L’afflux de jeunes gens au catéchuménat nous réjouit. Mais il n’est pas sans nous interroger sur leur avenir, leur réception dans les paroisses et les aumôneries, leur accompagnement spirituel pour progresser dans la foi. C’est pourquoi on se félicite de l’ouverture d’un concile provincial des diocèses d’Île-de-France sur le sujet. Et dans la préparation et l’élaboration de la réflexion qui s’impose, n’est-ce pas la jeunesse qu’il convient d’interroger, la génération qui est au contact direct de ces garçons et de ces filles qui recherchent de quoi se nourrir intellectuellement, en quête de la découverte du mystère chrétien. C’est pourquoi j’ai voulu interroger personnellement Cloé, une jeune fille de ma paroisse, que j’avais remarquée pour la pertinence de ses interventions et par sa force de conviction.
Une foi communicative
Elle est donc venue chez moi, en compagnie d’un de ses amis, lui-même bien engagé dans la paroisse. Cela m’a permis d’abord de mieux la connaître. Originaire du Congo-Brazzaville, elle appartient à une famille établie dans la région parisienne, famille donc issue de l’immigration et se distinguant déjà par une foi profonde et communicative. Elle a aussi profité d’un enseignement doctrinal, dont elle est très reconnaissante aux prêtres qui l’ont accompagnée dans son adolescence. Par la suite, il y a eu l’étape décisive de la préparation et de la participation aux Journées mondiales de la jeunesse à Lisbonne en 2023. Elle en fit la relation sur le moment aux paroissiens, grâce à une vidéo où elle montrait son enthousiasme.
Par la suite, Cloé fut toujours aux premières loges pour inviter les jeunes au Frat de Lourdes, tout en cherchant les moyens d’une aide financière. Ses prises de parole renouvelées au terme des messes dominicales attestaient la présence d’une jeunesse missionnaire. Parallèlement, elle poursuivait des études universitaires en sciences politiques à la Sorbonne jusqu’à parvenir à un Master dans ce type de discipline. Voilà qui lui permettait la connaissance de ce milieu dont elle pouvait mesurer les incertitudes et les attentes.
Cloé est réaliste. Dans sa paroisse, ils ne sont qu’un petit groupe à partager la même foi et la pratique religieuse. Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’espoir d’élargir ce premier cercle à partir de la très réelle aspiration qui se fait jour en ce moment. C’était manifeste à la cérémonie des Cendres avec l’affluence notable de la nouvelle génération. Cloé s’était d’ailleurs adressée à ces nouveaux venus pour les inciter à participer aux messes du temps de Carême et aux chemins de Croix.
Sur ce point, elle ne sous-estime pas l’importance des réseaux sociaux, avec le rôle des influenceurs catholiques. Là encore, il s’agit d’un phénomène de génération qui bouleverse complètement les données de la communication et même de la culture. Encore faut-il qu’un tel phénomène soit accompagné, ce qui rejoint le souci du catéchuménat. Cloé est partie prenante de la réflexion pour le concile d’Île-de-France.
La pertinence de ses interventions est liée à la profondeur de ses relations personnelles. C’est ainsi qu’elle peut évoquer ses rencontres avec des jeunes musulmans, particulièrement attachés à un islam religieux, au-delà d’une appartenance sociologique. Les échanges personnels permettent d’aller au cœur des questions existentielles, indépendamment des pesanteurs politico-religieuses. Rencontrer Cloé, c’est vraiment enrichissant !