Accueillir le nouveau pape

lundi 11 mars 2013

Lorsque ce journal paraîtra, le nouveau pape sera apparu à la loggia de la basilique Saint-Pierre. La décision inattendue de Benoît XVI aura donc débouché sur une succession qui se sera déroulée en peu de temps, sans que le cours des choses ait été précipité. Les cardinaux ont pu se concerter durant plus d’une semaine, en prenant mieux conscience des dimensions et des difficultés d’une «  Église-monde  ». Ainsi a pu se dessiner à mesure la personnalité morale du nouvel évêque de Rome. On pressent les principaux critères qui ont présidé à leur choix, pour se mettre finalement d’accord sur le nom du plus apte d’entre eux à exercer la mission du pasteur suprême. On n’imagine pas que le successeur de Jean-Paul II et de Benoît XVI ne dispose pas de cette dimension spirituelle et théologique qui lui permettra d’assurer son magistère. On sait aussi que ce docteur devra être un pasteur aimant et vigilant. Il lui faudra gouverner, et donc prendre des décisions difficiles, ne serait-ce que pour mieux adapter l’organisme curial qui l’assiste dans ses tâches si diverses.

Exercer la mission de Pierre dans l’espace de la civilisation actuelle ne va pas non plus sans une disposition à la communication, à la mobilité pour visiter toutes les Églises, y ranimer les énergies. En ce sens, la grande rencontre des JMJ, l’été prochain à Rio de Janeiro, constituera pour le nouveau pape non pas tellement une épreuve, mais une occasion exceptionnelle pour assumer sa charge de témoin de la foi face aux nouvelles générations à qui il s’agit de transmettre la plénitude de la tradition et de la vie chrétienne. C’est dans la dynamique d’une communion en acte que les défis du siècle seront les mieux intégrés et surmontés.

Ce qui nous ramène à certaines discussions qui ont précédé le conclave. L’Église est toujours à réformer. Le Père de Lubac préférait dire qu’elle est toujours à purifier. Dans le même sens, Bernanos écrivait sans crainte qu’elle a plus besoin de saints que de réformateurs, à ceci près que les saints sont les véritables réformateurs. Ce n’est jamais par des négociations médiocres avec l’esprit mondain que le christianisme a surmonté les crises les plus graves de son histoire. C’est grâce à des âmes supérieures qui renouvelaient par le haut les conflits apparemment sans issue, et se lançaient avec une audace surnaturelle dans les grandes aventures du Salut toujours à répandre et à communiquer. 

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