Hors contrat et armée : une nouvelle af faire des fiches ? - France Catholique
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Hors contrat et armée : une nouvelle af faire des fiches ?

Sur Parcoursup, un parcours scolaire dans le hors-contrat est un critère rédhibitoire à l’inscription au lycée militaire de la Flèche. Un fait qui souligne la défiance de l’État à l’encontre de catholiques traditionalistes.
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Le lycée militaire Le Prytanée, vue de l'extérieur. © Adobe Stock / Eric

À l’heure où les questions de défense sont au cœur des préoccupations, peut-on se permettre de se passer de futurs officiers au fort potentiel au prétexte qu’ils sont probablement issus de familles catholiques traditionalistes ? Au départ, l’information révélée par Le Figaro (04/07) ne semblait s’inscrire que dans la défiance suscitée, depuis plusieurs années, par l’insolent succès du hors contrat : parmi les « critères éliminatoires » fixés par Parcoursup à une sélection au prestigieux lycée militaire du Prytanée de La Flèche (Sarthe), figure « l’inscription dans des établissements hors contrat ». « Une telle exclusion constitue une rupture manifeste du principe d’égalité de traitement qui doit présider à l’accès aux formations publiques, fustige Anne Coffinier, présidente du réseau spécialisé dans le hors-contrat Créer son école, dans une lettre à la ministre des Armées Catherine Vautrin relatée par Le Monde (03/07). Elle prive des élèves de toute possibilité de voir leur candidature appréciée sur leurs résultats, leurs aptitudes et leur mérite, au seul motif de leur parcours scolaire. »

Consignes non écrites ?

Mais l’affaire se précise lorsque plusieurs parents d’élèves recalés forment un recours et constatent que leurs cinq enfants, aux résultats excellents, ont pour point commun d’être passés par des écoles certes hors contrat, mais surtout affiliées aussi bien à l’Institut traditionaliste du Christ Roi Souverain Prêtre qu’à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Dans Le Monde, Anne Coffinier se fait d’ailleurs l’écho de « consignes non écrites données par le précédent ministre des Armées, Sébastien Lecornu, pour casser la filiation militaire venue de familles où l’on est officier de père en fils », éloignant de facto, selon le quotidien du soir, « des catholiques traditionalistes ».

Interpellé par Le Figaro, le ministère des Armées assure qu’il s’agit d’une « initiative personnelle, regrettable et erronée ». Le 3 juillet, Catherine Vautrin a même annoncé « une enquête administrative flash afin d’établir les circonstances de ces agissements individuels » et d’en tirer « toutes les conséquences, y compris disciplinaires ». La ministre ajoutant veiller à « ce qu’aucune forme de discrimination, de quelque nature que ce soit, n’ait cours dans les établissements relevant du ministère des Armées », comme le rapporte Valeurs actuelles (03/07).

De 1904 à 2026

Côté politique, le sujet n’a guère provoqué de remous à l’échelle nationale. Sur le plan local, une élue n’a cependant pas hésité à saluer l’interdiction affichée par Parcoursup : Lætitia Saint-Paul, députée Horizons de la 4e circonscription de Maine-et-Loire, elle-même ancienne élève du Prytanée et de Saint-Cyr – où elle affirme avoir été victime de grave harcèlement. Se remémorant des camarades de lycée militaire « [portant] la devise “Dieu, le roi, la France” », l’ancien officier lance, dans Le Maine libre (05/07) : « Un jour les élèves du Prytanée commanderont l’institution militaire. Veut-on qu’elle soit commandée par ceux qui ont fait sécession avec la République ? » Difficile de ne pas songer à « l’affaire des fiches » (voir FC n° 3931) tant l’accusation ressemble, mot pour mot, à celles ayant retenti à l’Assemblée nationale au début du XXe siècle. En 1904, le ministre de la Guerre, le général Louis André, aidé du Grand Orient de France, avait alors constitué 18 000 dossiers d’officiers catholiques, afin de bloquer l’avancement et les décorations des plus fervents – dont le général de Castelnau, fondateur de France Catholique.