Voile islamique : un déf i civilisationnel - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Voile islamique : un déf i civilisationnel

En cas de victoire à la présidentielle, le RN annonce un référendum sur l’islamisme et l’interdiction du voile assortie d’une amende. La classe politique, divisée, est bien en peine d’analyser ce qui se cache derrière la question du voile.
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© Pascal Deloche / Godong

Est-il encore possible de réfléchir sereinement à la place de plus en plus prégnante que prend le port du voile islamique dans la société française ? Et surtout, est-on capable de discerner ce qu’il dit profondément de notre société ? Lorsque le député RN Jean-Philippe Tanguy relance le débat sur l’interdiction et la sanction du port du voile dans l’espace public, tous les candidats à l’élection présidentielle jugent la proposition inapplicable. Édouard Philippe, le candidat Horizon, la juge « inconstitutionnelle » et même « scandaleuse » ; le socialiste Raphaël Glucksmann déclare que « la laïcité, ce n’est pas la police du vêtement ». Du côté de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon fait son mea culpa, considérant comme une « grave erreur » le fait d’avoir par le passé qualifié le voile de « signe de soumission patriarcale ». Même à droite, le patron des LR, Bruno Retailleau, dénonce du « populisme et de la démagogie », préférant s’attaquer à l’idéologie des Frères musulmans en créant « un délit d’entrisme ».

« Un étendard »

Sur Europe 1 (02/09/2026), Vincent Trémolet de Villers estime que « ce n’est pas le rôle de l’État de surveiller les signes religieux portés par des adultes dans la rue. C’est indiscutable, il existe un islam politique dans notre pays dont le voile est souvent l’étendard. Il s’appuie surtout sur une masse démographique de plusieurs millions de personnes. La politique d’immigration leur a permis de s’installer en France et nous voudrions désormais régenter leurs mœurs par la loi. C’est oublier la phrase de Montesquieu : « La loi n’est rien si elle ne s’accorde avec les mœurs et les manières. » » De son côté, l’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler, présidente du Centre de recherche sur le frérisme (CERIF), considère dans Le Figaro (01/09/2026) la proposition du RN comme politiquement risquée « car le retournement victimaire, ce mécanisme par lequel les organisations fréristes convertissent toute contrainte en preuve de persécution, fonctionne d’autant mieux qu’on lui donne un fait à exhiber : une amende infligée à une femme dans la rue, filmée et diffusée sur les réseaux, surtout s’il y a altercation ».

« Un abandon de civilisation »

Pour Laurence de Charette, éditorialiste au Figaro, le combat à mener contre le port du voile islamique n’est ni religieux, ni politique mais civilisationnel : « Ni les textes qui organisent la laïcité, ni les subterfuges législatifs bricolés jusqu’ici n’en épuiseront le fond : la déliquescence d’un imaginaire et d’un désir commun, l’effondrement de ce partage d’âme qui rassemble un peuple » (03/09/2026).

Une analyse partagée par Vincent Trémolet de Villers sur Europe 1 (02/09/2026) lorsqu’il confie : « Le mot d’ordre de la France contemporaine, c’est le slogan de McDonald’s : « Venez comme vous êtes. » Le vide a été un choix de société. Les militants islamistes en profitent pour essayer de le remplir. La question du voile au fond n’est pas une question législative, c’est le symptôme d’un abandon de civilisation. » Pour l’éditorialiste, le relèvement passe par le fait « d’assumer la marque chrétienne de la France car personne ne peut s’intégrer à une société désintégrée. C’est en cela que les déconstructeurs sont les alliés objectifs de l’islam politique. »

Quel candidat à l’élection présidentielle saura s’en souvenir ?