« Magnifica humanitas rappelle que le vrai progrès ne peut pas être orgueilleux » - France Catholique
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Le journal de la semaine

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« Magnifica humanitas rappelle que le vrai progrès ne peut pas être orgueilleux »

Récapitulant la doctrine sociale de l’Église, l’encyclique de Léon XIV donne aux fidèles des clés pour faire face aux défis posés par le progrès technologique, explique le Frère Jean-Marc Mielle, religieux de Saint-Vincent-de-Paul.
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La Tour de Babel (1563), de Brueghel l’Ancien (1525-1569).

La Tour de Babel (1563), de Brueghel l’Ancien (1525-1569).

« Magnifica humanitas est une fresque magnifique, dont nous avions besoin, montrant à quel point la doctrine sociale de l’Église (DSE) a accompagné notre histoire. Léon XIV en rappelle les grands principes. D’abord, le bien commun : chacun doit avoir conscience qu’il n’est pas un individu isolé, mais qu’il est là pour travailler au bien de tous. Le Pape évoque également le principe de subsidiarité, terme qui a germé à l’époque de Pie XI, qui faisait face aux totalitarismes : l’État ne doit pas concentrer tous les pouvoirs et doit aider chaque personne, chaque corps intermédiaire, à exercer les responsabilités dont il est capable. Il est aussi question de la destination universelle des biens : la Création, que Dieu nous a donnée, est faite pour subvenir aux besoins de tout un chacun, afin qu’il ait une vie décente. Concrètement, cela signifie qu’il faut qu’un minimum de biens matériels soient accessibles à tous, afin de bien vivre. Cela est lié à ce que Léon XIV appelle le principe de solidarité, qui signifie la communication mutuelle des biens : qu’ils soient matériels, spirituels ou culturels, les biens doivent circuler dans la société dans une forme de communion. Enfin, l’encyclique évoque la justice sociale, qui consiste à rendre à chacun ce qui lui est dû.

« La relation à Dieu est au cœur de l’encyclique »

Comme tous les documents rattachés à la DSE, cette encyclique place au centre la relation à Dieu. C’est là le cœur de tous les débats actuels, notamment sur le transhumanisme. Léon XIV rappelle que le vrai progrès ne peut pas être un progrès orgueilleux. Il doit prendre en compte la relation à Dieu et accepter de la fragilité de l’humanité, fragilité que Notre-Seigneur Jésus-Christ a assumée en s’incarnant, afin de nous délivrer du péché, c’est-à-dire de l’orgueil qui consiste à rejeter Dieu. Comme le dit Léon XIV, il ne faut ni « enthousiasmes naïfs » ni « peurs stériles » face aux défis de notre temps. Pour nous aider, l’Église dispense de nombreux enseignements et Magnifica humanitas rappelle que rien de ce qui est humain n’échappe à la préoccupation de l’Église ! À nous de nous mettre à la suite de Néhémie, qui reconstruisit la muraille de Jérusalem. Cette reconstruction symbolise bien ce qu’est la doctrine sociale de l’Église : elle valorise le travail individuel, mais la muraille ne pourra être érigée que si chacun apporte sa pierre à l’édifice. »