Après Weinstein, guerre des sexes ou bal des hypocrites

par Denis Lensel

samedi 21 octobre 2017

Depuis que le scandale de prédation sexuelle de l’affaire Weinstein a éclaté à Hollywood avec quelques échos collatéraux dans le milieu du cinéma français ou du monde politique, on a assisté ces derniers jours à un déferlement de « révélations » qu’il serait probablement prudent de vérifier. Sont ainsi mises en cause plusieurs personnalités, publiquement dénoncées pour un comportement allant du harcèlement sexuel au viol…

Aux Etats-Unis, l’attitude ignoble du riche et puissant producteur de cinéma Harvey Weinstein vient d’être dénoncée, à juste titre, par une vingtaine d’actrices, américaines ou européennes, qui en ont subi divers effets. Cela depuis une bonne trentaine d’années…

Heureux coup d’arrêt ? Sans doute. Mais outre les proportions de ce scandale à répétition, outre la fâcheuse banalisation d’attitudes semblables en Europe, on ne peut que remarquer l’espèce d’« omerta » qui a caché ces agissements jusqu’à une date récente. Il est difficile de ne pas parler d’un silence complice, non pas tant certes de la part des victimes, mais de certains tiers, rendus témoins de ces faits à divers niveaux. Ce silence complaisant aura notamment été le lot de certains médias, pourtant souvent prompts à débusquer des faits croustillants dans la vie privée des stars avec l’indiscrétion des « paparazzi ».

Aujourd’hui, on cherche à réagir contre ce phénomène, et on a bien sûr raison. Mais, comme souvent, on tend à passer d’un excès à l’autre : après le silence résigné et veule, on passe sous une vague de dénonciations vite incontrôlées et incontrôlables. Ici, on risque de passer d’une lutte des sexes à un bal des hypocrites, où des loups déguisés en bergers viennent s’associer aux brebis, en d’étranges chœurs aux intentions diverses…

Le site de Twitter « Balancetonporc » a institué un étrange tribunal populaire de délation médiatico-numérique : on peut y régler ses comptes sur les « réseaux sociaux » et parfois aller jusqu’à un lynchage psychologique de présumés coupables en direct sur Internet, en omettant de passer par l’institution professionnelle de la Justice.

Résultat : là où on espérait à bon droit la clarté et la justice, on risque fort d’obtenir la confusion et la zizanie… Là où la pudeur, le sang-froid et le bon sens pourraient permettre de réfréner l’incitation à la dépravation (y compris dans certains spectacles de cinéma ou de télévision ou dans certaines modes), on risque d’aggraver le voyeurisme et la vulgarité. La cause des femmes, qu’on avait raison de vouloir défendre, risque d’en souffrir encore davantage. Quel gâchis que cette politique de Gribouille !

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CANTAT, WEINSTEIN : LA SEMAINE DE LA HAINE.

par Régis de Castelnau

http://www.vududroit.com/2017/10/cantat-weinstein-semaine-de-haine/

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