« La sainte inquiétude pour le salut des âmes est l'un des poumons de la mission » - France Catholique
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Le journal de la semaine

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« La sainte inquiétude pour le salut des âmes est l’un des poumons de la mission »

Le thème du prochain pèlerinage de Pentecôte, à Chartres, sera l’envoi en mission. Ce n'est pas sans lien lien avec les néophytes de Pâques.
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Abbé Jean de Massia : Tous les baptisés sont envoyés en mission dès le moment du baptême, et encore plus avec la confirmation, souvent donnée aussi au cours de la Vigile. La confirmation lui donne la force d’être un soldat et un témoin du Christ, pour rayonner par sa cohérence de vie et transmettre à son tour ce qu’il a reçu. Car si les catéchumènes ont reçu la foi, c’est grâce au témoignage oral qu’ils ont entendu un jour : la foi se transmet par ce que l’on entend. Si personne ne leur avait parlé, ils n’auraient pas rencontré le Christ. Tous les baptisés sont donc appelés à témoigner en parlant de leur foi. C’est aussi pour cela qu’il est essentiel de donner un enseignement solide aux catéchumènes et de les encourager à continuer à se former après le baptême, de même que les anciens baptisés. L’urgence de la mission pour le salut des âmes rejoint l’urgence de la formation doctrinale.

L’un des deux poumons de la mission est la sainte inquiétude pour le salut des âmes : Jésus-Christ n’est pas juste un plus à apporter dans la vie des gens, il est l’unique sauveur, comme le dit l’Écriture, ce qui veut dire, que sans le Christ, les hommes sont malheureux et courent à la damnation : il faut le rappeler… L’autre poumon est la charité : si nous aimons les gens, nous voulons leur partager ce qu’il y a de meilleur dans notre vie : le Seigneur. L’amour est vraiment l’âme de la mission… C’est par amour que nous voulons leur transmettre la vérité pleine et entière de Jésus-Christ, tel qu’il nous est révélé dans les Évangiles. D’où l’importance de conserver le dépôt de la foi, de le connaître et de le transmettre fidèlement et courageusement.

Dans les premiers siècles, les catéchumènes étaient enseignés de toutes les vérités de la foi : fins dernières, exigences de l’Évangile, y compris sur le plan moral. Je crois que c’est l’un des aspects qui manque le plus aujourd’hui. Le témoignage par la charité et par les œuvres de miséricorde est très important. Mais la transmission de la foi passe par la parole, par l’annonce explicite, le témoignage de vérité, comme l’explique saint Paul : « Et comment croiront-ils en Celui dont ils n’ont pas entendu parler ? Et comment en entendront-ils parler, s’il n’y a personne qui prêche ? » (Rm 10, 14). Donc il faut parler de tout Jésus-Christ, comme le rappelle Jean-Paul II dans l’exhortation apostolique Catechesi tradendae (1979) : « Celui qui devient disciple du Christ a le droit de recevoir la “parole de la foi” non pas mutilée, falsifiée, diminuée, mais pleine et entière, dans toute sa rigueur et toute sa vigueur. »