Angela Merkel et le féminisme

par Gérard Leclerc

lundi 27 septembre 2021

Angela Merkel.
© א (Aleph) / CC by-sa

Des élections allemandes je ne saurais ajouter aux commentaires qui nous renvoient à une situation politique très différente de la nôtre. Il n’est question que de coalition entre formations, conservatrice, sociales-démocrate, verte. Une perspective impensable chez nous ! Angela Merkel quitte le pouvoir auréolée de ses seize années de chancelière à la tête d’un pays dont la prospérité économique n’a cessé de s’affirmer. Ce qui ne veut pas dire, bien sûr, qu’il n’y a pas de difficultés dans cette Allemagne d’aujourd’hui. Simplement, Angela Merkel aura fourni l’exemple d’une façon de gouverner, propre à une femme, forte d’une popularité impressionnante.

Est-ce à dire que les féministes, du moins les plus engagées, sinon les plus extrêmes, se reconnaissent dans cette personnalité ? Je n’en suis pas convaincu, tout d’abord parce que ce n’était pas le genre de la chancelière de se recommander d’une idéologie très marquée, le pragmatisme étant plutôt son mode de gouverner. Il est d’ailleurs intéressant de remarquer que les femmes qui accèdent aux grandes responsabilités ne répondent nullement aux canons féministes. Je songe ainsi à Margareth Thatcher. Mais on pourrait en dire presque autant chez nous d’une Simone Veil, dont on a voulu pourtant faire une icône de l’émancipation féminine. Et c’était le contraire qui était vrai. Elle ne supportait pas le militantisme MLF, et elle était très loin de se reconnaître dans l’idéologie du gender.

Tout cela pour dire que, si la voix du pouvoir est désormais ouverte aux femmes, telle Angela Merkel, elles sont très loin de se reconnaître dans l’archétype féministe qu’on voudrait nous imposer.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 27 septembre 2021.

Messages

  • Un modèle à suivre et par les femmes et par les hommes !
    Votre commentaire touche un sujet sensible pour tous, tabou pour d’autres, commun au genre humain.
    Angela Merkel, Simone Weil, la philosophe du même nom, Mss Thatcher sont elles des femmes comme toutes les femmes, ou inspirées des lois masculines de l’exercice du pouvoir ?

    La majorité masculine des hommes de pouvoir a-t-elle influencé leur conduite des affaires publiques ?

    Complexe de traiter le sujet sous cet angle partisan, uniforme, schématique de la chose.

    Elles furent de leur temps, de leur époque comme femme, épouse, mère pour certaines, et leur modèle dérangeant somme toute des sectarismes possibles, conditionne le sens commun des choses.

    On ne leur demande plus leur identité sexuelle, ni leur nature du genre, mais bien l’intelligence et la faculté d’être à leur porte exposé aux critiques simplifiées parce que femmes, et concurrentes possibles pour les hommes froissés dans leur amour propre ou leur assurance.

    Si d’un point de vue politique elles excellent parfois dans l’intuition et la perspicacité, elles sont citoyennes accomplies dans leurs tâches et leurs mandats.

    On connait la tentation de les comparer aux hommes, ce qui d’un point de vue macho est insupportable aujourd’hui pour elles.

    Elles existent comme femmes, et leur apport à la diversité humaine compte de plus en plus dans l’espace public comme une garantie de leur compétence.

    Le monde, le nôtre, a changé de cet angle du regard et des postures à leur égard.

    D’aucuns le trouvent inédit, contrariant et dérangeant parfois pour la conduite des choses partagées ensemble pour le bien commun de la vie.

    Mais si l’évolution est notable désormais, les bénéfices de cette complémentarité nécessaire sont patents !
    Les moeurs politiques demeurent arbitraires à leur égard, les modalités des changements sont des conditions vitales d’un vivre ensemble qui du foyer familial, aux espaces publics, associatifs, professionnels, appellent une souplesse admise et partagée.

    Y sommes-nous préparés ?

    Peu ou prou, si l’on juge les excessives déclaration partisanes des féminismes outranciers, des sectaires en l’état.

    L’avenir s’inscrit dans cette harmonie nécessaire pour bâtir en commun la mixité de la communauté humaine, au delà des concessions nécessaires, ou des abandons de fonctions propres, et aux femmes et aux hommes.

    Difficile de penser ces évolutions sans rupture, sans épreuve, sans fâcherie parfois, dans ce monde en mutation qui ne cède le pas aux enchantements faciles.

Un message, un commentaire ?


Les forums restent ouverts durant 15 jours après la date de publication

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.