Antispécisme

par Gérard Leclerc

lundi 8 octobre 2018

La corporation des bouchers est en émoi, les pouvoirs publics et les forces de l’ordre sont inquiets. Les expéditions punitives contre les boucheries se sont multipliées ces temps derniers. On a déploré aussi un incendie volontaire contre un abattoir. Il s’agit d’un mouvement de fond, de dimension internationale, avec son avant-garde militante et ses intellectuels théoriciens de l’antispécisme ou du véganisme. L’antispécisme se refuse à admettre une différence fondamentale entre l’humanité et l’animalité. Le véganisme lui est associé, puisqu’il consiste dans un mode de vie sans nourriture animale. Tant qu’il s’agissait d’une controverse philosophique, la paix sociale n’était pas affectée. Dès lors que les convictions déterminent un militantisme qui peut prendre un tour violent, on peut commencer à s’inquiéter.

Mais c’est quand même la question de fond qui est prioritaire. L’antispécisme est-il recevable ? Alain Finkielkraut, qui vient de publier un ouvrage sur le sujet, répond que non ; l’antispécisme est une aberration. Pourtant il se déclare ardent défenseur de la cause animale. Répondant à Eugénie Bastié pour Le Figaro, il a recours à Chesterton, cet humoriste génial et surtout profond : « Si vous voulez dissuader quelqu’un de boire un dixième whisky, vous pourriez fort bien lui donner une cordiale bourrade en lui disant : “Allez courage, soyez un homme !” Mais en revanche pour dissuader un crocodile de dévorer un dixième explorateur, ne songez pas à lui donner une cordiale bourrade en lui disant : “Allez courage, soyez un crocodile !” »

Ce bon sens souverain ne convainc pas tout le monde. Il y a toute une littérature antispéciste, parfois délirante et même dangereuse. Elle provoque de justes répliques d’ordre philosophique. Mais la théologie s’en mêle désormais. La dernière livraison de la revue internationale de théologie Communio est consacrée justement à la nourriture. « Manger, écrit Jean Duchesne, c’est bien plus révélateur que nous l’imaginons de ce que nous sommes et de notre vocation. » Et le philosophe Vincent Carraud aborde la question cruciale « manger de la viande », mais ce n’est, de son propre aveu, qu’une introduction. De fait, nous n’avons pas fini d’en parler !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 8 octobre 2018.

Pour aller plus loin :

Messages

  • Cet article n’a vocation qu’a dénigrer une forme de pensée montante. L’auteur ne prend meme pas la peine d’expliquer réellement ce que cette pensée revendique, et ne s’interroge pas sur les raisons qui l’aurait poussé a émerger. Ne serait-il pas plus intéressant de questionner les facteurs qui aujourd’hui poussent certaines communautés a défendre la cause animale ? Plutôt que de produire un texte sans fond ne représentant qu’une simple critique réactionnaire.

  • L’homme est proche de l’animal selon les Végans. Je ne comprends pas dans ce cas pourquoi il ne doit pas manger de viande. K Lorentz avait expliqué que les animaux d’une même race ne se mangent pas entre eux, mais qu’ils mangent ceux qui appartiennent à une race différente. Dans un écosystème, on a toujours : de l’eau absorbée par les végétaux, ceux-ci mangés par les herbivores (pucerons par exemple) qui ensuite seront mangés par les insectivores (oiseaux) eux-mêmes mangés par les carnivores (rapaces) dont les cadavres seront décomposés par les décompositeurs (vers- de- terre) et retour à l’eau du départ. Nous avons une dentition d’omnivores. A la différence des animaux, nous pouvons supprimer la souffrance supportée par les animaux que nous mangeons et nous pouvons préserver les écosystèmes en régulant les prédations et en supprimant les polluants. Mais nous ne pouvons pas inventer une morale qui changerait la nature des être vivants

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