L’euthanasie est-elle une fatalité ? - France Catholique
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Le journal de la semaine

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L’euthanasie est-elle une fatalité ?

Après l'Écosse et la Slovénie, le Parlement anglais vient de rejeter « l'aide à mourir » : la légalisation de l’euthanasie et du suicide assisté n'a rien d'inéluctable.
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© Adobe Stock / sudok1

Enlisé dans la procédure parlementaire tant il suscitait d’oppositions, le projet de loi sur l’aide à mourir en Angleterre et au Pays de Galles a échoué le 24 avril. En juin 2025, la Chambre des communes avait approuvé la légalisation du suicide assisté pour certains malades en phase terminale. Bloqué durant des mois à la Chambre des lords – la Chambre haute du Parlement anglais –, le texte a été abandonné la semaine dernière, le temps imparti pour son examen ayant été dépassé.

En Écosse aussi, le 17 mars, le Parlement a rejeté en troisième lecture la proposition de loi visant à autoriser le suicide assisté pour les adultes en phase terminale, dont le pronostic vital serait engagé. À 69 voix contre 57, ce vote a mis un terme à un processus législatif long de près de deux ans. Au cours des débats à la Chambre, les craintes concernant la protection des personnes vulnérables, les pressions que pourraient subir les personnes âgées, malades ou handicapées, la liberté de conscience des soignants et des institutions, la fragilité des garde-fous et l’exemple inquiétant des pays étrangers ont fortement pesé dans la balance. Tout comme l’opposition d’une large part du corps médical.

L’exemple slovène

Le 23 novembre 2025, autre victoire. Les Slovènes ont rejeté par référendum la légalisation du suicide assisté, à 53 %. Adoptée par le Parlement en juillet 2025, la loi autorisait les patients lucides atteints d’une maladie physique incurable à recourir à la mort programmée. L’Église dénonçait une législation «contredisant l’Évangile, la loi naturelle et la dignité humaine». Une organisation citoyenne, le Mouvement pour les enfants et la famille, est alors parvenue à empêcher «l’empoisonnement des malades et des personnes âgées» en réunissant les 40 000 signatures nécessaires à la tenue d’un référendum dans ce pays de 2 millions d’habitants. Les arguments des défenseurs de la vie ont porté sur la priorité à donner aux soins palliatifs, l’incompatibilité de ce texte avec l’article 17 de la Constitution slovène qui proclame le caractère inviolable de la vie humaine, et les risques de dérives inhérents à cette autorisation. Leurs appels ont été entendus et les Slovènes ont désavoué leurs représentants.

En Pologne, en Irlande, en République tchèque, en Roumanie, en Lettonie, en Lituanie, l’euthanasie est illégale et pénalisée, parfois très sévèrement. À Chypre, elle est passible de dix ans de prison. Et de douze ans à Malte. La France n’est donc pas «l’un des derniers pays d’Europe à prohiber le suicide assisté», contrairement à ce qu’osait affirmer récemment le journaliste Patrick Cohen, éditorialiste sur le service public de l’information.