Après Charlie

entretien avec Frédéric Aimard

mercredi 21 janvier 2015

Vous avez publié sur le site Internet de France Catholique les réactions d’un certain nombre de vos abonnés pas contents du tout de votre Une et de vos articles concernant Charlie ? Qu’en pensez-vous ?

Frédéric Aimard : Si les amis qui m’ont dit ou écrit qu’ils allaient se désabonner le font réellement et bien nous n’aurons plus qu’à tirer le rideau dans quelques mois...

C’est tout ce que ça vous fait ?

Ca ne me ferait pas plaisir, car France Catho est certainement la plus belle partie de ma vie, j’y ai sacrifié énormément. Mais je commence à me faire vieux. Si nos amis considèrent maintenant que je suis un "gogo catholique", un "collabo" de l’esprit du siècle ou un partisan de la dictature bobo... je trouverai quelque chose d’autre à faire qui aura sûrement tout autant de valeur pour le sens de ma vie...

Mais quand même, les mots ont un sens : "Je suis Charlie" !

Je comprends bien ce que veulent dire ceux qui affirment fièrement "Je ne suis pas Charlie". D’ailleurs dans le même numéro Gérard Leclerc avait écrit cette phrase textuellement. Et puis je demande qu’on relise mon propre texte à tête reposée. Personnellement, je ne suis pas non plus ce journal dont je n’ai jamais acheté un exemplaire et dont je n’ai que très rarement aperçu les dessins et encore moins les articles. Même si j’avais de la tendresse pour le Cabu du temps de « Pilote » ou pour Bernard Maris, un homme dont la charité en actes et en paroles m’était connue.

Je sais bien que les mots doivent avoir un sens mais, justement, ce n’est pas toujours celui qu’on leur donne. Hier un médecin auscultait ma vieille mère qui disait "J’ai mal au ventre". Et le médecin me regardait en me disant "Je me demande bien où elle a mal"... Et j’ai été admiratif de ce praticien expérimenté qui comprenait qu’un cri de douleur peut exprimer beaucoup de choses. Donc on a mis "Je suis Charlie" à la une de France Catholique, du même mouvement que des millions de Français ont manifesté dans la rue et ont fait la queue pour avoir leur numéro d’un journal qu’ils n’avaient jamais lu auparavant. Pour ma part, je n’ai pas cherché à me procurer un tel numéro et je ne vais pas m’abonner à Charlie. Ils n’ont pas besoin de moi.

Par ailleurs, vous savez que je travaille aussi un peu pour une agence de presse à destination des hebdomadaires départementaux, l’ACIP, et, à ce titre, je reçois chaque semaine au moins 40 hebdomadaires d’annonces légales, qui ne sont pas très militants et ont des options politiques parfois très divergentes. Or je constate que presque tous on mis à la une le même logo "Je suis Charlie" et l’ont même gardé la semaine suivante... C’est aussi le cas d’un de mes voisins sur sa voiture et à sa fenêtre, de mon boulanger, durant une journée, dans sa vitrine, ce qui ne manque pas de courage même si ne nous sommes pas dans un quartier « défavorisé »... Qui serions-nous donc pour nous distinguer de ce premier mouvement populaire de solidarité nationale face au terrorisme ?

Mais on vous reproche aussi de ne pas avoir mis à la Une les autres victimes : les juifs, les policiers... Et puis d’avoir mis en danger les chrétiens du Niger dont les églises sont incendiées...

F.A. : C’est sûr qu’au moment où nous avons décidé de la Une nous n’avions pas tous les éléments d’information et d’appréciation qu’on a pu avoir seulement quelques heures plus tard. Et que l’incendie des églises en Afrique me terrorise. La seule chose qui me « rassure » c’est de penser que les incendiaires n’ont quand même pas eu le temps de voir la Une de France Catholique... Leurs pulsions meurtrières n’avaient pas besoin de nous pour se déclencher. Je ne pense pas que le prétendu million de manifestants anti-français à Grozny soit de notre responsabilité, même en partie. Ou alors on ne pourra plus jamais rien dire sur quoi que ce soit.

Les dessins de Chaunu ont également beaucoup choqué une partie de votre public, notamment celui où on voit de Gaulle dire aux dessinateurs de Charlie « bienvenue aux résistants"... Et puis vous semblez en remettre une couche en publiant la tribune de vos partenaires américains qui disent que « Charlie hebdo ne suffit pas ! »

F.A. : C’est peut-être l’occasion de rappeler que "je ne suis pas" non plus The Catholic Thing, dont nous essayons de publier la traduction des chroniques presque quotidiennement, mais dont les prises de position me mettent parfois mal à l’aise. Mais je les trouve toujours intéressantes et enrichissantes, ne serait-ce que parce qu’elles nous font découvrir une autre facette du catholicisme mondial, celui de ces catholiques nord-américains très militants... En tout cas, pour ce qui est de l’article de Jason Scott Jone et John Zmirak, je dois dire qu’il m’a en partie soulagé car nous partageons bien, au moins dans la première partie de leur chronique, ce que j’ai tenté d’exprimer dans mon article de ce fameux numéro sur Charlie, à savoir que nous avons en commun avec Charlie de participer à la civilisation des images — même dévoyées, absurdes ou abjectes comme cela arrive souvent pas seulement à Charlie — donc de l’incarnation, contre les iconoclastes... Il y a beaucoup de choses qui sont dites mieux dans cette chronique que je n’ai su le faire moi-même, même si la conclusion nous rapproche dangereusement du point Godwin...

Vous voulez parler de cette allusion à la France maréchaliste. Justement ces grandes foules unanimistes après une catastrophe nationale, ce n’est pas quelque chose qui nous rapproche du pétainisme plutôt que de l’esprit de résistance ?

F.A. : J’ai horreur de ces comparaisons où l’on part toujours du principe qu’on aurait soi-même fait le bon choix. Mais puisque vous y tenez... Bien sûr que j’y ai pensé comme vous à la lecture de la conclusion de l’article américain sur la " Divine surprise "... L’histoire de nos prédécesseurs à France Catholique est à cet égard complexe. Ils n’étaient pas de gauche, mais ce serait malhonnête de les qualifier d’extrême-droite... En tout cas Pétain n’était pas « leur copain ». Castelnau avait peu de considération pour le militaire Pétain et probablement de la répulsion pour ses mœurs. Cela l’a-t-il aidé à voir juste, à refuser tout compromis dans ses éditos régulièrement « caviardés » par la censure ? A encourager la résistance de ses amis proches et de ses enfants et petits-enfants ? Son adjoint, plus jeune, Jean Le Cour-Grandmaison, qui avait été un des théoriciens du corporatisme, a cru lui que la « Révolution nationale » était une chance pour la France... Il s’est laissé entraîner dans l’unanimisme vychiste [1] d’après la défaite militaire. Cela n’en a pas fait un salaud ni un imbécile pour autant, encore moins un collabo et d’ailleurs personne n’a imaginé l’inquiéter à ce sujet après-guerre...

Et pour conclure, sur Charlie ?

F.A. : Il n’y a que les historiens qui peuvent prétendre conclure... Aujourd’hui, on peut nous critiquer et même nous faire payer notre prise de position de la semaine dernière à l’unisson du plus grand nombre. On peut penser qu’on est tombé dans un piège que des stratèges habiles auraient pu nous éviter. Mais ce qui est fait est fait. A nous maintenant d’essayer d’en tirer le meilleur et de tenter de nous sortir du guêpier de la haine. Tentons d’être lucides. Ce qui compte vraiment, c’est ce qu’on va faire pour être nous-mêmes ou du moins ce que nous prétendons être, si ça ne vous paraît pas trop pompeux : des chrétiens, d’authentiques défenseurs de la civilisation de l’Amour, celle promue par Paul VI.

http://www.france-catholique.fr/S-abonner-a-France-Catholique.html


[1Je recommande la lecture de François-Marin Fleutot, Voter Pétain ? qui montre, entre autres choses, que ce qui compte ce n’est pas tellement comment on a réagi sur l’événement, mais ce qu’on fait ensuite.

Messages

  • Pour ma part, je suis content d’avoir dit dès le début "je ne suis pas Charlie", d’avoir pensé aux milliers d’autres victimes qui n’étaient pas prises en compte, au prix qu’allaient payer les chrétiens innocents dans les pays musulmans.

    La réaction dont on est si fier, car elle se veut universelle (ne sommes-nous pas français ?) paraît à l’étranger comme une marque d’égoïsme (seules leur souffrance et leur sécurité comptent, à ces Occidentaux qui nous font, nous on fait, tant de mal, réactions d’Africains noirs non musulmans) ou d’irrespect transgressif et blasphématoire (en terre d’Islam).

    Ce que je dis là est à l’emporte-pièce.

    Je dis cela parce que je travaille avec des migrants d’Afrique Noire et j’ai quelques amis musulmans. Tous (les uns et les autres) sont hostiles au mariage homosexuel.

    Qui les écoutera dans notre société sans les mépriser ni les manipuler ?

    Si nous allions vers les périphéries, ce serait très bien.

    G.B.

  • J’ai lu avec intérêt ces quelques réflexions.
    A titre personnel je ne suis pas Charlie, je n’ai jamais été Charlie et je ne serai jamais Charlie. Il y a eu sans doute, dans le mouvement qui a poussé des centaines de milliers de personnes à défiler le 11 janvier, un côté moutonnier, l’instinct grégaire.
    L’important, me semble-t-il, est d’essayer de sortir par en haut du piège Charlie, si tant est qu’on puisse reprocher à tous d’être tombés dans le piège.
    Il y avait une chose à défendre et une seule dans la manifestation (à laquelle je n’ai pas participé par éloignement mais à laquelle je n’aurais pas participé même sans les kilomètres), pas tant la liberté de s’exprimer revendiquée au nom des morts de Charlie Hebdo (dont je suis tout sauf convaincu qu’ils auraient apprécié cet engouement subit pour leur cause !) que la liberté tout court, cette liberté qui est la conséquence de la vérité. Et Charlie était tout sauf la vérité. C’était ce que certains appellent de l’humour. Mais l’humour ne marche pas sans l’intelligence, ni de la part de ceux qui en font profession ni de la part de ceux, quels qu’ils soient, qui en font les frais.
    Beaucoup de « moutons politiques » ont récupéré l’affaire Charlie. Je ne parle même pas de tragédie car la tragédie c’est autre chose. Ils l’ont récupéré pour revendiquer toutes sortes de vieilles lubies passées de mode : le « droit au blasphème »… et ce sont les mêmes qui vont chercher dans les archives la disparition juridique du blasphème. Et les mêmes en ont profité pour en rajouter des couches sur l’obscurantisme des « religions », toutes confondues dans l’amalgame… il faudrait beaucoup trop de temps pour reprendre les milliers de mots qui ont été prononcés, écrits, « grâce » à Charlie.
    Maintenant il suffit de laisser passer le temps. L’émotion disparue, la réflexion, peut-on l’espérer, fera prendre conscience à tous ceux qui sont allés se produire sur la « scène Charlie » qu’ils n’ont été que des moutons qui ont encore leur laine … mais pour combien de temps ?
    Et la vérité reprendra ses droits, la Vérité qui seule rend libre.

  • Oui, passons à l’après Charlie...

    On reste abonné naturellement.

  • Vous avez fait une énorme bourde et votre réaction n’était pas à la hauteur pas plus que vos dernières explications embarrassées !Un vent de folie souffle sur le monde et notamment sur la France:ce n’est le moment de se laisser emporter par la tempête !Mais,bon,vous n’êtes pas le seul !

  • Il faut sauver le soldat France Catholique et Fréderic Aimard !

    Ce serait une grande perte si nous perdions et France catholique et son directeur Frédéric Aimard pour nous tous. Quelles en seraient les raisons ?Des divergences passagères liées à l’émotion légitime, qui font partie du débat nécessaire que nous chrétiens initions. C’est notre honneur et France catholique, justement offre un cadre qui aiguise notre réflexion, l’affronte à nos défis.
    Quoi ne plus entendre la voix de Tugdual Derville , l’apôtre sans égo de nos combats, même si des toutes petites nuances peuvent nous séparer, Gérard Leclerc , nous invitant par exemple à une Metanoïa qui s’impose, Frédéric Aimard qui soutient toute la barque, et a soutenu le très attachant Philippe Ariño Que les autres me pardonnent de ne pas les citer, mais aucun ne m’ a laissé indifférent et j’ y ai toujours trouvé mon compte
    F.C a voulu être solidaire de victimes de cette barbarie, qui peut lui reprocher. ? Nous ne sommes pas toujours d’accord sur le moyen. Il est légitime d’accepter le débat et reconnaitre deux interprétations de bonne foi à ce fameux « je suis Charlie » :
    La première , c’est pure piété pour les victimes, non pour le contenu du journal ni sa re-provocation, qui a enflammé une partie du monde musulman, la seconde interprétation, c’est le refus d’un pur slogan par crainte d’accepter d’être réduits à ce que nous ne sommes pas , d’accepter finalement le sort des ennemis vaincus des Jivaros, qui voyaient leur tête réduite des trois quart et séchés pour être collectionné. Cela a été la mienne mais je ne vais pas relancer le débat surtout que j’ai profité de l’hospitalité si généreuse de F.C et que j’ai pu m’exprimer sans crainte.
    (Sans relancer donc le débat, je m’interroge quand même sur le dessin de Chaunu. Il a voulu être gentil, mais enfin assimiler Charlie à la Résistance, était-ce vraiment une bonne idée. ? Charlie ce n’est quand même pas Elisabeth de Mirbel, Simone Weil ou Edith Stein qui on toutes ont été des figures de la Résistance par leurs écrits et par leurs témoignage bouleversant. . Il y plus que des nuances entre ces deux formes de résistance et si la vieille génération le sait, (la mienne) la nouvelle, souvent non. Ne risque-elle pas d’être totalement désinformée. Par un dessin trop gentil ? Je sais bien que devant mort une secrète illumination sous saisit que nous projetons à juste titre sur le mort.par ce que nous sentons solidaire d’un destin qui transcende sa vie et la notre. Ce geste est-il toujours compris ou accepté des survivants le jour de son enterrement ! Est- que cela a été le cas à Pontoise ?
    D’autre part l’article de « Catholic Thing » intéressant à citer, certes, mais sur lequel d’ailleurs Frédéric Aimard fait des réserves, contient une affirmation fausse, certes répétée à l’envie : « la divine surprise » qui aurait été souhaitée.par certains en 1940 Cela n’a rien à voir avec le souhait de la victoire allemande, c’est purement et simplement un faux historique. On peut penser ce que l’ on veut de l’attitude de ceux qui ont ralliés Pétain, c’est un autre débat, on ne peut l’instrumentaliser par un procès d’intention. Être chrétien , ce n’est pas pratiquer le mensonge par omission ou le laisser passer, être catholique, ce n’est pas être militant, même pour un écrivain ! .)
    Ces remarques faites je suis d’autant plus à l’aise pour dire pour tout ce qui m’attache à F.C. Sauvons le soldat France Catholique et allons-y encore de nos poches, aïe ! de la mienne aussi. On va voir ce qu’on peut faire. !

    Henri Peter

  • Bonjour

    Je partage l’opinion de ceux qui n’ont pas compris qu’un journal catholique puisse écrire "je suis Charlie" et je ne me sens absolument pas concernée par "l’unité de toute une profession, celle des journalistes et celle des dessinateurs de presse". Ce n’est pas parce qu’on est journaliste ou dessinateur qu’on peut s’arroger le droit d’écrire ou de dessiner n’importe quoi, surtout en matière religieuse. De plus, les assassinats ne visaient pas que les dessinateurs mais aussi des policiers et des personnes de religion juive.

    Bien cordialement

    Véronique Bel

  • Merci de la richesse et de la diversité de votre journal. On vous conteste ces temps-ci devant certaines de vos réactions ? Nous aussi, nous avons évolué au fil du temps et des événements, passant de l’émotion à la réflexion. Votre journal m’est très cher depuis ma jeunesse - mes parents le lisaient déjà- et j’apprécie justement ce côté réactif et vivant, avec la présentation dans la Lettre numérique, de certaines prises de position à l’étranger sur lesquelles je suis parfois déconcertée mais qui font pourtant réfléchir. La France n’est pas le centre du monde. Nous sommes tous embarqués dans un monde nouveau, merci de nous faire participer à sa construction en osant dire autre chose que ce que nous attendons par tradition et en faisant parler d’autres voix. Mais gardez celle de Gérard Leclerc, si mûre et pondérée ! L’Evangile aussi nous déconcerte parfois, et les paraboles n’ont jamais la conclusion que nous pourrions attendre. Restez ce journal moderne, libre, ouvert et si proche aussi de l’Eglise qui est la nôtre.

    Cordialement.

    Marie-Madeleine A.

    • "Sans volonté de récupération". "Juste pour montrer l’unité de toute une profession celle des journalistes et celle des dessinateurs de presse".
      ----------------------

      C’est lignes sont prises de l’article de F. Aimard daté du 10 janvier 2015, ma réponse (dont j’ai perdu la trace) a été la première intervention, suivie de deux ou trois autres, je ne m’en souviens plus. Sauf que j’avais essayé de comprendre le raisonnement de F. Aimard alors qu’il informait avoir décidé de mettre en une du prochain numéro de FC la pancarte "Je suis Charlie". Après avoir lu cet article du 10 janvier, il m’en souvient avoir soumis mon refus d’approuver, à titre personnel, cette pancarte. Mais les lignes reprises ci-dessus (preuve que je les avais noté sur une feuille) m’avaient fait réfléchir. D’où ma conclusion que c’était pour souligner l’unité entre professionnels de la presse que F. Aimard avait fait son choix, sans adhérer (même si la question n’était pas abordée) pour autant à la nature des caricatures.

      Concernant le dessin de Chaunu en couverture, mon interprétation pourrait porter à rire et, peut-être, à me ridiculiser, mais j’en prends le risque : j’ai regardé et étudié ce dessin à la façon dont parfois les "psy" usent en soumettant une feuille représentant, par exemple, un nuage ou une tête d’éléphant stylisée en demandant au "patient" : "qu’est-ce que tu vois là-dedans ?". Et donc, ma propre vision est subjective, puisque au-delà de la pancarte, je ne vois aucun tueur mitrailleuse au poing mais les corps affalés de cinq personnes, dont deux à genoux et les autres debout, tous retenus par des cordes attachées à des crayons qui les dépassent. Crayons pour expliquer la profession, mais des crayons ressemblant à cinq fusées donc autant d’armes. On aura compris mon interprétation et on aura peut-être ri de moi. "Ego te absolvo".

      Cette tragédie est terminée, et ce N° 3428 de France catholique doit nous inciter à soutenir de toutes nos forces, de toute notre bonne volonté, à nous tenir tous par la main pour exprimer notre attachement à ce journal et à son équipe à tous les niveaux. Parce que France catholique est un outil de presse différent de bien d’autres, sinon de tous les autres, que c’est un peu, avec son forum, comme un ami à qui nous confions nos idées, nos réactions, bien d’opinions qui sortent de nos tripes et que nous ne pourrions crier nulle part ailleurs car la vraie liberté d’expression nous est offerte ici (à quelques abus près). La vraie liberté d’expression.

      Nous ne saurions jamais assez remercier F. Aimard, G. Leclerc, T. Derville, toutes celles et ceux qui livrent régulièrement des articles, celles et ceux qui sont à la traduction, les techniciens, j’en oublie et que l’on me pardonne, bref, tout ce petit monde qui se bouscule comme autant abeilles dans une ruche pour nous offrir le meilleur.

      France catholique est notre maison à portes ouvertes. Vous l’avez dit avant moi, il nous revient de la protéger.

  • Moi non plus, je ne suis pas Charlie. J’ai exprimé suffisamment clairement, je suppose, quelque part dans ces forums, ce que je pensais de ce torchon, minable promoteur d’une érotomanie omniprésente et d’une grinçante et grimaçante culture nihiliste de la dérision.

    Les attaques gratuites contre la religion catholique, en particulier, et contre toutes les religions qui prétendaient défendre des valeurs à rebrousse-poil de la nouvelle morale convenue libertine-libérale-libertaire n’ont pas cessé avec l’attentat récent : l’obscène, provocatrice et stupide caricature de sœur Emmanuelle du numéro millionnaire en est la dernière illustration. Persiste et signe (avec la bénédiction de tous les faux-culs larmoyants qui sont prêts à accorder des subventions pour que C.H. renaisse de ses cendres)...

    Pour moi, Charlie Hebdo ne fait pas partie de la catégorie presse mais de celle de tous ces libelles injurieux et obscènes qui ont toujours circulé, depuis des siècles, plus ou moins sous le manteau. En faisant remarquer que ces libelles du temps jadis étaient la plupart du temps financés par de puissants commanditaires qui ne faisaient pas cela par pure philanthropie. (*)

    Que des lecteurs de France Catholique ne soient pas d’accord avec cet affichage "Je suis Charlie", je peux parfaitement le comprendre.

    Cependant, il faut également comprendre que ce qui s’est passé le 7 janvier, et son lendemain, est largement plus complexe qu’une simple alternative binaire Je suis pour Charlie/ Je suis contre Charlie. En outre, les émotions populaires sont porteuses de leur propre dynamique et laminent impitoyablement toute subtilité des réactions individuelles où la lucidité peut encore servir de garde-fou.

    C’est pourquoi il me paraît un peu excessif et rapide de confondre un slogan fugace avec l’ensemble de l’œuvre de France Catholique qui ne saurait en rien être suspecté d’aucune collusion avec l’idéologie de Charlie Hebdo.

    Pour ma part, je le répète, “je ne suis pas Charlie” mais j’adhère pleinement à la ligne éditoriale de France Catholique. Et j’espère que tous ses autres lecteurs continueront d’en faire de même (où trouveraient-ils l’équivalent d’une telle (vraie) liberté de jugement)...

    * Ceci dit, lorsqu’on voit par qui le Monde est financé, par qui Libé, Le Figaro et tous les autres organes de la grande presse nationale et locale sont eux-mêmes financés, on ne se fait plus d’illusions sur le côté “spontané” des articles et sur l’indépendance de ladite presse...
    Dis-moi qui te paie, et je te dirai ce que tu vas écrire dans ton prochain article...

  • Ne pouvant ici ratisser soigneusement toutes les interventions, je ’soustraite’ (lien ci-dessous) ce très bon article de Philippe Conte de l’Observatoire Socio-Politique (OSP) de l’Évêché de Fréjus-Toulon.

    Je partage l’analyse de Philippe Conte que le ’substrat’ de la société française est imprégné -jusqu’au non débat- sur les sujets positifs structurants et les ouvertures fondamentales que doit maîtriser, tout en acquérant ses expériences, une société forte et lucide. Autrement dit tout le contraire de la société française formatée par la République qui s’est imposée historiquement comme modèle(?). Cette société française que je trouve personnellement une société restée ’adolescente’ au sens historique et qui n’est pas encore (mais que c’est long et pénible !!) arrivée à l’âge adulte !

    Depuis le -passage à l’acte- dramatique et coûteux du ’meurtre du père’ (exécution du roi Louis XVI) et l’ignoble guerre génocidaire contre la Vendée, l’absolutisme égalitaire, fraternel et libertaire (ou libertarien) du grand "frère républicain" n’a fait que développer sa calcification et se fossiliser toujours plus.

    Comme le dit l’Évangile : "les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers". Voici deux exemples historiques plutôt marquants : le Portugal, dès le 15ème siècle, fut la première puissance colonisatrice occidentale par les routes maritimes que ses marins découvrirent dans le monde et le Portugal fut le dernier pays de la série des puissances historiques colonisatrices à abandonner son Empire colonial (en 1974).
    Et bien la France, première puissance ’révolutionnaire’ au monde, sera probablement la dernière puissance acquise à la Révolution à abandonner ses ’certitudes révolutionnaires’ lesquelles, aujourd’hui, font de la ’France’ un pays à cheveux gris, autiste ou schizophrène, qui rabâche depuis 68 ses "valeurs républicaines" comme autant de pièces maintenant dépareillées dans un monde qui ne l’a pas attendu... Résultat : il y a une quinzaine de jours, on vient d’en avoir un échantillon en plein Paris... Et en plus, des pays, voire des continents manifestent hostilement contre la France.

    Ci-dessous, à lire attentivement :

    http://osp.frejustoulon.fr/le-retour-de-la-violence-extreme/

  • Quand on parle on dis, qu’il faut tourner sa langue....quand on écrit des choses vraiment blaissantes, qui font mal, c’est bien pour faire, mal a des lecteurs, comme moi au sujet du Christ.
    J’en ai pleuré aussi, mais je n’ai pas eu des idées issues hors de mon
    éducation, de Chrétien. Dieu merci.
    Quand aux frères Musulmans, je les laissent a leurs méditations,. Par contre je les remercient d’avoir prié pour la France.
    J’ai aussi prié pour eux dans l’affaire de Thibérine. Les Chrétiens ont beaucoup pleuré aussi, a ce sujet. Et avec les habitants je prie pour eux, qui ont eu la Grande Joie celle que nous soyons Frères.
    Je déplore l’immense silence, qui comme une chape de plomb c’est abattue sur le pays.

  • C’est seulement à l’instant que je viens de lire l’article de Frédéric AIMARD et je tien à l’assurer que nous poursuivrons notre abonnement quelque soient les différences d’appréciation car la qualité du journal est réelle. Je vous assure tous de nos prières.

    Noël S.

    abonné

    • réf. : message du 27 janvier 10:38

      C’est après une re-lecture approfondie que je crois avoir compris l’esprit de la démarche de Frédéric Aimard. Il me semble déjà avoir émis ma vision sur le sujet. Quoiqu’il en soit, et au vu des messages des intervenants sur la question, il est clair que, non seulement nous nous devons (bien sûr pour celles et ceux qui le veulent) de soutenir France catholique, mais si possible et chacun selon ses moyens, de défendre ce que représente ce medium comme respect de la véritable "liberté d’expression", et, je le répète, qui est notre maison à portes ouvertes.

      France-catholique continuera, malgré les difficultés liées au financement puisqu’indépendant et ne se pliant à aucun diktat commercial, sauf erreur, l’opportunité nous est offerte de contribuer à le faire découvrir à ceux qui ignorent son existence, par exemple. Si nous faisions chacun de notre côté preuve d’imagination à cette fin, et en faisant confiance à Celui qui peut donner un coup de pouce, et surtout ne jamais baisser les bras.

      Ensemble, tout devient moins difficile. FC est ce lien qui nous unit.

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