur dire, ou de leur taire, pour que cela leur déplaise le moins possible, voire leur plaise le plus possible.

    Formulé autrement, cela revient à dire ceci :

    - oui au dialogue interreligieux, en tant que moyen, au service de l’annonce du fait que Jésus-Christ est le Fils unique du seul vrai Dieu, et de l’exhortation des croyants non chrétiens à la conversion au christianisme ?

    ou

    - oui au dialogue interreligieux, en tant que moyen au service de la propagation du fraternitarisme universaliste, pleinement respectueux des Droits de l’Homme, que ce soit au sein de chaque religion ou entre toutes les religions ?

    Il ne faudrait pas que tout ce qui a été initié,

    - d’abord, et un peu, depuis le Concile, dans Nostra Aetate,

    - ensuite, et surtout, depuis Assise 1986, sous Jean-Paul II,

    aboutisse, de facto, à la mise en place d’une "Organisation des Religions Unies", même non permanente, une "ORU" qui constituerait la déclinaison, périodique, en matière religieuse ou spirituelle, de l’ONU existant en matière politique ou temporelle, d’autant plus que cette ORU serait alors en contradiction manifeste avec une autre partie du Concile, que l’on trouve dans Lumen Gentium, au n° 17 :

    " En effet, tout comme il a été envoyé par le Père, le Fils lui-même a envoyé ses Apôtres (cf. Jn 20, 21) en disant : « Allez donc, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, leur apprenant à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des temps » (Mt 28, 18-20).

    Ce solennel commandement du Christ d’annoncer la vérité du salut, l’Église l’a reçu des Apôtres pour en poursuivre l’accomplissement jusqu’aux extrémités de la terre (cf. Ac 1, 8).

    C’est pourquoi elle fait siennes les paroles de l’Apôtre : « Malheur à moi si je ne prêchais pas l’Évangile » (1 Co 9, 16) : elle continue donc inlassablement à envoyer les hérauts de l’Évangile jusqu’à ce que les jeunes Églises soient pleinement établies et en état de poursuivre elles aussi l’œuvre de l’évangélisation.

    L’Esprit Saint la pousse à coopérer à la réalisation totale du dessein de Dieu qui a fait du Christ le principe du salut pour le monde tout entier.

    En prêchant l’Évangile, l’Église dispose ceux qui l’entendent à croire et à confesser la foi, elle les prépare au baptême, les arrache à l’esclavage de l’erreur et les incorpore au Christ pour croître en lui par la charité jusqu’à ce que soit atteinte la plénitude.

    Son activité a le résultat non seulement de ne pas se laisser perdre tout ce qu’il y a de germe de bien dans le cœur et la pensée des hommes ou de leurs rites propres et leur culture ; mais de le guérir, l’élever, l’achever pour la gloire de Dieu, la confusion du démon et le bonheur de l’homme.

    À tout disciple du Christ incombe pour sa part la charge de l’expansion de la foi [35].

    Mais si le baptême peut être donné aux croyants par n’importe qui, c’est aux prêtres cependant qu’il revient de procurer l’édification du Corps par le sacrifice eucharistique en accomplissant les paroles de Dieu quand il dit par la voix du prophète : « De l’Orient jusqu’au couchant, mon Nom est grand parmi les nations, et en tous lieux est offert à mon Nom un sacrifice et une offrande pure » (Ml 1, 11) [36].

    Ainsi, l’Église unit prière et travail pour que le monde entier dans tout son être soit transformé en Peuple de Dieu, en Corps du Seigneur et temple du Saint-Esprit, et que soient rendus dans le Christ, chef de tous, au Créateur et Père de l’univers, tout honneur et toute gloire. "

    Je suis sans la moindre illusion ; jamais je n’obtiendrai la moindre réponse à la question que je pose ; il n’empêche qu’elle se pose, compte tenu de la démobilisation confessionnelle qui menace d’emporter beaucoup de convictions, au sein même de l’Eglise, et qui résulte, en assez grande partie, de l’ambivalence pusillanime avec laquelle nous "dialoguons",

    - non pour exhorter les croyants non chrétiens à la conversion, à l’accueil, dans leur esprit et dans leur vie, de celui qui est l’unique Médiateur,

    - mais pour exhorter les croyants non chrétiens à chercher et à trouver, dans chaque religion, des ferments de paix, des germes de paix, dignes de l’Homme.

    Bonne fin de journée et excellente continuation.

    A Z

    • Excellente synthèse et question très pertinente A Z à mon avis.

      La question,ainsi formulée, mériterait d’être posée et reposée et développée.
      Les réponses, si réponse il y a, seraient intéressantes à entendre, plus ou moins claires et alambiquées, selon les cas.

      Très bonne idée que de reprendre les termes même du Concile qui semblerait ,pour certains tenants de "l’esprit du Concile" et d’une église nouvelle enfin "réconciliée" avec un monde naturellement bon(c’est bien connu) , très ....disons traditionnel.

      Mais qu’il est malséant de citer ainsi "le Concile"(Vatican 2 bien sur) alors que l’on en est déjà à Vatican 3(le concile non écrit) .

      Ceci dit, il faudrait peut être, en relation avec ce qui précède, se demander si , en théorie comme en pratique, l’Eglise catholique , après s’être "raliée", ne s’est pas soumise à la nouvelle donne politique et à l’idéologie relativiste et si, en réalité , la "séparation" n’est pas un leure.

      D’autant que sous-couvert de laicité, l’islam progresse numériquement et mathématiquement ici et ailleurs

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